Accueillir?

Publié le par Toutes en une

Le 30 juin

Découverte du Hogar "Dios..." Rencontre aves les tias et les tios. Desayuno. Les personnes handicapées qui fréquentent le centre arrivent au fur et à mesure. Certains ensemble. D'autres, seuls. M me les présente. Je l'aide à leur servir le petit déjeuner et je participe ensuite aux activités de la journée. 

Une activité "peinture" leur est proposée. Pendant que les acueillants décalquent et découpent des papillons, les accueillis peignent de grandes feuilles de papier destinées à recevoir les papillons par la suite. Je ne suis pas à l'aise. J'ai en face de moi des adultes. L'activité proposée me semble "enfantine". C'est la première fois que je suis en contatc avec des personnes handicapées. Toutes ces personnes sont différentes. Leurs handicaps sont différents. Leur sociabilité est différente. Je suis déconcertée. Une, en particulier, crie beaucoup et fort. Cependant, ils sont charmants, sympatiques et s'organisent et vivent au Hogar de façon si naturelle et participative! Je suis impressionnée comme si, finalement, c'était moi l'handicapée! Petit à petit, en parlant avec eux, en les aidant parfois, en riant aussi... je me sens de moins en moins loin... d'eux. Je m'attache même! J'apprends beaucoup de cette journée, sur le handicap mais aussi sur moi et sur ma capacité à... être en empathie, accompagner autrui. 

Pendant la sieste (comme pour les petits), le personnel du Hogar prend son repas, avec moi ce jour là, ou pas. J'étais là physiquement seulement. La discussion était vive et rapide. Je ne comprenais pas, je ne comprenais rien, eux ne me regardaient pas, ne s'adressaient pas à moi. Je n'étais pas là finalement. J'étais même invisible. Quelle violence passive envers moi. Je me suis réfugiée dans mes pensées. Je suis partie vers Hector, vers mon pays jusqu'à ce que M me reprenne, me dise que je suis en tord, que c'est à moi de parler, de les solliciter, à moi de m'intégrer. Mais comment s'intégrer lorsque l'on est pas accueilli? Cette question je me la suis posée là bas la 1ère fois (et avec le recul, je les en remercie) et depuis je n'ai cessé de me la poser. Au Chili comme en France, dans ma vie privée comme dans ma vie professionnelle, l'accueil est le coeur de ma relation à l'autre. Ouvrir les bras, tendre la main, faire une place, écouter, recevoir, donner, ne pas attendre de l'autre mais faire le 1er pas, ouvrir la voie, solliciter, soutenir ... telle est aujourd'hui, de part mon expérience, ma façon d'acompagner. 

D'autres activités... d'autres échanges... et la journée se termine. Chacun rentre chez soi, heureux d'avoir partagé ensemble.

Avant de rentrer, M tient à me présenter une famille dans laquelle elle a séjournée 4 mois cette année. Autre jour, autre famille, autre poblacion et pourtant un accueil comparable aux précédents, celui des familles chiliennes. Leur richesse financière est pauvre mais leur coeur est grand. 

Le soir est l'occasion de découvrir un peu plus MA famille chilienne. Lorsque je rentre El est toujours là. Prête à discuter avec moi! Tout comme Mag, petite fille curieuse de tout savoir sur cette française, un peu bizarre! Quand je suis avec eux, le cafard part. Je me sens protégée. Légitime. Le contraste est saisissant entre l'extérieur et le dedans. 

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