Temuco

Publié le par Toutes en une

Le 03 juillet

M, Ma et moi arrivons à Temuco (http://fr.wikipedia.org/wiki/Temuco). Il est 9h00. Nous sommes ici dans la région natale de Ma, pour passer la fin de semana. Ma, c'est la "nana" qui s'occupe des enfants et de la maison de C et G. D'après ce que l'on m'a dit : une pratique courante et aimante au Chili qui permet de sortir les jeunes filles de la misère en leur offrant un travail, un toît, un salaire et souvent une vie de famille sereine. Beaucoup de jeunes filles montent ainsi travailler à Santiago et ne reviennent, chez elle, qu'une à deux fois par an, chargées de cadeaux, de nourriture... Leur retour dans une famille souvent usée par l'alcool et la violence n'est pas des plus facile. 

 

De notre petit tour dans Temuco je retiendrais deux souvenirs.

Toute d'abord l'image de la feria pinta, un marché traditionnel extrêmement coloré, où les indiens Mapuche vendent légumes, poulets, laine de lama, carioles... Tombées en amour pour l'artisanat local, nous sommes repartis les bras chargés de pull en laine de lama, d'ocarina, de baton de pluie... 

 

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Puis l'anecdote du chocolat chaud! Boire un chocolat chaud au petit déjeuner n'est pas habituel au Chili. De fait au moment de passer commande, lorsque  M et Ma demandèrent du café, ce fut ok, mais quand moi je demandai un chocolat, le visage du serveur se crispa!

"Qu'est ce que c'est que ça?"

"Ce n'est pas grave, je vais prendre autre chose" lui dis je un peu gênée.

Moi qui croyais naïvement qu'on buvait du chocolat chaud tout autour de la Terre! Mais c'était sans compter sur l'hospitalité et le goût de faire plaisir, de bien accueillir des chiliens! Le serveur se mit alors à courir, de droite à gauche, d'une boutique à une autre, pour revenir quelques minutes plus tard. Il avait mis à contribution différents commerçants pour me confectionner ce que je lui avais demandé : un chocolat chaud! Du Van Houten dans le fond de la tasse, du lait chaud et du sucre à côté, et hop à moi de jouer, de composer... à mon goût ce fameux p'tit déjeuner dont je me souviendrais pour l'éternité! Excellent!

 

Il est 13h00, nous prenons le car pour Theodoro Smith, où vit la famille de Ma. Ses soeurs nous attendent à l'arrêt de car puis nous accompagnent jusqu'à la maison où nous fîmes connaissance des parents. La maison, composée d'une petite cuisine et de trois petites chambres, abrite une famille de 8 personnes. Les toilettes n'ont pas de chasse d'eau. Il n'y a pas de douche. Seul un robinet d'eau froide, abrité dans une cabane en bois, fermée d'un bout de laine entortillé à un clou, permet de se laver. 

 

Au repas, la casuela! Un plat traditionnel, un peu comme notre poule au pot. Ce sont des morceaux de poulets dans un bouillon de légumes. Le poulet doit être mangé en premier avant de boire tout le bouillon. C'est particulier et j'avoue que le bouilon a eu du mal a passer! Mais quand on sait avec quel plaisir et quel sacrifice ce bouillon nous a été offert, le goût n'a finalement que peu d'importance!

 

La maman de Ma veut nous faire visiter. Elle paie un taxi qui nous emmène, tout là haut sur la colline qui domine un fleuve abondant et reluisant. Les paysages verdoyants me rappellent ceux du Morvan. Le soleil se couche sur cet après midi quasi magique.

 

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M et moi dormons dans une des chambres de la maison, le reste de la famille s'étant agglutiné dans les deux autres! Je suis gênée. Leur quotidien est déjà si compliqué, ma visite n'arrange rien. Je suis entre reconnaissance, éblouissement et malaise. Un drôle de sentiment que je n'avais jamais ressenti auparavant. 

M et moi passons une soirée philosophique, à discuter, se questionner... comme à notre habitude. Une fois apaisées, le sommeil nous a vite rattrapé!

 

Le lendemain, d'autres paysages verts, bleus et lumineux s'offriront à nous. C'est un vrai bonheur de s'y promener, de les photographier. 

Pourtant, c'est l'heure de se quitter, l'heure de rentrer vers Santiago, le temps d'une halte, d'une pause déjeuner avant de repartir cette fois, de l'autre côté, tout là haut! Direction Calama!

 


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