Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

38 articles avec helix

Le bébé est-il bien une personne ?

Publié le par Toutes en une

Le bébé est-il bien une personne ?

Regards sur la philosophie Piklérienne

Limoges, le 4 octobre 2014

Journée d’étude organisée par Loczy France et la Fneje Limoges et animée par

Bernard MARTINO, cinéaste et Véronique SZTARK, psychologue.

 

Bernard Martino commence cette journée en racontant son parcours de cinéaste dans le dédale de la petite enfance.

Il réalise son 1er film sur la petite enfance, « Un autre regard sur la folie », à l’école orthogénique de Bruno Bettelheim à Chicago. Il est le premier cinéaste à entrer dans cette école. Bruno Bettelheim était POUR ce film, l’équipe CONTRE. Bernard Martino n’avait aucune expérience de la maladie mentale et n’avait jamais filmé d’enfants. B. Bettelheim lui a simplement dit « je ne vais pas vous dire ce qu’ont ces enfants-là, faites ce que vous sentez. Vous allez certainement faire des erreurs. Ce n’est pas grave. On est une équipe, on reprendra. » Cela voulait dire, prenez la responsabilité de faire ce que vous sentez mais sentez ce que vous faites. B. Bettelheim leur offrait  la liberté ET la responsabilité. Ce premier film fut fondateur pour la suite de son travail. B. Martino, à l’aube d’un nouveau film, ne se laisse pas influencer : «  ne me dites pas ce que je vais voir et ce que je dois en penser ».

1983, B. Martino réalise « Le bébé est une personne », Loczy apparaît pour la première fois dans un film.

15 ans plus tard, en 1995/96, il sort  « Loczy, une maison pour grandir », un film cette fois entièrement dédié à Loczy.

Entre 2009 et 2012, suite au risque de fermeture du lieu, B. Martino réalise un deuxième opus « Loczy, une école de civilisation ».  Le but de ce deuxième volet étant de témoigner du fait que si des étrangers s’intéressent à cette expérience hongroise c’est qu’elle a un intérêt universel. Il était aussi important pour lui de laisser une trace de ce qu’il s’y passe réellement (en cas de fermeture) dans la mesure où seules des vidéos faites par les professionnels de Loczy, de moments précis comme le repas, un change… existaient alors.

 « Le bébé est personne » a fait un buzz dans les années 80. A l’époque personne n’avait en tête que le bébé EST une personne. Le bébé était alors considéré comme un tube digestif, ni dans la compréhension, ni dans  la relation.

« Le bébé est une personne », c’est trois films d’une heure chacun qui donnent la parole à des spécialistes qui disent que :

  • Le bébé est une personne.

  • Qu’il a une conscience très tôt.

  • Qu’il a une appétence relationnelle d’emblée.

  • Le bébé est un communiquant.

  • Qu’il existe une personne fondamentale pour lui, avant et après la naissance, sa mère.

  • Tout cela implique donc qu’un professionnel ne peut pas faire n’importe quoi avec le bébé ET ses parents.

Bernard Martino se place en tant qu’usager de la santé (pas en tant que professionnel petite enfance) pour qu’il y ait une circulation entre usagers et professionnels, que l’un aide l’autre et que cela mette en lumière les besoins de chacun. Il dit : « On a mis sous les yeux des gens les soins comme ils sont en droit d’en attendre » ! Ce film a nécessité 10 mois d’enquête. Tous les spécialistes rencontrés étaient d’accord sur le fait que le bébé est une personne.

[Il donne ce jour (le film regorge d’autres exemples) celui de Maurice Titran, « Prodigieux d’intelligence et d’humanité », qui lors de ses visites aux nouveaux nés constatait que l’accordage mère/enfant n’était  pas si simple. Il disait travailler à engager quelque chose de l’ordre de la relation avec la mère pour l’aider à rencontrer son bébé, cet étranger… Il repérait des situations en direct qui auraient pu donner du mal être. Lors d’un extrait du film « Le bébé est une personne » M. Titran dit : « Dolto a dit que tout bébé qui naît doit être adopté par son parent ». Il interpelle les professionnels pour mettre les bébés au centre de leur pratique, pour être prévenant avec le bébé ET le parent. Dans le film, on peut d’ailleurs le voir, lors d’une visite en maternité, s’adresser au bébé ET à la maman « ça a été difficile, vous avez été courageuse ». Il s’appuie sur ce que dit la mère. Il ne reste pas plus longtemps qu’un autre médecin mais il fait autre chose !]

Une question s’est alors posée : est ce qu’il existe un endroit au monde où le bébé est considéré comme tel ?

C’est grâce à Myriam David et Geneviève Appell et à leur témoignage sous forme de livre  « Loczy où le maternage insolite » qu’il prend connaissance de l’existence d’une pouponnière exceptionnelle, en Hongrie. A l’est, de l’autre côté du rideau de fer, il existe un endroit où les adultes sont bientraitants et considère le bébé comme une personne. C’est d’autant plus novateur que le contexte politique du pays est lourd (les chars russes  sont dans les rues). Il décide alors d’y aller avec comme question de départ : Comment les adultes peuvent s’affranchir de toute la pesanteur politique, sociale, organisationnelle, administrative, institutionnelle... pour assurer un soin quasi parfait à ces bébés ?

A contrario, il exprime qu’ « il y a plein de situations où je vois qu’on perd le nord ». Pour lui le Nord, c’est la direction à suivre. Il donne comme exemple une situation qui se déroule dans un hôpital, en pédopsychiatrie, avec des enfants de 8/9 ans. Il rapporte les paroles et actes d’un adulte envers un enfant en difficulté : « tu gênes le groupe ». L’enfant est isolé du groupe parce qu’il dérange. Il assimile cela à une punition, à du dressage. Cela veut dire que le groupe est plus important que l’enfant lui-même. Or c’est l’enfant qui est le plus important ! Il est exclu du groupe alors que le but est justement de l’inclure !

Il dit qu’à Loczy, ils auraient dit autre chose : « le groupe te gène, on le comprend, on va trouver quelque chose pour faire en sorte que le groupe ne te gène plus. » Pour lui, c’est ça qui est humain ! C’est ça le Nord ! L’enfant peut avoir besoin d’être protégé des autres et non coupé des autres. A Loczy, il y a des lits qui servent de parc dans la salle de vie pour justement pouvoir protéger un enfant pour qui le groupe est difficilement supportable. 

Toutefois, il y a des bornes mises aux comportements des enfants : un enfant ne peut pas faire mal. Ce qui est banni du côté des adultes, c’est le jugement : « tu es méchant ». La punition n’existe pas. Un geste brutal envers un enfant, lui arracher un objet des mains… c’est quelque chose qu’ils ne peuvent même pas imaginer, dit-il. On pose souvent trop de règles, trop tôt sans se demander : « est ce que cet enfant, à ce moment-là, est en capacité de respecter la règle ? » précise Véronique Sztark.  Attention toutefois à ne pas se méprendre ! Il n’y a pas de laxisme à Loczy, il y a des règles et des limites mais jamais de rapport de force. Les nurses n’ont pas peur des enfants, ni de leurs emportements violents parce qu’elles savent qu’elles font tout pour ces enfants et ne sont donc pas sur la défensive.

Parfois, sous couvert d’activité, on leur propose des choses extrêmement contraignantes. Loczy est une école de la résistance à la stimulation et refuse de la notion d’animation. Une personne n’est pas un automate que l’on doit faire fonctionner. Judith Falk dit : « qu’est ce qui est stimulant pour un enfant ? La vie ! » L’adulte n’a pas besoin de stimuler l’enfant, il doit y être attentif. Il faut désapprendre beaucoup de choses pour bien accueillir les enfants, notamment oublier le dressage comme outil éducatif ! Loczy propose une approche consciente, réfléchie et scientifique de la relation. A nous de comprendre ce qui se passe pour l’enfant plutôt que de lui faire comprendre à lui les règles… Accueillir ce qui vient de lui et ensuite se demander comment lui transmettre les règles. Bernard Martino rajoute : « On parle d’élever les enfants or dans de nombreuses situations, on les abaisse ! ». A Loczy, on parle de relation affectueuse consciente. La nurse s’occupe d’un enfant, pas des enfants, de Jean par exemple, elle les connaît chacun individuellement. Les enfants vivent de vraies relation avec les nurses ce qui leur permet d’avoir la capacité à nouer des relations plus tard. Le but de l’accompagnement est justement de faire en sorte que le bébé fasse les choses par lui-même. L’adulte créé les conditions matérielles, met un certain type de jouets à disposition et l’enfant dispose, s’essaie, expérimente, recommence… et réussi par lui-même.

Emmi Pickler disait : « Intervenez moins, observez plus ».

L’observation est un moyen d’apprendre sur ce bébé-là. C’est ce qu’elle apprenait aux parents en tant que pédiatre. Puis aux nurses, vers fin de la guerre, au sein de la pouponnière, « laboratoire » où n’interviennent pas les affects, où l’on peut s’appuyer sur une démarche consciente et réfléchie pour aider ce bébé-là à se développer. La pouponnière fut donc l’occasion pour Emmi Pickler de mettre en action, grandeur nature, les principes qu’elle transmettait auparavant dans les familles. Comme par exemple, le tour de rôle : chaque bébé à son temps de soin à lui, il n’y a que lui qui compte à ce moment-là, même si les autres pleurent. Car si pendant ce temps, la nurse s’occupe en conscience de ce bébé-là, il sera tellement nourrit et remplit qu’il aura beaucoup de choses à penser, faire… pendant le tour du suivant. Il aura du travail à faire sur lui-même et donc libèrera du temps à la nurse pour un autre bébé. Le tour de rôle est un repère. Si c’est pareil tous les jours, le bébé peut anticiper car il est sûr qu’il va avoir son temps à lui. Ce qui se passe à Loczy est comme une chorégraphie. Tout est écrit. Comme il n’y aurait pas une danseuse qui se permettrait de faire un pas différent, le bébé s’inscrit lui aussi dans cette chorégraphie et ne fait pas des demandes impossibles. La nurse connaît le bébé et le bébé connaît la nurse. Chacun sait ce qu’il va se passer et comment ça va se passer. Le bébé est respecté, le sent et trouve sa place dans le monde. Donner un biberon qu’est-ce que c’est ? C’est combler la faim mais pas que, le bébé se nourrit aussi de la relation. Il vaut mieux le faire patienter et qu’il ait son temps à lui ensuite. Le tour de rôle n’est pas une recette mais va donner des repères à l’enfant et à l’adulte ! Si on s’est organisé pour répondre à ses besoins, on peut supporter que le bébé pleure un peu. Loczy est un endroit prévenant et respectueux des enfants. Un bébé qui pleure à Loczy parce qu’il a faim est différent d’un bébé qui pleure ailleurs. C’est différent aussi de dire « je vais faire les changes » et « c’est ton moment à toi », « c’est le moment d’être ensemble ». Si ce n’est pas organisé en collectivité, on n’est pas sûr de garantir à chacun le temps d’être ensemble. Bernard Golse dit « ce qui se passe à Loczy, c’est un allaitement relationnel », au-delà du lait, il y a une transmission de valeurs. Loczy, c’est être très présent mais différemment. La qualité de l’activité libre des enfants en est d’ailleurs le meilleur indicateur de réussite/qualité des soins qui leurs sont procurés.

Concernant la mise en place des transmissions, il existe à Loczy des transmissions écrites sur chaque bébé puis des transmissions orales entre les nurses du matin et celles de l’après-midi. Les psychopédagogues lisent aussi les transmissions des nurses, font des réunions et réfléchissent à améliorer les situations difficiles. Le bébé bénéficie donc de plusieurs enveloppent, comme les poupées gigognes. Les changements sont des décisions d’équipe basées sur les observations de chacun. Les écrits sont faits pour être lu, ils sont source de partage. Le cahier de transmission est donné aux parents, famille d’accueil ou adoptante au départ de l’enfant.

« Loczy n’est pas une recette, c’est un chemin. »

La société d’aujourd’hui réduit le temps du maternage pour faire entrer plus vite l’enfant dans les apprentissages. Plus on répond aux besoins du tout petit, plus il se construit positivement. Tout ce que l’on fait de positif pour l’enfant n’est jamais perdu, c’est autant de petits cailloux en poche à ressortir le moment voulu. Les enfants devenus adultes auraient dû avoir quelque chose en moins, or ils avaient quelque chose en plus avec le sentiment d'avoir été respecté. La pouponnière était une usine à résilience. Les adultes sortis de Loczy, d’après des études transversales sur des cohortes d’enfants, sont tous en bonne santé.

Le 15/04/2011 la pouponnière ferme après 65 ans d’existence.

Suite à sa transformation en crèche, une question s’est posée : comment conserver ce que l’on sait faire ? Le personnel essaie de continuer, avec les enfants qui, cette fois, ont leurs parents, ce qu’il faisait avec les enfants de la pouponnière et tente de ne pas accepter que les contraintes collectives prennent le pas sur les besoins individuels. Le personnel est toujours disponible pour accompagner les initiatives des enfants et commenter leurs découvertes. Stimuler serait faire quelque chose qui viendrait court-circuiter l’activité libre de l’enfant. L’enfant a un projet, les nurses ne l’interrompent pas. Ce qui est stimulant pour un enfant c’est d’être en présence d’adultes qui ne cherchent pas à le stimuler. L’humilité de l’adulte est toujours présente. On peut d’ailleurs entendre une nurse, dans le film « Loczy, une école de civilisation », dire : « Les enfants nous voient comme de partenaires ».

Ce deuxième film montre bien comment :

- le personnel continue à limiter le projectif dans la relation et développer l’empathique (ne pas projeter ses sentiments mais y mettre des sentiments).

- l’empathie ressentie par les bébés leur permet de nouer des amitiés bien réelles.

- les bébés touchent les autres bébés, avec respect et prudence, comme ils sont touchés.

- l’environnement est pensé pour procurer à l’enfant un sentiment total de sécurité.

- l’adulte vit au rythme de l’enfant, respecte le temps qu’il faut à l’enfant pour admettre la règle.

- l’adulte a confiance dans le fait que l’enfant va réussir à répondre à la demande de l’adulte, même si cela lui demande du temps et que ce n’est pas visible dans l’instant.

- une fois les soins effectués, l’enfant est laissé totalement libre, sous le regard attentif et conscient de l’adulte.

- l’adulte accueille respectueusement les sentiments de l’enfant, avec gentillesse bienveillance.

- les adultes sont sereins, calmes, prennent le temps de répondre, de laisser l’enfant faire à son rythme.

- l’adulte prend son temps lui aussi et procure des soins à l’enfant avec des gestes doux et lents, sans énervements.

- l’adulte ne va interrompre l’activité libre de l’enfant que s’il y a danger.

- l’enfant est considéré comme l’égale à l’adulte.

Cet environnement fiable de la pouponnière qui a permis aux enfants privés de leurs parents de devenir des adultes résilients et en bonne santé est toujours d’actualité. Tout ça ne s’est pas achevé avec la fermeture de la pouponnière, tout a continué avec la crèche.

 

 

Publié dans Hélix

Partager cet article

Repost 0

"Heureux qui communique" de Jacques Salomé

Publié le par Toutes en une

 Pour Jacques Salomé communiquer signifie : « mettre en commun des signes (verbaux, non verbaux…) pour transmettre des messages impliquant une mise en relation à partir de ressemblances, de complémentarité, de différences et d’antagonismes. »

Il a écrit ce livre pour accompagner les personnes qui le souhaitent à mieux communiquer. Pour lui, tout à chacun peut apprendre à communiquer s’il suit ces quelques repères :

 

1) Créer un espace de communication

Cet espace (zone privilégiée définie comme lieu de parole) peut être matérialisé par un cercle dessiné à la craie sur le sol, par une pièce spécifique …

 

2) Utiliser le « je » et non le « tu »

Dire « je suis … » c’est parler de soi, de sa différence sans chercher à vouloir l’imposer à l’autre ou chercher à le convaincre et sans chercher son approbation. « C’est commencer à devenir autonome parce que différencié » Je parle de moi. Je ne parle pas de l’autre en disant « tu… » Il appelle cela la relation klaxon à base de « tu… tu…, tu… ». Je ne m’enferme pas dans des « on » et des « nous ». J’évite de généraliser, étiqueter, comparer…

 

3) L’écharpe relationnelle

Elle est le symbole du lien entre deux personnes qui échangent et en même temps le canal par lequel passe cet échange. Toute relation a deux extrémités (d’où le symbole de l’écharpe). Je suis responsable de ce qui se passe à mon bout d’écharpe, ce que je dis et ce que je ressens (par ex : « j’ai l’intention de partir en vacances en stop avec un ami ») ET de ce que je fais de ce que reçois l’autre (« je perçois bien ton inquiétude. Je ne la partage pas. Je t’invite à faire quelque chose pour ton inquiétude … car j’ai besoin de ton soutien pour ce projet »).

 

4) Le bâton de parole

Le « bâton » sert à visualiser la prise de parole. Ce peut être un simple bâton, une racine, un morceau de bois sculpté, décorée, enluminé… Celui qui le prend parle et ne peut être interrompu. Lorsqu’il a fini de s’exprimer il le pose. Un autre peut alors le prendre et parler à son tour. Il ne peut pas non plus être interrompu. Il ne peut pas non plus parler sur le précédent. Il parle de lui. Il dit « je ».

 

5) La confirmation

Chaque être humain a besoin d’être reconnu tel qu’il est et entendu par ses pairs. Par exemple lorsqu’un enfant dit « maman j’ai mal » et que sa mère lui répond « mais non ce n’est rien mon chéri », c’est un déni. L’enfant qui a mal ne se sent pas entendu. « Aucun ressenti intime exprimé par quiconque n’est contestable en soi. Je peux le vivre comme injustifié parfois, inadéquat ou inadapté mais il est conforme au vécu de l’autre et appartient à celui qui en est habité ». Confirmer à l’autre ce qu’il dit ou fait, n’est pas pour autant approuver ce qu’il dit ou fait.

 

6) Accompagner les émotions

Pour Jacques Salomé, l’émotion est le langage du retentissement. Une personne vit quelque chose à l’instant T qui vient toucher, réactiver, réveiller une blessure plus ancienne cachée, une situation inachevée. L’émotion vient parler cette blessure qui retentit.

Pour accompagner l’émotion, il propose de :

- Se taire, être là et accueillir l’émotion

- Se rapprocher

- Faire entendre sa respiration pour soutenir l’émotion

- Toucher, établir un contact

- Inviter à mettre des mots

- Confirmer le ressenti « oui c’est comme ça que tu as vécu cet évènement… »

 

7) Eviter l’accusation et nourrir les relations auxquelles je tiens

L’accusation, c’est la mise en cause d’autrui : « c’est de ta faute si… » ou bien de soi « j’ai jamais su… ».

- Je n’accuse personne.

- Je formule des demandes directes « j’ai besoin de … ».

- Je n’anticipe pas les réponses de l’autre.

- Je confirme les ressentis de l’autre sans me les approprier « oui c’est possible que tu me trouves injuste et égoïste quand je me respecte ou parle de moi. Je ne suis pas preneur de tes remarques, elles t’appartiennent ».

- Je ne laisse pas les non-dits, les malentendus… abimer la relation.

 

« Devenir autonome, c’est prendre le risque de s’affirmer en renonçant à l’approbation… »

 

8) Renoncer à imposer ses certitudes et croyances

- Je ne sais pas à la place de l’autre.

- Je ne peux pas changer autrui mais je peux changer mon regard et ma relation à lui.

- Toutes les demandes peuvent être entendues, pas forcément satisfaites.

« La fonction essentielle des adultes est de pouvoir répondre directement ou indirectement aux besoins des enfants et d’entendre leurs désirs ».

- La demande appartient à celui qui la formule et la réponse à celui qui la donne. Il rappelle que pour être à même de communiquer, il est important de commencer par se faire confiance à soi-même, d’être à l’écoute de ses propres ressentis, besoins et désirs, limites et zones de tolérance ou d’intolérance. Il propose à ceux qui le souhaitent de commencer par choisir un des repères ci-dessus et de s’y essayer.

 

L’écologie relationnelle

 

Dans un deuxième temps il parle d’écologie relationnelle et en définit les principes de bases :

1) La triangularisation

Pour lui, dans tout échange, il y a 3 acteurs : l’autre, moi et le lien qui nous relie (l’écharpe relationnelle).

 

2) L’alternance des positions d’influence

L’être humain a besoin d’exercer une influence sur son environnement. Les relations s’inscrivent dans un rapport de force : qui influence qui ? Comment ? Dans quel domaine ? Influencer est un passage obligé. L’important est que ce ne soit pas toujours le même qui influence mais que chacun puisse à son tour exercer son influence.

 

3) Distinguer pouvoir et autorité

Le pouvoir est une influence sous la contrainte. L’autorité est une influence qui permet à l’autre d’être lui-même. « Avoir de l’autorité, c’est rendre l’autre auteur ».

 

4) La confrontation

Se confronter c’est :

- Réaffirmer le lien « tu sais l’importance que j’accorde à notre relation… »

- Dire les faits « quand l’heure convenue pour ton retour à la maison est dépassée… » et le ressenti vis-à-vis des faits « je me sens à la fois inquiète et en colère »

- Réaffirmer la demande « je te demande dorénavant de rentrer à l’heure pour laquelle tu t’es engagée » OU inviter à négocier sur une autre base.

« La confrontation est une mise en mots de ce qui se vit et non une mise en cause ».

 

5) Demander / donner / recevoir / refuser

Si l’un de ces axes est inexistant ou surdéveloppé, la relation est affectée, malade…

Demander, c’est oser faire ses demandes.

Donner, c’est offrir sans attendre un retour.

Recevoir, c’est accueillir ce qui est bon pour soi.

Refuser, c’est oser dire non.

Les positions de père et mère correspondent aux axes demander / refuser. Les positions de maman et papa correspondent aux axes donner / recevoir.

 

6) Les autres « langages »

« Les enfants utilisent pour se dire ou ne pas se dire de multiples langages ; ce qui suppose donc chez les adultes, une écoute polyvalente pour entendre au-delà du non verbal, l’infra ou l’ultra verbal ». Une difficulté scolaire chez un enfant, par ex, est peut-être l’expression d’un mal être, d’une peur… « Le problème et le malentendu naissent le plus souvent du fait que la tentative d’expression de l’enfant n’est pas entendue dans le registre où elle tente de se dire ».

7) Priorité au sujet

Le sujet est celui qui parle. Il est prioritaire sur ce dont il parle (l’objet). Pour entendre l’enfant comme sujet, il est nécessaire de prendre conscience de ce qu’il déclenche chez l’adulte. Que cet adulte soit son parent, un enseignant, un éducateur… « Qu’est ce qui est dérangé en moi par cet enfant ? » Qu’est ce qui est touché chez lui de ses propres limites, seuil de tolérance, image de soi…

 

Jacques Salomé conclue ainsi son ouvrage :

 

« Ces outils [permettent à chacun de] s’exercer lui-même sans attendre que l’autre change ou se situe dans le sens de nos souhaits et de nos aspirations. Il sera ainsi possible, dès aujourd’hui même, à tout enfant comme à tout adulte de proposer autour de lui ces repères susceptibles d’améliorer la communication à autrui. C’est ce que je souhaite à chacun. »

"Heureux qui communique" de Jacques Salomé

Publié dans Hélix

Partager cet article

Repost 0

« L’enfant, sa famille et les professionnels qui l’entourent »

Publié le par Toutes en une

« L’enfant, sa famille et les professionnels qui l’entourent »

Conférence animée par Jean Epstein, psychosociologue,

A Soyaux, le 13 septembre 2014

Jean Epstein commence cette conférence en faisant le lien entre la petite enfance et l’adolescence. Les affirmations du type « Tout se joue avant 6 ans » lui font très peur. Il nuance en disant qu’effectivement la petite enfance est essentielle pour que l’adolescence se passe bien mais que rien n’est définitif. Il dit de l’adolescent qu’il a le pouvoir d’être les deux, le bébé et l’adulte. Si les repères de la petite enfance sont bien construits, l’adolescent aura moins de travail de bébé à faire et plus de temps pour faire son travail d’adulte.

Il partage les propos de Françoise Dolto qui disait que tout le monde avait droit à une session de rattrapage en disant : « Tout se joue avant la mort ! … Ou presque » !

Il continue en donnant quelques pistes de réflexion… en vrac… Il dit lui-même qu’il prépare toujours un plan mais ne s’y tient pas. Je tente donc de vous transmettre ici ses pensées et paroles, comme je les ai attrapés et notés…

En vrac …

Il parle des « moyens » (de 1 à 2 ans) comme des enfants qui sont dans une phase « capitaliste » c’est-à-dire qu’ils piquent tout ce que les autres ont dans les mains. Avant il appelait les enfants de cette tranche d’âge les « même pas mal » jusqu’au jour où une personne lui dit, à la fin d’une conférence, qu’elle les appelait les « chicouf » ! Pourquoi ? Parce que le matin en les voyant arriver elle disait « chic » et le soir à leur départ « ouf » ! Il lui emprunte donc, avec son autorisation, cette formule !

Dolto disait dans les années 80 que certains spécialistes risquaient de faire leur fonds de commerce sur le sentiment d’incompétence des familles. « Avant les familles avaient toutes les réponses, maintenant elles ont toutes les questions. » Il a vu sur internet un coach parental demander 400 euros pour 12 questions et fournir une réponse générale alors que chaque enfant est unique et nécessiterait une étude approfondie et une réponse personnalisée.

Jean Epstein affirme donc que les métiers de la petite enfance, malgré leur réputation actuelle de professions faciles, sont bien au contraire des métiers haut de gamme. Ces métiers obligent à être en relation avec d’autres professionnels. Un professionnel n’a pas toutes les compétences pour répondre à toutes les questions. Par ex : une maman a des problèmes conjugaux. Elle ne sait pas à qui en parler. Elle vous (assistante maternelle, auxiliaire de puériculture, éducatrice de jeunes enfants…) fait confiance puisqu’elle vous confie chaque jour son enfant. Elle vient donc se confier à vous. Vous voilà embarrassé ! Si vous la laissez se confier, vous sortez de votre champ de compétence et de votre statut vis-à-vis de l’enfant. C’est là qu’être en lien avec d’autres professionnels est important pour pouvoir orienter la maman vers le professionnel compétent. Pour lui, « le professionnel de la petite enfance est le mieux placé pour entendre mais le plus mal placé pour répondre ».

Jean Epstein parle du Québec et relate comme leur façon d’envisager les choses est très différente de la nôtre. Au Québec, on parle de prévenance (faire à plusieurs ce qu’on ne peut pas faire tout seul) et on travaille l’accompagnement du lien (pendant qu’en France on travaille la séparation mère/enfant).  Une étude nationale sur le coût de la délinquance a été menée  au Québec et a montré qu’il coûte moins cher d’aider une famille à se construire plutôt que d’attendre qu’elle dysfonctionne pour la soigner. En France, on parle de prévention, donc on insinue qu’il va y avoir problème et on considère la petite enfance comme une dépense (logique de remplissage des crèches avec la PSU).

Il rappelle également l’étude mise en place par le gouvernement français sur la prédisposition à la délinquance et ayant comme application le fait de devoir répertorier, dès la crèche, les enfants ayant un comportement non adapté. Un enfant mordeur en crèche devenant forcément un futur délinquant ! Heureusement, grâce au collectif « pas de zéro de conduite » et à la forte mobilisation du milieu de la petite enfance, aucune application de cette étude n’a vu le jour. Les chercheurs ayant participé à cette étude appartenaient tous à des laboratoires produisant de la ritaline (médicament prescrit aux enfants diagnostiqués  hyperactifs) !

La famille a bougé, la place de l’enfant aussi. De rien, il est devenu tout.  En 1970, Dolto disait qu’il fallait réinventer le lavoir (plus tard elle dira la place du village), un lieu où les femmes se rencontrent et échangent des points de vue sur les enfants sans être des spécialistes. Il donne l’exemple des maisons ouvertes au Québec :

  • Une laverie automatique : d’un côté la laverie, de l’autre un espace de jeu/salon où les parents peuvent en rencontrer d’autres et discuter pendant que les enfants jouent et que le linge se lave !

  • Les salles d’attente des écoles : gérées par des mamies en retraite qui préparent du café et où se trouvent des panneaux de liège où les parents accrochent leurs besoins et leurs propositions. Par ex : « jeune femme turc cherche cours d’alphabétisation contre travaux de couture ».

  • L’existence des mamies cantine : mamies qui viennent à l’école chercher deux ou trois enfants et les emmènent manger chez elle le midi. A ce propos, les québécois se moquent des français qui disent faire de l’intergénérationnel en emmenant les enfants des crèches à l’hospice ! «  voir des vieux délabrés, ça doit leur foutre les boules » !

Certains enfants ont plein de truc à dire dans leur tête mais pas encore développé le langage. Des études ont établi un lien entre les morsures et le langage. Les enfants communiquent naturellement par des gestes, le bébé fait « au revoir » de la main avant même de dire « au revoir » avec des mots. Les structures petite enfance en Belgique utilisent des répertoires de mots signés que l’enfant peut très tôt utiliser pour se faire comprendre.

 

Le bébé est une personne

Il y a une trentaine d’années l’enfant n’était rien puis en 1984, il est devenu une personne en référence à Bernard Martino et son livre et film « Le bébé est une personne ».

Pour voir le film : http://www.youtube.com/watch?v=3YzV-yWMVW0                      

Il s’étonne quand il voit des professionnels (assistante maternelle, éducatrice, puéricultrice…) juger les parents d’un enfant alors que celui-ci est juste à côté, les oreilles toutes écarquillées ! Ces personnes n’ont donc t elles pas encore intégré qu’un bébé comprend?! Il rappelle donc l’importance, dans les lieux petite enfance, de penser aux différents espaces de parole et conseille trois lieux : un pour dire avec l’enfant, un pour dire sans l’enfant et un pour dire ce qui est de l’ordre de la confidentialité.

Il a fait partie en 1982 du groupe d’expert sollicité par Bernard Martino pour faire la version filmée du livre. Il conseille alors à B. Martino de filmer Maurice Titran qui

« Au début des années 70, se mobilise en faveur de la scolarisation des enfants handicapés au sein des classes, puis il participe à la révolution de la néonatalogie, refusant de séparer les mères des nouveau-nés malades. En 1981, convaincu que la pédiatrie moderne doit allier le médical et le social, il participe à la création à Roubaix du Centre d'action médico-sociale précoce, dont la mission est de permettre aux familles défavorisées de bénéficier du meilleur encadrement et des meilleurs soins dans les domaines de la néonatalogie et de la pédiatrie.

Coauteur de plusieurs livres, consultant médical pour de nombreuses émissions et publications consacrées à la petite enfance, il a notamment publié en 2005 À sa santé, qui participe en France à la prise de conscience des ravages du syndrome d'alcoolisation fœtale. »

Il relate cette consultation de 1982 à laquelle lui et B. Martino ont assisté. Une maman arrive en criant après son bébé qui hurle dans ses bras. Elle est épuisée, ne sait plus que faire et vient chercher de l’aide auprès du M. Titran. Celui-ci regarde le bébé et s’adresse à lui en lui disant : « je te remercie de tout le travail que tu as fait pour m’amener ta maman ». Il s’agissait selon lui d’un déni de parentalité.  M. Titran disait qu’ « un pédiatre c’est un médecin qui soigne les parents » ! Suite à cette consultation, B. Martino décide de faire paraître M. Titran dans son film.

Dolto disait des bébés et de leur compréhension du monde : « quand on parle à un bébé de son histoire, je suis sûre qu’il ne comprend pas tout mais qu’il en fait quelque chose ».

 

 « Famille d’accueil »

Il revient aussi sur le terme « assistante maternelle » utilisé en France qui selon lui devrait être remplacé par « famille d’accueil ». Ailleurs en Europe on peut trouver : « gardienne encadrée », « maman de jour »… Pour lui, ces termes ne sont pas sans conséquences sur la relation avec les familles.

L’enfant, chez l’assistante maternelle, découvre qu’il a le droit de vivre quelque chose d’intime avec quelqu’un qui n’est pas sa mère, dans une maison qui n’est pas la sienne. Pour Jean Epstein, on n’aime jamais trop les enfants que l’on accueille si on prend soin de l’impact que ça a sur les parents. Il parle d’une histoire forte, d’une histoire d’amour entre l’enfant et l’assistante maternelle, l’auxiliaire référente…

Le mari de l’assistante maternelle a aussi une place importante, souvent niée, bien que réelle. Parfois, il est la seule figure masculine dans l’entourage de l’enfant, parfois il est la seule figure masculine avec qui le papa peut parler de son enfant…

Les enfants de l’assistante maternelle ont également une place importante lorsqu’ils sont présents.

C’est l’histoire de l’accueil d’un enfant, au cœur d’une famille, de liens qui se tissent et de moments partagés.

Il parle de la crèche familiale comme étant, pour lui (et sans vouloir dénigrer les autres types d’accueil) la meilleure structure petite enfance par le fait qu’elle est double, qu’elle allie l’intime du domicile et de la relation et des temps collectif.

Il rappelle également les débuts des  crèches collectives, dans les années 75, où tous les enfants allaient sur le pot en même temps et à heure fixe, alignés le long d’un mur, où une auxiliaire pouvait nourrir 5 bébés en même temps, alignés en face d’elle, dans leur transat, tout en parlant du film vu la veille au soir à sa collègue d’à côté nourrissant, elle aussi, 5 bébés alignés dans leur transats !  Le but étant de montrer que la crèche collective, régulièrement cité comme le mode d’accueil idéal pour les parents, ne l’est pas forcément. Chaque structure ayant ses avantages et ses inconvénients.

Les MAM nécessitent plus que tout de la supervision. Elles peuvent être une proposition d’avenir s’il y a accompagnement.

L’idéal pour les R.A.M. est qu’il y ait deux personnes à plein temps, un administratif et un spécialiste petite enfance.

 

Pour évaluer la qualité de l’accueil dans une structure petite enfance

Il propose un outil, qu’il utilise lui-même lorsqu’il visite les différents lieux d’accueil :

Triangle de la qualité / triangle de la BBC (Bien être Besoins Compétences)

Il y a qualité lorsque les 3 angles sont pris en compte.

Par ex pour les enfants, que leurs besoins variables de l’un à l’autre soient pris en compte, comme le fait que certains dorment pendant que d’autres jouent. Et non qu’on autorise (à cause de la PSU) le réveil d’un enfant parce que le parent refuse de payer une heure de plus. Certains parents ont des besoins contraires à ceux des enfants. Il est du rôle du professionnel d’expliquer aux parents que si leur enfant a sommeil vous allez lui permettre de dormir et inversement. Attention aussi au piège de la production. Si on tombe dedans, on va faire suer les enfants à fabriquer tous les jours un produit (peinture…) qu’ils ne veulent pas forcément faire. L’important est d’instaurer un climat de confiance avec les familles et de leur expliquer le projet de la crèche. Parfois avec certains parents, la relation de confiance peut ne pas s’établir.

Par ex pour les parents, est ce que l’on utilise leurs compétences ? Est-ce que la structure fait preuve de flexibilité dans les prestations en fonction des différents horaires de travail.

Par ex pour les professionnels, est ce qu’ils ont accès à la formation continue ? Est-ce que le temps administratif n’empiète pas sur le temps auprès des enfants et des familles ?...

Les 3 besoins de chacun devant respecter les 3 besoins de chaque autre.  

 

Quand les découvertes scientifiques éclairent le travail des professionnels

En 1992  au CNRS, le professeur Gervais a fait une étude sur les phéromones (odeur spécifique à chaque être humain). A la naissance, tous les bébés fabriquant l’odeur de leur mère (reconnaissance inconsciente). Au moment de la marche (éloignement moteur), le bébé cesse de fabriquer l’odeur de sa mère et commence à fabriquer la sienne. A la puberté, il fabrique ses phéromones définitives. L’ado est alors un peu perdu. C’est pourquoi il fait souvent un retour vers son doudou.

Le professeur Gervais a mis à jour l’existence de phéromones caméléons. Si le bébé est accueilli en crèche ou chez une assistante maternelle et qu’il ne s’y plaît pas, il va continuer à fabriquer l’odeur de sa mère. Si au contraire il s’y plaît, il fabrique une phéromone caméléon qui ressemble à s’y méprendre à celle de la référente qu’il s’est choisi.  

Jean Epstein donne l’exemple d’un bébé qui quittait souvent sa section pour se retrouver avec la lingère. En voyant cela il a mesuré avec un appareil spécifique les phéromones de la lingère et du bébé et il s’est avéré que le bébé avait développé des phéromones caméléons quasi identiques à celles de la lingère. Les auxiliaires ont mieux compris ensuite pourquoi ce bébé allait toujours dans la lingerie et pourquoi il ne voulait manger et s’endormir qu’avec la lingère !

 

Etre à sa juste place

 « Les parents sont les 1ers éducateurs, les professionnels sont des partenaires. »

Les deux formations complémentaires et nécessaires aux professionnels sont la diplomatie et les arts dramatiques !

Par ex : lorsqu’un enfant fait ses 1ers pas avec les professionnels dans la journée, ne rien dire aux parents le soir pour leur laisser le plaisir de le découvrir par eux même (diplomatie) et lorsqu’ils reviennent le lundi suivant en disant avec joie « il a fait ces 1ers pas ce week-end end » ! Leur dire « ah bon ! » (Art dramatique) !

Pour que la première séparation se passe bien, l’enfant doit voir son parent partir sereinement au travail.

Pour cela, le professionnel  explique à l’enfant :

  • Que sa mère ne lui en veut pas

  • Qu’elle est partie travailler et qu’elle pense à lui

  • Qu’elle va revenir

Il explique aux parents :

  • Que leur enfant les aime même s’il ne veut plus partir de chez l’assistante maternelle au moment des retrouvailles du soir

  • Qu’il ne va pas confondre sa mère avec son assistante maternelle

  • Qu’ils vont le retrouver en bon état

Il rappelle qu’il est important de faire verbaliser aux parents les peurs qu’ils ont vis-à-vis du mode d’accueil dès l’adaptation pour partir avec eux sur de bonnes bases. Certaines tensions pouvant faire effet boule de neige le temps passant et exploser plus tard. Il est alors plus difficile de comprendre ce qui se passe et surtout d’apaiser les parents. Il est parfois trop tard. L’adaptation selon lui doit se faire à la carte, certains enfants et certaines familles ayant besoin de peu de temps et d’autres de beaucoup.

 

« L’enfant, sa famille et les professionnels qui l’entourent »
« L’enfant, sa famille et les professionnels qui l’entourent »

Publié dans Hélix

Partager cet article

Repost 0

« L’accompagnement des assistantes maternelles dans leurs pratiques professionnelles »

Publié le par Toutes en une

Compte rendu de stage via le CNFPT, du 26 et 27 mai 2014, à Niort

 

  « L’accompagnement des assistantes maternelles dans leurs pratiques professionnelles »

Avec Valéry-Anne Fiolet,

éducatrice de jeunes enfants et master 2 en science de l’éducation

 

La professionnalisation passe par l’imitation.

La professionnalisation, c’est  les amener à réfléchir et les rendre intelligente.

Les rendre professionnelles passe par les rendre autonomes, par ex : les laisser gérer le planning de venue en temps collectif.

Professionnaliser les A.M. c’est les faire passer de la nourrice à l’assistante maternelle, du novice à l’expert.

Attention à donner ou apporter une réponse mais pas la solution !

 

 

Pour être dans une relation juste et bienveillante avec l’autre 

 

Attention aux phrases assassines et attention à ne pas trop valorisé sinon il y a un trop grand écart entre la réalité et les mots ce qui apporte du discrédit.

 

Eviter le « Pourquoi ? » qui est  trop jugeant et préférer « Qu’est-ce que vous avez vu ? » « Qu’est-ce que vous avez ressenti ? » qui est plus ouvert.

Lors des transmissions aux A.M. il est important de se demander pourquoi je veux transmettre ça ? Si c’est pour me soulager, ce n’est pas nécessaire. Si c’est utile pour son évolution :

- faire deux colonnes, une positive une négative

- ne remplir l’une que si l’autre se remplie aussi. On écrit 1 chose positive et 1 chose négative à côté.

Demander ce dont on a besoin et non attendre que l’autre le devine.

Faire dire aux A.M. comment elles se sont senties après un temps collectif et leur dire aussi notre sentiment : « ça m’a fait plaisir de vous voir ».

 

Comprendre qui est la personne en face de nous et comment l’aborder en se rapprochant de la théorie de l’attachement.

 

Attachement angoissé 5% de la population

Attachement sécure 65%  de la population

Attachement insécure 30% (ambivalent ou évitant) de la population

Du type d’attachement découle la qualité de l’estime de soi (je suis) et de la confiance en soi (je fais), la sécurité affective et les M.I.O. (Modèle Interne Opérant ou schème).

L’enfant se construit, en partie, par la manière de réagir de ses parents à telle ou telle situation, ce qui l’amène sur un chemin de vie plus que sur un autre. 8 chemins de vie en tout :

  • Je dois tout gérer

  • je ne sais rien faire

  • je ne dois pas déplaire

  • je dois être aimé de tous

  • ma vie c’est la solitude

  • je suis différent

Essayer de repérer les chemins de vie de chaque personne pour s’adapter à chacune.

 

Pour répondre à leur besoin de parler avec leur collègue : instaurer par ex, un coin  papothèque. Il est limité dans le temps et dans l’espace, limité en nombre (2 assistantes maternelles = 2 chaises dans le coin). L’EJE se positionne dans la salle entre les assistantes maternelles et les enfants pour pouvoir revenir sur des choses qui se disent.

 

Pour constituer des groupes de travail, on peut utiliser la tombola. Noter les noms des groupes sur des petits papiers, les mélanger dans un contenant et faire tirer les AM au sort.

S’il y a une personne qui dysfonctionne :

  • RDV officiel en premier lieu pour expliquer les faits. Lors de l’entretien, dire les faits précis : « quand vous faites ça… »

  • Si ça ne suffit pas, il doit y avoir sanction. Tout le monde doit connaître les sanctions engendrées par un manquement au règlement. La sanction est à réfléchir par rapport au cadre juridique.

  •  1) RDV 2) courrier d’avertissement 3) sanction : par ex : lire un livre qui aborde le thème et en demander un retour devant les collègues en réunion 4) exclusion des temps collectifs voir de la structure

  • L’exclure des temps collectif quelques mois (2 mois par exemple) pour qu’elle réfléchisse et qu’elle revienne si elle a compris et s’engage à faire évoluer son comportement.

  • Le règlement de fonctionnement donne le cadre. Exiger ce qui est écrit dedans. Sinon pas de légitimité à demander. L’exclusion est légitimée en cas de manquement au règlement.

 

On ne peut pas changer une personne, une personne se change elle-même.

 

Les parents et  les assistantes maternelles ne sont pas vos ennemis.

 

 

C’est quoi accompagner ?

 

L’accompagnement est un moyen dont

le but est l’autonomie, réussir à ne plus être nécessaire.

 

Pour Bernard Honoré : de la mise en relation dépend  la mise en chemin. L’accompagnement se trouve au départ (impulsion).

 

Pour Le Bouëdec : l’accompagnement est une posture entre la proximité et la distance, s’impliquer tout en laissant à l’autre une place. Passivité active.

  • Accueillir et écouter l’autre

  • Aider à discerner et délibérer

  • Cheminer avec sollicitude à ses cotés

 

Pour Carl Rogers : l’accompagnement se centre sur la relation et non sur le problème rencontré. Il doit avoir une attitude qui permet à l’autre de mettre en mots ce qu’il vit pour qu’il puisse en prendre conscience et avancer.

 

Pour Schon : on a des connaissances (quelque chose que je me suis approprié à partir de l’expérience)  et des savoirs (ce que les experts nous ont enseignés). Le vécu permet de construire des savoirs expérientiels. Des connaissances deviennent des savoirs parce que j’ai réfléchi dessus.

Accompagner, c’est permettre de réfléchir à sa pratique pour construire un savoir expérientiel.

 

Pour Maëlla Paul : l’accompagnement se trouve au carrefour entre entre conduire, guider, escorter… Conduire, c’est mener quelqu’un quelque part. Guider, c’est  mettre quelqu’un sur la voie, le guide marche devant. Escorter, c’est porter une attention soutenue pour prendre soin.

 

Pour les accompagner vers la professionnalisation :

  • Se donner en modèle ET parler, expliquer le pourquoi du comment de ce que l’on fait.

  • Utiliser les compétences de chacune (artistiques, chant…) / exploiter leurs talents.

  • Les reconnaître comme professionnelles, c’est les reconnaitre comme notre équipe  

Nous sommes (Directrice, adjointe, EJE et A.M.) 1 équipe de professionnelles qui travaillent ensemble pour construire le lieu où elles accueillent les enfants.

 

 

C’est quoi être une assistante maternelle  professionnelle ?

 

Pour Leboterf : Le diplôme ne traduit pas la compétence. Etre professionnel, c’est être compétent. Quelqu’un qui dispose de ressources et sait s’en servir. Savoir gérer un ensemble de situations souvent complexes. Le novice gère le simple, la routine, l’expert gère le complexe.

Etre professionnel c’est :

Savoir innover :

Savoir réagir avec pertinence

Prendre des initiatives

Faire des choix

Négocier

Arbitrer

Prendre des risques

Réagir à l’imprévu

Savoir anticiper

 

Savoir observer :

Le professionnel  est celui qui rassemble, combine les infos pour faire émerger une pratique pertinente. Savoir mobiliser de façon pertinente les compétences.

Savoir transposer

Comprendre les problèmes et les classer par contexte. Repérer les éléments communs qui me font dire qu’il y a tel type de situation qui amène à tel comportement.

 

Vouloir agir

Le professionnel est celui qui a des compétences qu’il doit sélectionner, combiner, mobiliser pour agir avec pertinence.

 

L’accompagnement, c’est permettre à l’autre de prendre conscience de ses savoirs.

 

 

L’observation avec les Assistantes Maternelles

 

Pour amener les assistantes maternelles à l’observation professionnelle, il est nécessaire de procéder par étape.

 

Première étape : regarder

« Aujourd’hui, je vous propose de faire quelque chose de différent »

- leur proposer de ne pas mettre d’activité en place, de laisser les enfants en jeu libre et de faire quelque chose de différent.

- leur demander de s’installer, assise, à différentes places dans la salle et  de regarder les enfants pendant 10 min. Les enfants avec qui  elles sont  arrivées ou les autres.  S’il y a un danger avéré, elles s’arrêtent et interviennent. L’éducatrice regarde elle aussi.        

 

Debout, on est un phare.  On est attiré par la lumière.

 

- échanger avec elles, une fois les 10 min terminée, sur ce que nous avons vu, remarqué … Qu’est-ce que vous comprenez ? Qu’est-ce que vous pouvez proposer à l’enfant ?

Tout le monde n’a pas regardé la même chose. Lors d’une première expérience, il peut être difficile pour les personnes de mobiliser leurs souvenirs et ce qu’elles ont réellement perçu.

« Si vous voulez la prochaine fois on recommence mais d’une autre façon ».

 

Deuxième étape : regarder une seule chose

« Si on regardait  qu’une seule chose ? »  

Par exemple : les interactions entre enfants.

Utiliser le même protocole que dans l’étape 1, les enfants sont en jeu libre, les adultes disposés à différents endroit de la salle, regardant (mais un seul paramètre cette fois)  puis échange après les 10 min. Qu’est- ce qu’on a vu ? Qu’est- ce qu’on a remarqué ? 

Même en limitant le nombre de paramètres à regarder, il peut encore y avoir des oublis.

« Si vous voulez la prochaine fois on recommence mais d’une autre façon ».

 

Troisième étape : regarder et écrire

« Si on prenait un crayon et une feuille »

Utiliser toujours le même protocole. Les assistantes maternelles peuvent cette fois noter sur une feuille blanche ce qu’elle regarde.

L’échange semble plus construit que les fois précédentes mais il peut encore y avoir des difficultés à savoir quoi regarder et  quoi écrire. Certaines n’auront pas eu non plus le temps de tout écrire.

« Si vous voulez la prochaine fois on recommence mais d’une autre façon ».

 

Quatrième étape : Observer

« Si on utilisait une grille d’observation »

Utiliser toujours le même protocole mais au lieu de noter des informations sur une feuille blanche, remplir la grille d’observation composée de questions concrètes.

On peut utiliser des grilles déjà existantes comme celles proposées par Anne Marie Fontaine.

 « Assistantes maternelles, l’observation : outil indispensable » Anne Marie Fontaine

« Les assistantes maternelles sont convaincues que l’observation est la base de leur travail avec les jeunes enfants. Elles pensent d’ailleurs qu’elles « observent tout le temps »… Mais il y a observation et observation…

Comment faire pour « regarder de plus près » quand l’observation spontanée nous a fait repérer certaines réactions d’enfants répétitives, ou certains moments difficiles de la journée ? Comment comprendre ce qui se passe ? Comment réfléchir posément à la situation pour trouver des solutions ? En développant une observation différente, plus professionnelle : l’observation-projet.

Observer de façon professionnelle, c’est apprendre, à partir d’un constat ou d’un ressenti personnel dans l’accueil des enfants, à se poser des questions précises pour regarder la situation d’une manière plus objective, et surtout en se plaçant « du point de vue des enfants » pour trouver les réponses les plus adaptées. C’est poser sur eux un regard curieux, patient, bienveillant.

Ce livre s’adresse à la fois aux assistantes maternelles et aux responsables de Ram, de crèches familiales, de PMI, qui les accompagnent dans leur professionnalisation. 

Anne-Marie Fontaine est formatrice auprès des professionnels de la petite enfance. Elle a d’abord travaillé au CNRS avec René Zazzo dans le cadre du laboratoire de psychobiologie de l’enfant, puis a été maître de conférences en psychologie de l’enfant à l’université Paris-X.»

Ou bien la construire avec les assistantes maternelles. Pour cela, il est nécessaire de se demander : quels sont les éléments dont on a besoin pour comprendre la situation ?  Qu’est ce qui m’intéresse ?

 

Cinquième étape : restituer

Après avoir échangé avec les assistantes maternelles sur l’observation, qu’en fait-on ? Qu’est- ce qu’on retransmet aux collègues ? Aux familles ?

Pour commencer, l’éducatrice rédige ce qui s’est dit, compris, les propositions faites… Cet écrit est destiné aux observatrices seulement. Au fur et à mesure de l’exercice, les assistantes maternelles pourront écrire elles même ce compte rendu.

 

Attention : prévenir les enfants lorsque nous les observons

 

L’accompagnement des assistantes maternelles dans leurs pratiques professionnelles passe donc par :

-des temps collectifs

- de l’observation

- des réunions : échanges entre les assistantes maternelles et l’équipe pédagogique sur les différents sujets liés à la petite enfance comme le sommeil, la propreté, la motricité libre… (Sans les parents)

- de l’analyse de la pratique (avec un psychologue)

- des réunions d’information

- la mise à disposition de livres, revues, affichages divers

- un projet pédagogique qui regroupe ce que l’on attend de l’assistante maternelle, le rôle de l’encadrement, les objectifs du lieu, les règles de vie et les valeurs professionnelles

- des visites à domicile régulières  (A.M. prévenues  et objectif précis annoncé)

 

Publié dans Hélix

Partager cet article

Repost 0

L'adaptation

Publié le par Toutes en une

La fin des vacances arrive et l'entrée en crèche (familiale, collective...) ou chez une assistante maternelle indépendante se profile. Il va alors être question de la période dite "d'adaptation".

 

J'avais envie à cette occasion de venir en parler un peu par ici et de vous transmettre cet écrit que j'ai réalisé à destination des assistantes maternelles, dans le cadre de la crèche familiale où je travaille actuellement. Il est néanmoins valable pour tous les professionnels et dans tous les lieux d'accueil.

 

 

"La période dite « d’adaptation » est un temps de rencontre et d’échange privilégié entre l’assistante maternelle, l’enfant et ses parents.

Il leur permet, de par son caractère répétitif, sa régularité et sa durée de faire connaissance et de tisser un lien, solide et confiant, préalable nécessaire pour que l’accueil se passe bien.

Lors des premiers échanges :

 

  • L’assistante maternelle va présenter son travail au sein de la crèche familiale (les différents professionnels de l’équipe d’encadrement, sa venue avec l’enfant en temps d’accueil…) et l’organisation de son travail à son domicile (déroulement des journées, sorties, pédagogie…). Elle répond aux questions pratiques des parents.

     

  • Les parents vont parler de leur enfant, de ses besoins (alimentation, sommeil…),  de ses habitudes, ce qu’il aime, n’aime pas… L’assistante maternelle est à la fois à l’écoute de ce que les parents lui transmettent et en observation de la relation enfant/parent.  L’observation va lui permettre de repérer comment ils consolent leur enfant lorsqu’il est triste, comment ils le portent, comment ils lui parlent, comment ils lui donnent un repas… C’est pourquoi il est nécessaire que le parent assure les 1ers soins (repas, change…) devant l’assistante maternelle. Toutes ces informations vont ainsi lui permettre de s’ajuster à l’enfant et d’assurer la continuité entre ce qu’il vit dans sa famille et à son domicile. Inversement, quand l’assistante maternelle, dans un second temps, assure devant le parent un change ou donne un repas, par exemple, il est rassuré de voir comment elle prend soin de son enfant.

     

  • L’enfant va progressivement faire connaissance avec l’assistante maternelle (sa présence, sa voix, sa manière d’être…) et son domicile (la luminosité, les sons, l’organisation des espaces, la présence ou non d'autres enfants, adultes, animaux…), en sécurité, en présence de ses parents. Il se constitue de nouveaux repères. L’important n’est pas de confronter l’enfant à une absence progressive de son parent mais de multiplier les occasions de se sentir bien tous ensemble. Ainsi l’enfant peut, en toute sécurité et en présence de son parent, investir l’assistante maternelle. Lorsqu’il la regarde et/ou manifeste la volonté d’aller vers elle, d’être porté par elle, en relation avec elle, alors la séparation peut avoir lieu.

     

Pour que ce temps de rencontre soit favorable à la création d’une relation de confiance et que chacun puisse exprimer ses attentes, ses craintes, ses questionnements, il est nécessaire que le parent soit présent avec son enfant le plus longtemps possible.


Vu tout ce qui se joue durant ces premières paroles échangées, ces premiers regards, « l’adaptation » nécessite de la part de l’assistante maternelle une grande qualité d’écoute et d’attention. Le choix de l’horaire est donc primordial pour garantir le calme, la disponibilité et la bienveillance nécessaire à l’émergence de la confiance."

 

Tout comme chaque enfant est unique, chaque famille l'est aussi et chaque période d'adaptation le sera également. On ne peut copier un protocole ( une heure le lundi, deux heures le mardi, séparation le mercredi...) d'une famille à l'autre. Seul l'esprit est valable pour tous, l'organisation pratique demande elle de la souplesse et de l'adaptabilité de la part du professionnel.


 

 

 

 

 


 

 

 

 

Publié dans Hélix

Partager cet article

Repost 0

Le Transat

Publié le par Toutes en une

Le Transat


Le transat peut être utilisé ponctuellement,

Sur le temps de repas:

  •  soit pour donner les premiers repas solides au bébé qui n’est pas encore en mesure d’être installé dans la chaise haute parce qu’il ne sait pas s’asseoir tout seul

  • Soit pour quelques minutes de digestion après le repas, notamment  pour ceux qui ont des soucis de reflux

Mais aussi : le temps pour l’adulte d’aller aux toilettes par exemple, le temps du repas des grands pour que le bébé participe à la vie familiale…


Toutefois son utilisation a des limites à respecter car dans le transat :

Le bébé se fatigue


Tout le poids du haut du corps tombe sur sa colonne vertébrale, pas encore assez forte et musclée pour soutenir tout ce poids un long moment. Cela peut alors créer des tensions. Pour cette raison l’utilisation du transat est déconseillée au-delà d’une trentaine de minutes d’affilée.  La meilleure position pour le bébé est le plat dos (absence de tension, le poids du corps est réparti, le dos et la tête sont des appuis larges et surs).


Le bébé ne peut se mouvoir en liberté


Une fois installé dans le transat, le bébé ne peut pas vraiment bouger ses bras, ses jambes, sa tête, sont tronc comme il l’entend. Il ne peut alors découvrir, sentir, gouter, toucher les parties de son corps, principale activité du bébé à cet âge. De trop longs moments dans le transat le privent alors de toutes ces expériences.

Il ne peut pas non plus saisir les jouets qui l’entourent ce qui peut être frustrant et amener de l’inconfort au bébé. Il est alors dépendant de l’adulte, le seul à pouvoir lui redonner son jouet. Sa curiosité, son envie de découvrir est freinée. Un bébé peu enclin à expérimenter sera renforcé dans sa passivité s’il est trop souvent installer dans le transat.

 

Pour accompagner l’enfant dans le libre développement de sa motricité, la meilleure position est le plat dos, sur un sol ferme, laissant le bébé libre de ses mouvements et explorations.


Le bébé peut se mettre en danger


Lorsqu’il grandit et a de plus en plus envie de saisir les jouets qui l’entourent ou bien de se dégager du transat pour aller explorer le monde, il risque de tomber face contre terre, le transat sur le dos, voir basculer sur le côté… Pour éviter cela, veiller à ce que le harnais soit bien attaché, le transat posé au sol et à ne pas dépasser le poids maxi autorisé de 9kg. Soyez également vigilant car certains bébés sont capables de faire basculer le transat bien avant le poids de 9 kg atteint.

De plus, pour les bébés ayant déjà une petite déformation de la tête, elle risque d’être accentuée par les longs passages dans le transat ou la tête reste dans une seule et même position.


Le bébé peut devenir dépendant aux artifices du transat (balancelle, vibration…)


Si lorsque le bébé pleure ou manifeste une émotion, le transat est mis en mode balancement, vibration, massage… une dépendance peut s’installer, le bébé recherchant et ayant besoin de cet artifice pour se calmer…

Le vibrage, massage, balancement automatique du transat constitue une réponse mécanique, en dehors d’une relation et d’une présence humaine (bras, odeur, chaleur, parole…) à la demande du bébé, qui est avant tout, dans les premiers mois de vie, une demande de relation. 

Dans cet usage, le transat devient un objet qui met à distance à un moment où le bébé a besoin de proximité.

 

Ecrit réalisé par dans le cadre du travail de réflexion mené sur la motricité libre au sein de la crèche familiale dans laquelle je travaille actuellement, en 2013.

 

Publié dans Hélix

Partager cet article

Repost 0

Quel jouet choisir de 18 mois à 3 ans?

Publié le par Toutes en une

 

 

        Quel jouet choisir de 18 mois à 3 ans?

 

 

Qui est l’enfant de cet âge ?

 

 

C'est la période où l'enfant passe du stade de bébé au stade de petit garçon ou petite fille. Sa croissance se ralentit un peu, par contre ses possibilités d'action s'étendent. Il sait marcher, il apprend à courir, sauter, escalader... Il est capable de tenir un crayon pour dessiner, sa cuillère pour manger, tenir un livre entre ses mains pour le regarder… Sa curiosité se développe, il expérimente son environnement, il est maintenant plus dans le touché que dans l'oralité, comme précédemment. Son imaginaire, lui aussi, va prendre une place grandissante. Il s'invente des histoires, des scénarios de jeux, il fait semblant...


C'est aussi une période où l'enfant va s'affirmer de plus en plus,  en tant que personne avec ses goûts, ses désirs... C’est ce que l’on appelle la période d’opposition. Ce chemin commence avec le « non », qui est sa première affirmation de lui-même, différent des autres, différent de sa mère... Il dit « non » puis  « tout seul », « moi »... Par la suite, il continuera à chercher de s’affirmer  en essayant de maîtriser le monde : les autres (adultes et enfants) et son environnement (par le déplacement et par la réalisation d'activités qu'il recommence inlassablement).


C'est également le début du langage, qui va lui conférer plus de force et lui permettre de communiquer de façon plus égalitaire avec les adultes.  Il parle aussi bien aux objets qu'aux personnes. C’est un vrai plaisir qu'il prend à crier, chanter, parler. Au début il ne dira que quelques mots, sans lien, puis des petites phrases de deux à trois mots, pour enfin, vers ses trois ans, être un vrai interlocuteur capable de s'exprimer et de se faire comprendre.

 

Si au début de cette période les jeux sont les mêmes pour tous, après trois ans, les jeux se différencient sexuellement. Chacun s’identifiant un peu plus aux activités types de son sexe.

 

Concernant les jeux de cette large période, qui va de 18 mois à 3 ans environs, on peut proposer quatre grands thèmes que sont :

 

  • Les jeux et jouets

 

  • Les activités manuelles et d’éveil

 

  • Les livres

 

  • La musique

 

On retrouve tout au long de leur évolution ces quatre thèmes, toutefois leur façon de les aborder va se modifier au fur et à mesure qu'ils grandissent.

 

 

Les jeux et jouets

 

 

Dans un premier temps :

 

  • Les jouets à tirer et à pousser du type : chenille, petit chien,...
  • Les téléphones
  • Les camions porteurs où les enfants peuvent s'asseoir et se déplacer en poussant des pieds
  • Les jeux de transvasements (passer d’un récipient à l’autre : des marrons, des couvercles, du sable, des cailloux, de l’eau…)
  • Les jeux d'encastrement : boîte à formes, premier puzzle…
  • La vaisselle, telle qu’une petite cuillère, un Tupperware, une casserole...
  • Les cubes à empiler
  • La première poupée (petite, souple, douce…)
  • Les premières voitures

 

Par la suite :

 

  • Les perles à enfiler
  • Les colorédos
  • Les abaques
  • Les briques de construction : mégablock…
  • Les puzzles
  • La ferme
  • La dînette avec la cuisine, le four, l’évier...
  • Le garage avec les voitures
  • Le train avec ses rails à monter
  • La poupée (plus grande, plus dessinée avec son berceau, sa chaise  haute, sa table à langer... pour pouvoir s’en occuper comme d'un vrai bébé, l'habiller, lui donner à manger, lui mettre une couche...
  • Les premiers jeux de société : loto...

 

 

Si au départ l’enfant joue essentiellement avec le jouet, n’importe où, en grandissant, il affectionne les coins avec tout le matériel qui entoure le jeu en lui-même.

 

 

 

Les activités manuelles

 

Dans un premier temps : la manipulation.

 

  • La pâte à sel
  • Les jeux d'eau : pot  de yaourt, passoire, gant, éponge, bébé... dans l'évier,  la baignoire, une cuvette...
  • Le sable
  • La brisure de riz, dans une cuvette, un drap...
  • Les premiers dessins : plus faciles avec des blocs de cire rectangulaires qui permettent de laisser une trace quel que soit le sens utilisé, les feutres qui laissent également facilement une trace, ensuite pastels, craie, petits crayons de couleurs…

 

Dans un second temps : la création.

 

  • Pâte à modeler : avec un rouleau à pâtisserie, un petit couteau à beurre, une fourchette, des emporte-pièce...
  • La peinture : un avec un pinceau, des éponges (découper des formes : un triangle, un carré, un rond, dans une éponge de vaisselle classique), une plume, un coton tige…
  • Les tampons encreurs (à acheter ou bien à fabriquer en faisant des animaux en pâte à sel)

 

 

Quand ils sont plus grands et qu’ils maîtrisent mieux leurs mains (vers la fin de l’accueil à la crèche) :

 

  • Les premières activités de bricolage, par exemple : coller des morceaux de laine, de papier crépon, de coton, de feuilles à l’automne...

 

 

Les livres

 

Au tout début :

 

On préfèrera des livres petits, cartonnés, avec peu de texte, sur le thème de la vie  quotidienne ou encore des imagiers.

 

En grandissant :

 

On leur proposera des livres plus souples, de tailles variées, avec une ou deux phrases par page et une histoire plus complexe, sur les thèmes suivants : les animaux, le quotidien, les métiers, la séparation, les parents... tout ce qui touche à l’univers quotidien de l’enfant.

 

Les livres peuvent être laissés à la disposition des enfants, dans un endroit repérable où ils seront bien rangés et où l'enfant pour aller les regarder lorsqu'il le souhaitera.

 

Il est toutefois important de lire les livres aux enfants, à leur demande, pour faire revenir le calme après un moment d'excitation, pour répondre à un questionnement de l'enfant, pour partager un moment de plaisir.

 

Ce doit être un moment chaleureux, intime, où l’on est bien installé, comme dans un cocon.

 

Ce peut être aussi l'occasion, de temps en temps, de discuter autour du livre, de son histoire pour favoriser la communication avec l’enfant. On peut parler du ressenti de l’histoire ou essayer d’en réinventer une avec les plus grands…

 

 

La musique

 

 

La manipulation des instruments :

 

Il est important de laisser les enfants manipuler librement les instruments. Il n'y a pas une seule façon de faire de la musique. Chaque enfant peut trouver sa manière de manipuler l'instrument et d'émettre des sons. Les instruments principalement utilisés avec les petits : le xylophone, les maracas, le bâton de pluie, les clochettes, les tambourins... A acheter ou bien à fabriquer soi-même.

 

Chanter des comptines :

 

« Bateau sur l'eau », « Cinq sous », « A Paris »... Les petits apprécient beaucoup les chansons courtes et rythmées, avec des gestes.

 Un peu plus tard, ils aimeront tout autant, les chansons plus longues, qui racontent des histoires, par exemple : « Quand Fanny était un bébé », « La boîte à outils »… Ils aiment également les chansons avec des rimes et des mots rigolos : « Dans le cirque Pezzone »…

 

Ecouter de la musique:

 

De la musique classique, pour se relaxer, les musiques du monde pour danser...

 Il est aussi intéressant d'écouter la musique dans la vie quotidienne : un oiseau qui chante, l'eau qui bout dans la casserole, le doigt mouillé sur un verre... Nous pouvons amener les enfants vers une écoute plus grande du quotidien et du silence. Quand ils sont plus grands, ils aiment  écouter des cassettes dans leur magnétophone et chanter à l’aide d’un micro.

 

 

Ecrit réalisé dans le cadre d’une formation destinée aux assistantes parentales, à la demande de la responsable du Relai d'Assistantes Parentales en 2006.

 

 

 

 

 

 

Publié dans Hélix

Partager cet article

Repost 0

Quel jouet choisir la première année ?

Publié le par Toutes en une

 

Quel jouet choisir la première année ?

 

Il est important de réfléchir à cette question en termes de sécurité ET de pédagogie.

 

La sécurité

 

Les jouets ne doivent mettre en danger ni la santé ni le corps de l’enfant. Les enfants sont vulnérables du fait que leur épiderme est plus perméable que celui d’un adulte, leurs poumons immatures et leur système immunitaire et nerveux en pleine formation. Or ils sont exposés quotidiennement à de nombreuses substances toxiques qui, même à faible dose, peuvent porter atteinte à leur développement (allergies, cancer, stérilité…)

Autres sources de danger pour l’enfant : des parties du jouet qui se détachent et peuvent être avalées, mauvaise finition qui peuvent entailler la peau de l’enfant…

Conseils généraux pour éviter ces dangers:

  • Eviter les jouets parfumés.

  • Préférer le label Oeko-Tex qui garantit des textiles sans substances toxiques.

  • Débarrasser les jouets neufs de leur emballage et les laisser s’aérer au moins deux jours avant de les donner à l’enfant. Les COV (Composés Organiques Volatils) peuvent ainsi s’évacuer.

  • Laver les jouets neufs en tissu avant utilisation.

  • Choisir des jouets en bois brut non vernis ou décorés avec des peintures non toxiques et résistants à la salive.

  • Privilégier les indications sans « sans PVC », « sans BPA », « sans Phtalates » sur les jouets en plastique.

  • Préférer les produits avec des colorants alimentaires naturels (pâte à modeler, peinture…)

  • Eviter les contrefaçons, fabrications type « made in China » qui ne respectent pas toujours les normes de sécurité en vigueurs en France et en Europe.

  • Attention aux labels ! Le label CE, par exemple, est apposé par le fabriquant lui-même ! Le label NF «  est une marque collective de certification. Elle garantit la qualité et la sécurité des produits et services certifiés. La marque NF garantit non seulement la conformité aux normes en vigueur, mais aussi à des critères de qualité supplémentaires correspondant aux besoins des consommateurs. »

     

    Source : wecf.eu

 

 

La pédagogie

 

 

« Très tôt, l’enfant utilise le toucher comme moyen de relation avec ce qui l’entoure. Longtemps la reconnaissance se fait par la bouche ; mais très vite la main touche, palpe, cherche. Quelques éléments autour de l’enfant peuvent favoriser cette recherche »

 

 

1) Les critères de choix

 

Pour choisir un jouet adapté aux plus jeunes, plusieurs critères sont à prendre en compte :

 

La forme

Privilégier :

- les jouets/objets minces et pouvant se saisir facilement par des petites mains

- les jouets/objets en « relief »

Eviter :

- ce qui est rond et va se mettre à rouler dès que l’enfant tentera de l’attraper

- les jouets/objets plats que l’enfant aura du mal à séparer du sol

- les blocs car ils ne donnent pas à l’enfant la possibilité de les saisir comme les jouets ayant une partie plus fine et plus longue qu’une autre, par ex : les jambes de la girafe Sophie.

 

La surface

Varier les différents types de surface : lisse, ondulée, en gruyère… car cela offre une source importante de stimuli tactiles.

 

Le poids

Entre 5 à 20g pour les nourrissons puis progressivement de plus en plus lourd.

 

La taille

Des petits objets pour les nourrissons puis progressivement de plus en plus grand. Veiller à ce que l’objet, ou au moins une partie de celui-ci, puisse être saisit par une toute petite main.

 

La matière

Elle influe sur la forme de l’activité : 1 chiffon sera froissé, tiraillé, d’autres objets seront grattés, tâtés, pressés… Les objets durs seront frappés sur le sol, le mur… d’où la nécessité de varier les matières.

 

La variété

Elle est importante car elle permet une multitude d’activités, de découvertes, expériences ET permet à l’enfant de faire un choix, de susciter le désir et donc les efforts nécessaires à la satisfaction de ce désir !

 

2) Attention aux stimuli spéciaux

 

 

« A ce stade, c’est la couleur de l’objet, sa taille, sa forme, qui éveillent l’intérêt. Ensuite, c’est le souvenir des expériences acquises lors de la manipulation qui le rend attirant pour l’enfant »

 


Attention aux objets avec des « stimuli spéciaux » sensés éveiller bébé comme :

  • les sons musicaux émis par un hochet secoué, un animal en plastique pressé…

  • les mouvements amplifiés comme ceux du culbuto qui continue à bouger même lorsque l’enfant ne le touche plus ou encore le chien à tirer qui remue la queue sous l’effet de la rotation de la roue.

Ces stimuli spéciaux suscitent l’intérêt de l’enfant mais il en découle une activité moins variée, moins riche. Les stimuli interpellent l’enfant et le détournent de son activité initiale, voir la stoppent. L’attention est furtive.

 

 

« C’est le cas du culbuto qui fait naître régulièrement chez l’enfant une attention concentrée mais peu durable, l’enfant ne sait pas quoi faire avec »

 

 

3) Quelques exemples à titre indicatif

 

 

Dans la mesure où chaque enfant est différent et unique et se développe à son rythme, les données en âge ne sont qu’une indication. Seule l’observation de l’enfant peut renseigner sur le « bon » jouet/objet à proposer.

Le choix est rendu difficile par l’industrie actuelle. Si le choix est dense, il ne répond pas forcément aux exigences pédagogiques et de sécurité. On peut cependant largement piocher dans les objets usuels n’ayant pas à la base une fonction de jouet : tels que écumoires, cuillères en bois, moule à glaçons souple, bouteille d’eau vidées de leur contenu et remplies d’éléments naturels, de perles, plumes… (penser à coller le bouchon au pistolet à colle)

 

3/6 mois

 

-petits carrés de tissus colorés (taille d’un mouchoir en tissu)

-hochets légers et silencieux

-personnages / animaux avec longues pattes

-bracelets, anneaux fins…

L’intérêt de ces jouets/objets est qu’ils sont légers, souples, longilignes, faciles à saisir, dépasse la main donc peuvent être vus et saisis  à différents endroits par le bébé.

 

6/9 mois

 

-anneaux plus gros

-girafe Sophie

-petites corbeilles à trous, légères

-moules pour faire des pâtés, porte savon…

-cuvettes, sceaux de tailles différentes

L’intérêt de ces jouets/objets est multiple. Ils sont intéressants :

  • de par leur facilité à être saisit,

  • du fait qu’ils proposent un plein et un creux,

  • parce que l’enfant peut y mettre quelque chose dedans.

 

9/12 mois

 

-récipients de toutes les tailles, de toutes les formes, de toutes les matières

-hochets grelots

-balles de tailles différentes et de textures/surfaces différentes

-couvercle type petits pots de tailles différentes / bouchons plastiques de bouteille de lait…

-le matelas d’eau (prendre un matelas pneumatique d’enfant, le remplir d’eau à moitié et souder à chaud la valve de fermeture pour éviter toute inondation) 


12/15 mois

 

-les même encore… plus jouets à tirer, à pousser…

-balles de ping-pong (colorées)

-manipulation sur drap ou dans une bassine au sol de brisure de riz, semoule, sable, eau…

-tirelire (boîte de lait avec couvercle ajourés pour y faire passer des couvercles de petits pots par ex)

-abaques

 

A tout âge

 

-bulles de savon

-couverture de survie

-plumes

-livres (petits, légers, en carton, simples, représentant le quotidien de l’enfant, des objets, des animaux…)

 

 

Les peluches peuvent être utilisées comme objets câlin. Certains aiment, d’autres pas. En termes d’activité et d’éveil, elles sont souvent inutiles et encombrantes.

 

 

« L’observation statistique a montré par ailleurs que dans un groupe d’enfant en activité libre de manière habituelle, les objets suscitant l’activité de plus longue durée sans que l’enfant en détourne son regard vers autre chose étaient : de 3 à 6 mois : les tissus colorés ; de 6 à 9 mois : les seaux, récipients et objets creux ; de 9 à 12 mois : les balles et les seaux. La plupart de ces jouets sont silencieux, alors qu’on croit communément que les bébés sont attirés par tout ce qui fait du bruit… attirés peut-être, mais souvent ils en ont un peu peur, surtout quand ils ne comprennent pas d’où vient le bruit. Les enfants ne les choisissent pas spontanément. Ce sont souvent les adultes qui les utilisent pour faire rire le bébé, un peu comme quand ils jouent à le chatouiller. En faisant cela, ils l’excitent parfois plus qu’ils ne lui font réellement plaisir. En revanche, les enfants aiment CREER des bruits : en frappant les objets sur le sol, sur des surfaces différentes, l’un contre l’autre, etc… »

 

 

4) l’accompagnement de l’adulte

 

 

« Ce n’est pas posséder des jeux qui importe, c’est les mettre entre nous qui les rend féconds »

 

 

Le premier jouet du nourrisson c’est son corps. Il va découvrir ses mains, ses pieds… et essayer, petit à petit, de se mouvoir…

Ensuite, ne lui mettez pas tous les jouets/objets à la fois. C’est grâce à l’observation de ce qu’il en fait et ses capacités que vous pourrez ajuster vos propositions et ajouter progressivement d’autres objets/jouets.

Les disposer autour de lui, sur le tapis, ni trop près, ni trop loin pour susciter son intérêt et favoriser sa réussite.

 

« De nombreux spécialistes estiment que le fait de choisir [un jouet] et l’effort réalisé pour [l’] atteindre favorisent le développement de ses capacités intellectuelles et de sa volonté »

 

Lorsqu’il se déplace, il est important de veiller à ce que les jeux soient remis en ordre. Le coffre à jouets n’est probablement pas un bon système, car les objets s’y trouvent en désordre. Une présentation cohérente et ordonnée permet à l’enfant de se construire des repères dans l’espace et de faire un choix volontaire en fonction de ce qu’il voit. Cela favorisera également, de façon inconsciente, sa capacité à ranger lorsqu’il sera plus grand.

Il est également important de proposer à l’enfant des moments de jeux ensemble par le biais de comptines par exemple. Chanter, discuter, danser, écouter de la musique…

 

« Jouer à deux, c’est prendre du bon temps ensemble autrement que par la parole, l’amour et la nutrition. »

 

 

Bibliographie

 

  • Anna Tardos, psychologue, « La sélection des jouets du point de vue pédagogique » conférence donnée devant les pédiatres de crèches et pouponnières en Hongrie (1965)

     

  • Chantal de Truchis, « L’éveil de votre enfant, le tout-petit au quotidien », Albin Michel,1996.

     

     

  • Pascal Deru, « Le jeu vous va si bien ! », éditions Le souffle d’or, 2006.

     

  • Catherine Dumonteil-Kremer, « Jouons ensemble…autrement », la plage éditeur, 2007.

     

     

  • Jean Epstein et Chloé Radiguet, « L’explorateur nu, plaisir du jeu, découverte du monde », éditions universitaires, 1997.

  •  

Ecrit réalisé dans le cadre de la crèche familiale où je travaille actuellement, à destination des assistantes maternelles dont je suis référente et que j'accompagne dans leur professionnalisation, à partir des supports cités en bibliographie en 2014. 

Publié dans Hélix

Partager cet article

Repost 0

Mieux communiquer avec vos enfants

Publié le par Toutes en une

Mieux communiquer avec vos enfants

 

 

Le 6 mai 2013, la ville d’Angoulême a proposé une conférence–débat animée par la psychothérapeute Barbara Williams, dans le cadre  du projet petite enfance de la ville : accompagner les parents dans l’exercice de leurs fonctions.

 

 

Barbara Williams est psychothérapeute et consultante pour enfants. Elle propose des séminaires, des programmes de formation et des ateliers de communication avec les enfants aux États-Unis et en Europe.

Depuis 1994, elle est membre de l’Institut pour l’Approche Centrée sur la Personne à Rome (Italie) dont elle co-dirige le programme de formation à la communication. Très influencée par le travail de Carl Rogers ainsi que par celui de Virginia Satir (pionnière de la thérapie familiale et formatrice reconnue) avec laquelle elle a également collaboré,  Barbara Williams développe d’emblée son travail en direction des enfants, portée par la question des « conditions nécessaires à la reconnaissance, au maintien et au développement des qualités centrées sur la personne chez les enfants ». Elle crée ainsi des ateliers novateurs et singuliers, les Kids’Workshop®.

 Barbara Williams a vécu et travaillé dans différents pays à travers le monde et son intérêt pour les diversités culturelles imprègne son travail.

 

 

Barbara Williams commence la conférence en disant que face aux enfants, elle n’est pas une figure d’autorité. Elle essaie d’être une facilitatrice, c’est-à-dire que son rôle consiste à aider l’enfant à mieux communiquer ce qu’il pense et ce qu’il ressent.

 

Communiquer, dès la naissance, une histoire de confiance…

 

Elle explique que si l’adulte répond aux pleurs du bébé, qu’il essai d’en comprendre le sens puis tente des réponses : porter, nourrir, bercer, câliner changer la couche… alors la confiance du bébé en l’adulte, en l’environnement et en lui-même peut naître.

Au contraire, si personne ne vient chercher le bébé qui pleure, si personne ne tente de le comprendre et de le réconforter, alors il pleure plus fort.  Si à nouveau personne ne vient, les pleurs cesseront au bout d’un temps mais à quel prix pour l’enfant ? La confiance en l’environnement et l’adulte ne pourra pas s’installer. Même la confiance qu’il aurait pu nourrir en lui-même ne sera pas confortée.

Or si l’enfant est en confiance, il peut communiquer, résoudre un problème, demander de l’aide…

 

Virginia SATIR, thérapeute de famille dont elle s’est grandement inspirée, dit une chose primordiale : pour que l’enfant ait confiance en lui, il est nécessaire de lui faire confiance.

 

Le plus beau cadeau à faire à l’enfant : lui permettre de développer de la confiance en lui.

 

 

Comment communiquer avec l’enfant ?

 

Se mettre au niveau de l’enfant

Se mettre au même niveau de regard est primordial pour communiquer avec lui. Si on est debout, à côté de lui, nous paraissons comme un géant et si en plus ce géant parle fort et se met en colère, imaginez l’effet que ça fait à un tout petit enfant.

 

Considérer l’enfant pour ce qu’il est et non pour ce qu’il fait

Carl ROGERS dit (et de cette idée elle s’inspire grandement également) qu’il est important de voir l’enfant comme un individu et non pour ce qu’il fait ou ne fait pas.

L’adulte dit : « Si tu as de bonnes notes, je serais content ».

L’enfant entend : «  Je t’aimerais si tu as de bonnes notes ».

C’est un message qui transparait dans notre manière de faire or si l’enfant sait qu’on l’aime pour lui, il aura la force de changer et s’il a une mauvaise note, il pourra alors se dire : «  ok je vais faire des efforts ».

 

Se rappeler de son enfance à soi

Se souvenir de ses propres réactions d’enfant est important pour comprendre l’enfant qui est devant  soi et de fait, mieux communiquer avec lui. On peut chercher, se souvenir de comment c’était à 2 ans de jouer, comment on se sentait quand on jouait avec de l’eau…. Souvent l’adulte a du mal à se rappeler comment un évènement simple a pu, lui aussi, l’affecter lorsqu’il était enfant.

 

Découvrir, comprendre et apprécier les autres cultures

Barbara Williams a créé des ateliers pour enfants, pour tous les enfants, pour les aider à communiquer, pour les aider à s’exprimer de manière claire. Savoir bien communiquer apporte de la confiance en soi.

Dans ces ateliers, elle encourage les enfants à apprécier les autres cultures, à les connaître, à les comprendre pour être plus heureux. Connaître d’autres cultures aide l’enfant à accepter la différence et la particularité de chacun et renforce de fait l’estime de soi et la confiance en soi. L’enfant sent alors qu’il a le droit d’être différent, de penser différemment sans que ce soit un problème. Il peut donc être lui-même, tel qu’il est, sans honte ou culpabilité. Il peut aussi accepter plus facilement que l’autre, enfant ou adulte, pense autrement. Elles proposent donc des activités créatives qui encouragent cette découverte des cultures et des différences.

Jouer

Le jeune enfant est très créatif. Il est important de favoriser cette créativité le plus longtemps possible en lui proposant des activités sur la musique, l’art, la nature… tout en s’amusant ! 

Les enfants aiment les adultes qui s’assoient au sol auprès d’eux et jouent avec eux.

 

Communiquer en parlant c’est bien mais avec les jeunes enfants, communiquer en jouant c’est encore mieux.

 

A ce moment-là de la conférence, Barbara Williams nous montre comment utiliser les marionnettes pour parler des émotions.

 

Un enfant timide ne parlera pas forcément de ce qu’il ressent mais pourra utiliser une marionnette car elle n’est pas lui et en même temps elle est comme une extension de son corps. Elle fait presque parti de lui. Elle est en même temps assez proche  et distante pour lui permettre d’exprimer ses émotions. Il peut alors être tantôt brave, tantôt trouillard, en colère ou bien heureux… par l’intermédiaire de la marionnette.

Deux enfants timides peuvent également se parler par marionnettes interposées et passer ainsi le cap de la timidité pour réussir, par la suite, à communiquer avec des mots. Les enfants très jeune voir plus vieux peuvent les utiliser pour communiquer car c’est facilitant.

Les docteurs, les psychologues, les hospitaliers… utilisent eux aussi les marionnettes  pour établir une relation de confiance avec l’enfant, lui expliquer ce qu’ils vont faire, parler des émotions que cela suscite, des sensations…

 

Barbara Williams « milite » en faveur des marionnettes, douces, plutôt que des films et de la télé !

 

Elle continue sa conférence en sortant son sac magique !

Si quelque chose ne fonctionne pas, les marionnettes par exemple, alors elle essai de faciliter la communication, entre elle et l’enfant, avec autre chose. Les jeunes enfants aiment jouer avec les petites figurines d’animaux, ils aiment créer des familles. Elle sort à ce moment-là de son sac magique, des figurines miniatures d’animaux de toutes races et de personnages de toutes couleurs, sexes et gabarits…

 

Elle rappelle l’importance de ne pas stéréotyper les jouets !

 

Il est primordial de laisser l’enfant exprimer son individualité et ses différences,  exprimer ce qu’il ressent avec ces petits jouets.

 

Barbara Williams sort à nouveau quelque chose de son sac magique : un Chaud doudou ! Lorsque l’enfant plonge sa main dans sa poche, il ressent comme une sensation de douceur, de chaleur, quelque chose de réconfortant, d’apaisant. Le Chaud doudou est donc doux et chaud, petit (assez pour tenir dans une poche de pantalon ou de gilet…) de formes ou encore de couleurs différentes. L’important est qu’il donne une sensation de douceur à l’enfant. Ainsi, si l’enfant est en difficulté pour à aller à l’école, chez le docteur,  à une activité de groupe… il a avec lui la force que lui procure le Chaud doudou, il n’est pas seul. Le Chaud doudou est le symbole du parent, qui est toujours là, avec l’enfant. L’enfant peut discrètement (puisqu’il est dans sa poche) le toucher, le sentir et de fait se réconforter.

 

Donner des choix  

S’occuper de l’enfant lorsqu’il est bébé est facile mais en grandissant ça peut devenir plus compliqué car l’enfant dit « non » fermement et bien souvent a tout. Aux alentours de 2 ans, l’enfant commence à découvrir qu’il est un individu, différent des autres autour de lui, de ses parents. Avant il utilisait les pleurs pour communiquer, maintenant il utilise le « non ».

 

Elle propose de donner un choix à l’enfant pour se sortir du « non ».

 

Par exemple :

L’adulte dit : « Tu vas mettre ta chemise rouge » 

L’enfant dit : « Non »

Donner le choix entre une chemise rouge, une jaune et bleue et l’enfant va finir par choisir une chemise ! Peu importe sa couleur finalement.  L’adulte doit être créatif et léger pour que l’enfant se sente entendu et respecté dans ces choix.

Autre exemple :

Au lieu de dire « tu viens, on va chez ta grand-mère ?» alors même que l’on se doute que l’enfant va répondre « non », dire «  tu veux jouer à celui qui court jusqu’à la voiture ? ». On a ainsi plus de chance à le faire monter dans la voiture sans qu’il ait à faire un choix désagréable pour lui ou à nous opposer un « non » catégorique.

 

Lorsque l’adulte force l’enfant à faire quelque chose qu’il ne veut pas faire comme par exemple : porter la chemise rouge, l’enfant reçoit le message que ce n’est pas bien d’être différent, d’avoir un avis différent de celui de son parent, que ce n’est pas bien d’être soi-même et de l’affirmer. 

L’enfant peut alors se battre pour ce qu’il veut et dire de plus en plus « non » et c’est tant mieux!

Mais il peut aussi penser qu’on ne va pas l’aimer s’il ne fait pas ce que l’adulte attend de lui. C’est pourquoi, certains se conforment à la volonté de l’adulte, deviennent sage et se forcent à faire des choses qu’ils ne veulent pas faire. A ce moment-là, si l’enfant n’a pas de bonnes notes, par exemple, il va se sentir très mal et il aura de moins en moins confiance en lui-même car il aura l’impression d’être aimé pour ce qu’il fait (les bonnes notes) mais pas pour ce qu’il est (lui et ses choix). Aux alentours de huit ans, cet enfant grandit et est plus ou moins heureux.

A l’adolescence, ce peut même être encore  plus dur pour lui. Ceux qui ont plus confiance en eux, se sentent bien eux même, tels qu’ils sont, ne se sentiront pas forcé d’être comme les autres. Ils suivront moins les comportements à risque : drogue, alcool … (pour faire comme les autres) que l’enfant qui a moins confiance en lui. Ils sauront faire un choix différent, pour eux même, par exemple dire non à un copain qui offre une cigarette.

 

Elle remarque que les enfants qui ont peu confiance en eux même peuvent avoir de bonnes notes aux exercices mais qu’ils sont en difficulté lorsqu’ il faut faire une dissertation car ils ont du mal à penser par eux même.

Barbara Williams, outre Carl Rogers et Virginia Satir dont elle a parlé auparavant, dit être très influencée par le peuple Navarro avec lequel elle a vécu et qu’elle revoit régulièrement.

 

Elle tient à nous faire partager un poème Navarro qui la guide au quotidien.

 

Le voici :

 

« Je suis un enfant du ciel,

Je suis un enfant de la terre,

Je suis un enfant de l’univers.

Il y a de la beauté au-dessus de moi,

Il y a de la beauté en moi,

Il y a de la beauté autour de moi.

Puis je marcher dans la beauté ? »

 

Ce poème dit que tout ce qui nous entoure est un frère ou une sœur, que tout ce qui nous entoure est vivant. Il est donc important de bien s’occuper de la nature. Tous les peuples font partie de nous. Le vœu le plus cher du peuple Navarro est que tout le monde soit en harmonie avec son environnement et que tout le monde marche dans la beauté.  « Au revoir » en Navarro se dit « Agona » (qu’on puisse marcher dans la beauté).

 

Dans la culture Navarro, dès la naissance, un enfant est à égalité avec un adulte. L’enfant a une grande sagesse et de fait le temps lui est laissé pour se développer à son propre rythme. Dans un cercle familial, il y a égalité de place entre les enfants et les adultes. Tous s’assoient au même niveau, les uns à côtés des autres, sur une même ligne.  Barbara Williams utilise d’ailleurs dans ses ateliers pour enfants des activités créatives qu’elle a découvertes et observées chez le peuple Navarro.

 

 

Les ateliers qu’elle propose aux enfants, à tous les enfants, sans distinction, sont fait pour les aider à exprimer clairement leur désirs et leurs ressentis, à communiquer, par le biais du jeu et des activités créatives. Elle s’adresse aussi aux parents. Il est important, de son point de vue,  que les parents fassent partis de l’expérience. Elle les reçoit d’ailleurs en premier pour leur « enseigner » à mieux communiquer avec leur enfant, dans le respect, la confiance et la liberté d’expression. Elle accueille ensuite les enfants, de 2/3 ans à 12 ans, par petit groupe de 12.

 

Dans les Kids’ Workshop, on parle peu, on joue beaucoup, on communique différemment.

 

Elle propose également des stages sur 4 jours pour devenir facilitateur d’atelier pour enfant. Elle en proposera un nouveau en octobre 2013, sur Angoulême. Des ateliers devraient se mettre en place d’ici septembre 2013 dans la région suite à la formation de plusieurs facilitateurs en mai 2013. link

 

Pour aller plus loin: http://pcaifrance.com/kids.html

 

 

 

 

Publié dans Hélix

Partager cet article

Repost 0

L'union fait la force 2, le collectif "pas de bébés à la consigne"

Publié le par Toutes en une


pas-de-bebe-a-la-consigne-greve-728f6.jpgLe collectif "pas de bébés à la consigne"  dont je vous ai déjà parlé ici : link et la : link ou encore la : link vous propose de prendre la parole lors d'un forum 

 

« pour développer des modes d’accueil de qualité de la petite enfance »

 

le 23 mars 2013 à Paris, de 9h à 17h, Salle Hénaff de la Bourse du Travail , 29 bld du Temple (M° République).

 

Parce que nous avons besoin de vous, parents, professionnels, sympathisants des jeunes enfants pour faire remonter au gouvernement la notion de qualité dans l'accueil des jeunes enfants, venez participer à ce Forum link, partagez lévènement autour de vous, suivez les actions/réflexion du collectif sur facebook link ...

 

Parce l'union fait la force, parce que plus nous serons à dire haut et fort que la QUALITE est primordiale dans la question des modes d'accueil des jeunes enfants, plus le gouvernement prendra en compte ce paramètre essentiel. L'ouverture du gouvernement actuel, première en la matière, est l'occasion de se faire entendre et de, peut être, enfin inverser le cour des choses!

 

La encore, le nombre fait la légitimité, la force. Plus nous serons derrière ce collectif, plus l'écoute du gouvernement sera importante. 

 

Le mouvement s'emplifie depuis sa création en 2009, il ne faut rien lâcher, bien au contraire, engageons nous maintenant, pour la petite enfance. 

 

pas_de_bebe_-_Carte_petition.jpg

 

"Ce forum se veut, compte tenu de l’importance des enjeux, un temps d’échanges entre 

professionnel-les et parents, citoyens et élus : 

-  sur notre appréciation concrète des propositions du gouvernement et de la CNAF qui seront 

connues d’ici là ; 

- sur nos propositions pour développer des modes d’accueil de qualité pour les jeunes enfants;

- sur les suites à donner pour porter nos exigences et propositions quant au développement de 

modes d’accueil de qualité des jeunes enfants. 

 

En octobre 2012 Madame Bertinotti, ministre à la famille, a en effet annoncé l’abrogation prochaine 

du décret Morano, que le collectif « Pas de bébés à la consigne » combattait depuis 2010, et son 

remplacement par un autre dispositif.

 

Puis, en novembre, une consultation de 400 parents intitulée « Au tour des parents » a été lancée dans quatre régions par la ministre, et des auditions de divers acteurs et organisations de la petite enfance ont été mises en place. Une restitution de cette consultation est annoncée pour le 16 février 2013.

 

En parallèle, a lieu la préparation d’une nouvelle Convention d’Objectifs et de Gestion (COG) entre la Caisse Nationale des Allocations Familiales (CNAF) et l’Etat, dans laquelle la politique d’accueil des jeunes enfants et les moyens que l’on y accorde occupent une place déterminante. La signature de cette COG entre l’Etat et la CNAF est prévue pour le premier semestre 2013. 

 

Le collectif « Pas de bébés à la consigne » avait soumis aux candidats à l’élection présidentielle ses

propositions pour une politique d’accueil de la petite enfance digne des enjeux de ce temps 

fondateur de l’enfance et de la jeunesse

 

Lors de la campagne, François Hollande a défendu une priorité forte en direction de la jeunesse et évoqué la perspective d’un service public de la petite enfance. 

 

Le collectif « Pas de bébés à la consigne », à chacune de ces étapes, a fait part de son analyse et 

de ses positions en portant à la connaissance de la ministre et de la CNAF les propositions 

élaborées depuis 2009

 

Le collectif a proposé que la consultation engagée par les pouvoirs publics prenne la forme d’un véritable Grenelle de l’accueil de la petite enfance, associant l’ensemble des acteurs, parents, professionnels, élus, institutions. 

 

Les enjeux d’accueil de la petite enfance justifient en effet d’aller au-delà du cadre de concertation

engagé par le gouvernement (consultation de 400 familles dans quelques régions, appel à 

contribution écrite des acteurs concernés). 

 

Dès maintenant, notez la date ! Soyons nombreuses et nombreux au forum du 23 mars ! " Le collectif

Publié dans Hélix

Partager cet article

Repost 0

1 2 3 4 > >>