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12 articles avec 5 semaines en terre chilienne

San Pedro de Atacama

Publié le par Toutes en une

Enfin San Pedro, te voilà! J'ai le coeur qui bat, boum boum... boum boum... Comment y croire, ça y est enfin, je suis là! 

San Pedro est un petit village, une oasis en plein désert, à 2400m d'altitude, au pied du volcan Licancabour, qui culmine lui à 5900m d'altitude! 

M et moi voulions camper mais le froid (-10°) nous en empêcha!  Ce fut alors un bungalow, à 1500 pesos par jour et par personne, qui nous abrita le temps de notre visite. 

Pour commencer, visite de la ville, de ses ruelles,  de ses maisons en terre battue, de sa blanche église (en terre battue elle aussi mais en plus peinte à la chaux), de sa place ombragée, de son marché... 

Le musée de San Pedro est un incontrournable! Un vrai coffre au trésor à taille humaine! Il abrite une magnifique collection sur la cutlure atacamena dont miss Chile (superbe momie de femme atacamena), des bijoux en or, des colliers de pierre et toutes les richesses végétales de la région. C'est là que j'ai découvert, pour la 1ère fois, le chanar link, le quinoa (sorte de riz pour le potage), l'algarrobo (genre de haricot), la rica rica (plante médicinale). 

Photos et dodo! Bah ouai, plus de 24 h de trajet... en car!

 

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Calama

Publié le par Toutes en une


Calama15Départ le 05 juillet à 10h30. Arrivée à Calama link le 06 juillet à 10h30. 

Nouvelle destination, nouveau car! Peu confortable le car! Mon dos, mes jambes, mes fesses ne sont jamais restés aussi longtemps coincés, sans bouger! Cependant les paysages.............. sont d'une rare beauté!

A droite, la cordillère des Andes, à gauche, la cordillère de la côte. Des cactus à perte de vue. Parfois, on apercevait la mer, d'un bleu comme on en voit peu, se fracasser sur la falaise, là juste sous nos pied! C'etait violent, limite angoissant et c'etait en même temps un spectacle hallucinant. Hallucinant dans le sens où je n'avais jamais vu ça, avant, et où j'avais du coup presque du mal à croire que j'étais dans la réalité, ici au Chili et non pas dans un rêve, la nuit. J'avais juste envie de descendre du car et faire une photographie! 

Puis le désert... ou l'absence de végétations! Quelques villages abandonnés, en ruine, des villages fantômes, vestiges d'une autre époque. Le soleil chauffe... fort, presque trop fort. Aucune protection, aucun abris, tout brûle, rien ne vie. 

Emotion saisisante que celle ci, se retourner et  constater qu'à cet endroit précis on passe, de la mer au désert, du bleu au jaune, de la vie foisonnante à l'absence.  Un endroit E où tout bascule, tout change.

De Calama, nous ne verrons que quelques ruelles visitées hâtivement en attendant le prochain car. Le prochain car, prochain départ pour la destination finale : San Pedro de Atacama!

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Temuco

Publié le par Toutes en une

Le 03 juillet

M, Ma et moi arrivons à Temuco (http://fr.wikipedia.org/wiki/Temuco). Il est 9h00. Nous sommes ici dans la région natale de Ma, pour passer la fin de semana. Ma, c'est la "nana" qui s'occupe des enfants et de la maison de C et G. D'après ce que l'on m'a dit : une pratique courante et aimante au Chili qui permet de sortir les jeunes filles de la misère en leur offrant un travail, un toît, un salaire et souvent une vie de famille sereine. Beaucoup de jeunes filles montent ainsi travailler à Santiago et ne reviennent, chez elle, qu'une à deux fois par an, chargées de cadeaux, de nourriture... Leur retour dans une famille souvent usée par l'alcool et la violence n'est pas des plus facile. 

 

De notre petit tour dans Temuco je retiendrais deux souvenirs.

Toute d'abord l'image de la feria pinta, un marché traditionnel extrêmement coloré, où les indiens Mapuche vendent légumes, poulets, laine de lama, carioles... Tombées en amour pour l'artisanat local, nous sommes repartis les bras chargés de pull en laine de lama, d'ocarina, de baton de pluie... 

 

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Puis l'anecdote du chocolat chaud! Boire un chocolat chaud au petit déjeuner n'est pas habituel au Chili. De fait au moment de passer commande, lorsque  M et Ma demandèrent du café, ce fut ok, mais quand moi je demandai un chocolat, le visage du serveur se crispa!

"Qu'est ce que c'est que ça?"

"Ce n'est pas grave, je vais prendre autre chose" lui dis je un peu gênée.

Moi qui croyais naïvement qu'on buvait du chocolat chaud tout autour de la Terre! Mais c'était sans compter sur l'hospitalité et le goût de faire plaisir, de bien accueillir des chiliens! Le serveur se mit alors à courir, de droite à gauche, d'une boutique à une autre, pour revenir quelques minutes plus tard. Il avait mis à contribution différents commerçants pour me confectionner ce que je lui avais demandé : un chocolat chaud! Du Van Houten dans le fond de la tasse, du lait chaud et du sucre à côté, et hop à moi de jouer, de composer... à mon goût ce fameux p'tit déjeuner dont je me souviendrais pour l'éternité! Excellent!

 

Il est 13h00, nous prenons le car pour Theodoro Smith, où vit la famille de Ma. Ses soeurs nous attendent à l'arrêt de car puis nous accompagnent jusqu'à la maison où nous fîmes connaissance des parents. La maison, composée d'une petite cuisine et de trois petites chambres, abrite une famille de 8 personnes. Les toilettes n'ont pas de chasse d'eau. Il n'y a pas de douche. Seul un robinet d'eau froide, abrité dans une cabane en bois, fermée d'un bout de laine entortillé à un clou, permet de se laver. 

 

Au repas, la casuela! Un plat traditionnel, un peu comme notre poule au pot. Ce sont des morceaux de poulets dans un bouillon de légumes. Le poulet doit être mangé en premier avant de boire tout le bouillon. C'est particulier et j'avoue que le bouilon a eu du mal a passer! Mais quand on sait avec quel plaisir et quel sacrifice ce bouillon nous a été offert, le goût n'a finalement que peu d'importance!

 

La maman de Ma veut nous faire visiter. Elle paie un taxi qui nous emmène, tout là haut sur la colline qui domine un fleuve abondant et reluisant. Les paysages verdoyants me rappellent ceux du Morvan. Le soleil se couche sur cet après midi quasi magique.

 

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M et moi dormons dans une des chambres de la maison, le reste de la famille s'étant agglutiné dans les deux autres! Je suis gênée. Leur quotidien est déjà si compliqué, ma visite n'arrange rien. Je suis entre reconnaissance, éblouissement et malaise. Un drôle de sentiment que je n'avais jamais ressenti auparavant. 

M et moi passons une soirée philosophique, à discuter, se questionner... comme à notre habitude. Une fois apaisées, le sommeil nous a vite rattrapé!

 

Le lendemain, d'autres paysages verts, bleus et lumineux s'offriront à nous. C'est un vrai bonheur de s'y promener, de les photographier. 

Pourtant, c'est l'heure de se quitter, l'heure de rentrer vers Santiago, le temps d'une halte, d'une pause déjeuner avant de repartir cette fois, de l'autre côté, tout là haut! Direction Calama!

 


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1ers pas au jardin infantil

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Le 02 juillet

Aujourd'hui c'est le dernier jour de M au jardin infantil. L'équipe est triste de son départ. M y travaille depuis un an maintenant.

Le jardin infantil est gratuit. Il accueille les enfants des familles les plus pauvres de la poblacion.

Je passe la journée avec les petits.  Dans ce groupe, il y a trois tias. Deux sont auxiliaires et une est éducatrice. Elles me font directement participer à la vie des enfants et je suis très vite amenée à faire des soins.

Pour nettoyer les fesses des enfants, il n'y a ni savon, ni gant. Uniquement de l'eau froide et nos mains. Un papier essui tout pour sécher et le tour est joué. 

La salle donne sur un patio où les enfants peuvent sortir pour jouer, danser, chanter, manger... 

Lors de la sieste, les matelas sont posés sur une couverture, préalablement mise au sol, les uns contre les autres. Les vêtements des enfants sont posés au pied de chaque lit et les chaussures, au mieux rangées en rond, au pire, jetées dans la pièce. Une fois les enfants couchés sur leur matelas, des couvertures sont posées sur eux, enveloppant  2 ou 3 enfants en même temps. Il fait froid dehors et dedans. Il n'y a pas de chauffage dans la salle. Seul l'entassement des couvertures sur les enfants les protège du froid ambiant.

Chaque tia dispose de 30 min pour manger.

Les enfants qui dorment longtemps sont réveillés. 

Pour la once, j'aide un petit garçon à boire son lait à la petite cuillère. Il se laisse faire. 

L'éducatrice m'explique qu'ici, il n'y a pas de pédagogie spécifique mais un mélange "des genres"! Les éducatrices ont un bac technique, les auxiliaires un peu moins. 

La journée au jardin infantil se termine avec la despedida, la fête d'adieu à M. Tous les enfants sont là. Toutes les tias aussi. Quelques mots doux pour M, quelques cadeaux, autour de boissons et de gâteaux, pour lui témoigner leur reconnaissance et la remercier pour le travail effectué avec joie et sincérité. 

De retour chez Al et Cé, juste le temps de prendre mon sac à dos, puis direction TEMUCO!

 

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Accueillir?

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Le 30 juin

Découverte du Hogar "Dios..." Rencontre aves les tias et les tios. Desayuno. Les personnes handicapées qui fréquentent le centre arrivent au fur et à mesure. Certains ensemble. D'autres, seuls. M me les présente. Je l'aide à leur servir le petit déjeuner et je participe ensuite aux activités de la journée. 

Une activité "peinture" leur est proposée. Pendant que les acueillants décalquent et découpent des papillons, les accueillis peignent de grandes feuilles de papier destinées à recevoir les papillons par la suite. Je ne suis pas à l'aise. J'ai en face de moi des adultes. L'activité proposée me semble "enfantine". C'est la première fois que je suis en contatc avec des personnes handicapées. Toutes ces personnes sont différentes. Leurs handicaps sont différents. Leur sociabilité est différente. Je suis déconcertée. Une, en particulier, crie beaucoup et fort. Cependant, ils sont charmants, sympatiques et s'organisent et vivent au Hogar de façon si naturelle et participative! Je suis impressionnée comme si, finalement, c'était moi l'handicapée! Petit à petit, en parlant avec eux, en les aidant parfois, en riant aussi... je me sens de moins en moins loin... d'eux. Je m'attache même! J'apprends beaucoup de cette journée, sur le handicap mais aussi sur moi et sur ma capacité à... être en empathie, accompagner autrui. 

Pendant la sieste (comme pour les petits), le personnel du Hogar prend son repas, avec moi ce jour là, ou pas. J'étais là physiquement seulement. La discussion était vive et rapide. Je ne comprenais pas, je ne comprenais rien, eux ne me regardaient pas, ne s'adressaient pas à moi. Je n'étais pas là finalement. J'étais même invisible. Quelle violence passive envers moi. Je me suis réfugiée dans mes pensées. Je suis partie vers Hector, vers mon pays jusqu'à ce que M me reprenne, me dise que je suis en tord, que c'est à moi de parler, de les solliciter, à moi de m'intégrer. Mais comment s'intégrer lorsque l'on est pas accueilli? Cette question je me la suis posée là bas la 1ère fois (et avec le recul, je les en remercie) et depuis je n'ai cessé de me la poser. Au Chili comme en France, dans ma vie privée comme dans ma vie professionnelle, l'accueil est le coeur de ma relation à l'autre. Ouvrir les bras, tendre la main, faire une place, écouter, recevoir, donner, ne pas attendre de l'autre mais faire le 1er pas, ouvrir la voie, solliciter, soutenir ... telle est aujourd'hui, de part mon expérience, ma façon d'acompagner. 

D'autres activités... d'autres échanges... et la journée se termine. Chacun rentre chez soi, heureux d'avoir partagé ensemble.

Avant de rentrer, M tient à me présenter une famille dans laquelle elle a séjournée 4 mois cette année. Autre jour, autre famille, autre poblacion et pourtant un accueil comparable aux précédents, celui des familles chiliennes. Leur richesse financière est pauvre mais leur coeur est grand. 

Le soir est l'occasion de découvrir un peu plus MA famille chilienne. Lorsque je rentre El est toujours là. Prête à discuter avec moi! Tout comme Mag, petite fille curieuse de tout savoir sur cette française, un peu bizarre! Quand je suis avec eux, le cafard part. Je me sens protégée. Légitime. Le contraste est saisissant entre l'extérieur et le dedans. 

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Ma famille chilienne

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Le 29 juin

La matinée se déroule simplement. J'admire les livres de C, ses créations photographiques, quel artiste! G s'installe auprès de moi et je sens sa douceur et sa bonté m'entourer. Je craque. Ses bras et sa douce voix me réchauffe le coeur. Elle est là pour moi, elle que je ne connais pas. A ce moment là, ma famille me manque terriblement et G le comprend. Me comprend. Elle admire mon courage d'être parti aussi loin, sans les miens. Elle, ne pourrait le faire, dit elle. Aujourd'hui est un grand jour dans mon avenutre chilienne, elle le prescend et fait au mieux pour m'accompagner à vivre ce moment, attendu et redouté en même temps. Aujourd'hui, je quitte la maison de C et G, pour une autre maison, une autre famille. Quitter la "maison du coeur" est quelque peu angoissant. Je m'interroge sur l'autre famille. Aussi douce? Aussi gentille? G trouve les mots. Les mots qu'il faut. Elle est incroyable, cette femme! L'anxiété s'est envolée. Je me sens légère et pour la première fois légitime et heureuse d'être là. Comment cette femme, que je ne connaissais pas, a pu et su lire en moi, m'accompagner et me guider, m'aimer comme ça et me permettre ainsi d'être moi, libérée? Je ne sais pas. C'est comme si, là bas, ils avaient ce truc là! Car ce que je ne savais encore à ce moment là, mais que je peux dire et écire de suite aujourd'hui, c'est que ma famille du Chili l'a aussi ce truc là! Un amour inconditionnel pour l'Autre, pour l'être humain, la personne, une confiance en l'Homme. 

Al est dans le jardin commun. Il parle avec C. J'avance, confiante mais encore émue et les yeux rougis. Il me sert dans ses bras, d'une force paternelle, d'un amour que je sens déjà posé sur moi. Il me souhaite la bienvenue, me dit combien il  était impatient de me voir et comme il s'excuse de n'avoir pu m'accueillir dès mon arrivée. Il me dit qu'il m'aime déjà et qu'il est content d'avoir un autre enfant à la maison. A lui, il en a déjà 4! Je suis portée par ses paroles. Touchée en plein coeur. Je sais maintenant que je suis bien, ici, au Chili. Je ne suis plus seule. 

Au moment du repas, je fais connaissance avec le reste de la famille. Ale, Mart, Mag et Dan, les 4 enfants. Cé la maman. Eli, qui confectionne de bons repas et s'occupe tendrement de la maison et des enfants. C'est le moment pour moi de leur offrir quelques présents. Du 100% terroir: fleurs de sel de Guérande, confiture de vin rouge de Bourgogne, herbes de Provence... pour eux qui aiment tant la France! S'ensuit un échange fort intéressant sur nos vies, nos familles, nos goûts et nos envies...

L'après midi, M et moi, somme invités chez la tia Hil. Elle travaille auprès de personnes handicapées. C'est une collègue de M. Pour y aller, de nouveau la micro! Nous traversons une autre partie de Santiago, une autre poblacion. Il fait presque nuit, je ne suis pas rassurée. Hil nous accueille, elle aussi, de façon incroyable! Sa famille est là, au complet, pour nous rencontrer, parler, discuter... Quand je pense que mes neveux ne descendent même pas d'eux même, pour venir embrasser leur tata, et qu'il faut les appeler voir les "menacer" pour voir apparaître le bout de leur nez, décolé du pc! Sa maison est petite mais charmante. Nous prenons la once (le goûter français sauf pour les plus démunis pour qui c'est aussi le diner n'ayant rien d'autre à proposer vers 21h, heure du dernier repas). Je suis un peu plus à l'aise avec l'espagnol. Ma conversation devient plus fluide et l'échange plus riche. Il est tard, la nuit est totalement tombée sur Santiago.

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Découvrir

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Le 28 juin

Réveil, 7h00. Tout le monde dort encore. Je patiente dans mon lit, en pensant à lui, mon Hector.

El desayuno (le petit déjeuné), la duche (la douche) et enfin la micro (le bus)! M monte la première et dit "Dos, por favor. Gracias." 4 mots et c'est déjà trop! Vais je les retenir? Bientôt je serais seule, sans M, et je devrais les dire, seule, ces 4 mots!

Nous traversons la poblacion (quartier pauvre) et M me demande de ne pas parler français, pour être plus discret! M parle au conducteur et la micro stoppe! Au milieu de la rue, comme ça, ils s'étaient entendus! Les compagnies de micro sont privées. La compétitivité est rude. Les conducteurs étant payés au billet vendu, ils s'arrêtent où ils veulent et roulent incroyablement vite. Parfois ils baissent le prix de 200 à 100 pesos et ne donnent pas de ticket. Tout un monde!

032-SANTIAGO-Gare.jpg Le métro de Santiago est organisé et propre, c'est un fait! 220 pesos le ticket, à peu près, car le tarif varie en fonction de l'heure. La machine engloutit celui-ci, sous les yeux d'un vigile dont la présence oblige le paiement et interdit aux sans abris et aux vendeurs ambulants... de s'y installer. Trois lignes se partagent la ville.

Arrivée chez R et J pour el almuerzo (le déjeuné). J me présente sa famille, me fait visiter sa maison.

Je découvre et déguste pour la 1ère fois (mais pas la dernière!) le pisco sour, boisson nationale du Chili, si j'ai bien compris! C'est par ici : link C'est bon mais c'est chaud, ça donne chaud, très chaud! Le repas est gargantuesque et délicieux. Je suis extrêmement embarassée de cette abondance. Je sais qu'un tel repas offert aujourd'hui ne leur permettra, sans doute, pas de manger décemment jusqu'à la fin de la semaine. S'en suit une après midi très chaleureuse à regarder les vieilles photos de famille, à écouter l'hisoire de leur vie, de la constrcution de leur maison... Un jour, un homme leur envoya un chèque, d'un montant important, assez important pour qu'ils puissent remplacer les murs en taule par des murs en dur! Chaque jour que Dieu fait, R et J prient et remercient, cet homme, Dieu et la vie.

Je suis déroutée.

Préparation du voyage au nord du Chili avec M. Retrait d'argent, achat du billet... autant de formalités qui dans un pays étranger peuvent s'évérer assez compliquées. 12000 pesos le billet de car, environ 150 francs. M m'offre 1000 pesos pour mon arrivée. Je suis profondément touchée. Merci M.

 

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Rencontrer

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A mon réveil, M est de retour. Je l'accompagne dans sa communauté pour vivre un temps de partage, de chant, de réflexion et d'Adieu. D'adieu à M car pour elle, le Chili, c'est fini. Une année entière à s'y consacrer est passée. Elle rentre en France.

Avant tout je veux téléphoner à Hector. Je suis obssédée par cette idée. Je suis en manque de lui, comme une droguée. Ma dose s'il vous plaît? M ne comprend pas. Peut être ne sait elle pas encore ce que c'est, que d'aimer, de tout son coeur, de tout son corps, depuis le 1er jour et pour toujours. Pas de liaision, pas de conversation. Au secours!

Nous arrivons à la Fondation. La réunion est commencée. Je m'assieds, écoute et me tais. Je ne comprends rien et pars dans mes pensées, entre la France et le Chili, entre mon amour et mes nouveaux/futurs amis, entre mon et ce pays.

M me présente enfin. Je souris. Peu de temps car je dois me présenter, expliquer les raisons de ma présence, ici, au Chili. Chaud, j'ai très chaud. Je sens mes joues rougir, ma voix vaciller, mes jambes m'abandonner jusqu'au moment où M me dit : "en français, je traduirais". Soulagement. Je me reprends, souris et explique finalement sereinement les raisons de ma présence ici.

Ce que j'explique? Que depuis longtemps, je ressens le besoin de partir, de rencontrer l'autre, de venir en aide, de me sentir utile sur cette Terre. Oui mais comment? Jusque là je ne savais pas. Jusqu'au jour où j'ai vu M revenir du Chili, les yeux brillants, la mine réjouie. A ce moment là,  je me suis dit, moi aussi je pars pour le Chili.

Après cela, nous avons partagé le repas.

De retour, je téléphone. Cette fois, c'est la bonne! Hector est là, enfin sa voix. Mais que lui dire? Je ne sais pas. Je vais mal pour le moment, il me manque tellement. Lui aussi est déconcerté, bouche bée. Je raccroche. Je pleure. M ne comprend toujours pas. "Il te manque déjà?". Non vraiment elle ne sait pas combien il est moi et je suis lui, combien ensemble on grandit, on s'épaule et on vit. Combien notre amour est notre force, notre équilibre, notre bonheur de vivre.

M m'emmène visiter ma future maison. Seul, Ma est là, le fils de Al et Cè. Il me fait visiter. Je lui offre des stylos à l'effigie de l'équipe de France de football. C'est un fan. Il apprécie.

Repas chez C et G.

Une amie est là, la T. Une chanteuse. J'écoute sa musique, douce et sécurisante... Emotion. Je partage quelques mots avec elle, ceux me restant du collège.

La journée se termine, bien au chaud, au lit, à discuter avec M jusque tard, très tard dans la nuit.

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Arriver

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Le 27 juin

Il est 8h00 du matin. Santiago du Chili.

L'aéroport est derrière moi. Devant, mon amie, M et deux de ses amis du Chili.

Tous m'embrassent, me serrent, me sourient, me saisissent par la main et m'entrainnent au loin. J'ai envie de reculer, de les stopper, de leur dire "mais qui êtes vous? On seconnaît? ". Une telle étreinte d'amitié, je n'avais jamais expérimenté! Ici, en France, on se sert la main, on se salut... de loin, au mieux quelques bises.  Je restais là, inerte, à subir ces embrassades chaleureuses et envahissantes sans pouvoir en dire, à ce moment là, quoi que ce soit. Un tel corps à corps avec des inconnus, là comme ça das la rue, sans même avoir encore prononcé un mot me laissait... je ne trouve toujours pas les mots.

M utilisait tantôt l'espagnol, tantôt le français. Ses amis, l'espagnol. Je ne comprenais rien. J'étais comme ailleurs, encore en vol, encore au dessus de la Terre, au dessus de mon corps, dans les airs.

La voiture démarre et fonce à travers la ville, passe devant le rio Mapocho, traverse mille et une rues, stoppe net devant les grands monuments, les grandes places. La ville est sombre. Polluée. Me semble t il alors. Tout va vite. Tout file, jusqu'à la montagne. Là, la route se resserre, sinueuse, elle grimpe. L'air se purifie. On reprend de l'altitude. De tout en haut: Santiago, immense et majestueuse. Merveilleusement belle! Drôle d'impression que ma petitesse face à la capitale chilienne.

A ce moment là (seulement), un frisson me transperce. J'ai froid. Je viens de France, de l'été mais ici je suis au Chili. C'est l'hiver et il ne fait que quelques degrés.

La voiture redémarre. Rencontre avec C et G, la famille d'accueil de M au Chili. Ils ont trois filles, C, M et P. Que je suis mal! Leur maison est belle. Leurs filles sont belles. Ils sont beaux. Et de nouveau, ils me collent, m'enlacent, m'embrassent et m'accueillent comme une fille. Leur fille. Je ne suis qu'une étrangère mais je peux sentir en eux l'amour qu'ils me portent déjà, juste parce qu'ils ont foi en l'Homme, en l'Humanité. Juste parce qu'ils font confiance en premier, là où nous français, nous aurions douté, observé, analysé, testé... Je suis boulversée.

Malgré cela ma famille me manque. Je pense à eux, à les appeler. Je me suis coupée du reste du monde, je suis dans mes pensées. M m'annonce qu'elle doit partir pour la matinée, que ma famille d'accueil est en congé pour trois jours et que je vais rester, ici, avec elle, chez C et G, ces trois jours là.

Je suis partie de France depuis plus de 24h, je suis sale et fatiguée. Je vais me doucher puis me reposer.

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Voyager

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Le 26 juin.

Il est 11h, c'est l'heure.

J'embrasse mes parents et les serre fort. Je les sens angoissés. Je le suis aussi. La séparation est difficile, pour eux et pour moi, comme s'ils allaient perdre leur fille, comme si j'allais me perdre moi! Je ne savais pas, alors, que j'allais non pas me perdre mais me trouver et m'enrichir de cette rencontre avec l'altérité.

C'est Hector, mon homme, mon amant, qui me conduit à l'aéroport! Il n'en a pas envie. Le silence nous envahit. Ma gorge se serre, mon estomac se noue et des larmes naissent puis glissent de mes yeux, sur mes joues, jusqu'à mon cou. Je n'ose pas me tourner, le regarder mais je peux deviner que ses joues sont également en train de ruisseler.

Une heure passe. Nous sommes déjà arrivés. Trois heures d'attente devant nous avant l'embarquement! Trois longues heures à ne presque pas parler, à se toucher, à s'enlacer, se respirer pour emmagasiner de l'autre tant qu'on le peut et pouvoir supporter ensuite le manque de... Trois longues heures d'interrogations : Pourquoi ce besoin de partir? Pourquoi s'éloigner d'eux? Pourquoi est ce à la fois vital et douloureux?

Hector est fort! Il semble fort mais l'est il réellement intérieurement? Je pleure.

C'est l'heure! Dernier baiser, dernier toucher. Je pleure. Il pleure. Je souffre du choix que j'ai fait de partir. Il souffre du choix qu'il a fait de ne pas me retenir, de me laisser aller vers ma liberté, me construire, me découvrir. Je l'admire pour ça. Je l'aime. Il s'en va.

La file avance. Commence alors mon errance, les yeux mouillés, le coeur brisé, je ne vois rien, je n'entends rien, je suis loin... déjà et en même temps encore là, à l'intérieur de moi, à l'intérieur de ce coeur qui pleure. Tel un zombi, mon passeport je sors, la barrière je passe, les marches je monte pour enfin m'asseoir, là, juste à côté de la porte...d'embarquement. Mon corps se détend doucement jusqu'au moment où arrivent les hôtesses. De nouveau mon coeur s'emballe mais pour une tout autre raison que ma pation pour Hector, je n'ai encore, jamais pris l'avion! Je passe un pied puis l'autre, ça y est c'est fait, je suis montée. Que c'est grand! Très grand! Je cherche ma direction, mon numéro, ma place. Situation pour certains cocace mais pour moi angoissante, paniquante... J'ai chaud, très chaud, aussi chaud que cet avion est grand. Je regarde à droite, à gauche, devant, derrière, des sièges, des allées, des coffres, encore des sièges et des hôtesses, des wc... La tête me tourne et je m'écroule enfin, au bon endroit, pour moi, le mien durant ce trajet là car je le sais d'ici quelques heures, ça recommencera. Un avion, ça ne suffit pas pour un voyage comme ça n'est ce pas? Un deuxième m'attend déjà. Je ferais d'abord  France/USA puis USA/Chili. 

Une secousse. L'avion roule et l'hôtesse déroule les procédures d'urgence et de sécurité. De quoi me rassurer? C'est râté! L'avion roule de plus en plus vite. Attention! Décollage....................

Waouuuuuuuuuuuuuuuu! Génial! Tant de peur et pourtant quel bonheur! Quelle sensation ennivrante que le décollage, ça me plaît. Le sourire réapparaît.

Je monte en l'air mais mon regard s'accroche à la Terre. Je t'ai quitté mais tu es là, toute petite, sous moi mais je te vois.

L'émotion et l'excitation du 1er vol passées enfin atténuées, revint l'anxiété! Je pleure.

Par chance, mon voisin de vol est chilien. Il me contera alors son histoire, son départ du Chili vers la France, comment il y a créé une école artistique, non loin de chez moi, tout prêt même, là où habite mon amie de faculté. Le temps passe...bien.

L'arrivée sur New York est saisissante. Il fait nuit. Je ne vois que des lumières, à perte de vue. C'est magique, c'est féérique.

L'avion débute son atterissage. Le nez pique. Mon corps est attiré vers l'avant et je sens la ceinture de sécurité retenir tout ce poids qui se laisse litéralement tomber. 10 mètre du sol. Roues posées. Ouf!!! Freinage, ça y est, c'est terminé!

Me voilà, ici, aux Etats Unis, à mi chemin entre la France et le Chili, pour 4 heures d'escale. Mon voisin de vol et moi même décidons de profiter de ce temps pour continuer à parler, à échanger nos sentiments après être passé par la case wc, toilette de chat, et petits achats. 

Nouvel embarquement. Cette fois je suis toute excitée de revivre les sensations d'un décollage et d'un atterissage en avion. Mon voison de vol n'est plus mon voisin de vol. Je le vois, là bas, de l'autre côté, à quelques rangées de moi. Adieux et merci l'ami de ta gentillesse et de ta compagnie, de la poésie de ta vie.

A mes côtés cette fois, une jeune fille, chilienne. Elle parle espagnol. Je parle français. La rencontre ne se fait pas. Nous n'échangerons pas. Je suis mal à l'aise. Mon ventre bulle et le sommeil ne vient pas. "Santiago, 15 min". Atterrissage et pour terminer cette épopée : bagages, douanes et autres formalités.

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