Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Les pleurs du tout petit : sortir du silence.

Publié le par Toutes en une

 Les pleurs du tout petit : sortir du silence.

J'ai eu la chance de participer au colloque Zo & Ki sur les émotions il y a quelques jours. Pour une première avec cet organisme de formation, je suis ravie. L'intervention d'Eric Binet sur les pleurs a retenue toute mon attention et j'avais très envie d'en partager mon ressenti et ma compréhension, avec vous, par ici.

Bonne lecture et au plaisir d'échnager avec vous sur le sujet.

Colloque Zo & Ki

« Les pleurs du tout petit : sortir du silence »

Éric Binet

L’objectif de cette conférence est de donner des pistes de réflexion et non de culpabiliser les familles et les professionnels.

Éric Binet fait le constat que ce qui domine dans notre compréhension des pleurs sont les connaissances subjectives liées à notre éducation, expérience… En effet, il y a très peu de formation sur les pleurs (pas de cours spécifique sur les pleurs dans la formation d’EJE ni dans la formation de PSY…). Il y a peu, il était encore le seul psychologue, au niveau national, à proposer une formation spécifique sur les pleurs du tout petit.

Il pose la question suivante : Comment intervenir de manière à ce que le petit, les parents et les professionnels soient heureux ?

Pour lui, au-delà des besoins fondamentaux (manger, boire, dormir, être en relation), il est nécessaire pour le tout petit de :

  • Se sentir aimer (s’aimer soi-même et aimer les autres)

  • Développer son authenticité (goûts, qualités, besoins… ce qui le rend heureux)

  • Développer son sentiment de responsabilité (par rapport à soi-même et par rapport aux autres).

Notre réaction aux pleurs du tout petit envoie des signaux sur ces 3 domaines. Il se limite donc dans cette conférence à parler des pleurs « inexpliqués » et non de ceux qui sont à l’origine des besoins fondamentaux comme la faim, le sommeil…. Il pose également d’entrée la différence entre les protestations (pas de larmes et pas d’augmentation du rythme cardiaque, pas de stress…), les pleurs et la colère (émotion).

Petit tour dans l’histoire 

On y trouve beaucoup de représentations négatives des pleurs mais pas que…

1941 dans le « Manuel de puériculture » : « cris (…) l’expression d’un caprice »

Anne Vincent-Buffault dans « Histoire des larmes » explique que jusqu’au 17ème siècle les larmes étaient valorisées. Elle constate qu’au 18ème il existe encore un attachement aux larmes et que c’est avec Rousseau, dans « Julie ou la nouvelle Héloïse » en 1761 et « Emile ou de l’éducation » en 1762 que la perception des pleurs change. Il dit des larmes : « langue naturelle à l’origine du langage ». Aujourd’hui, les linguistes s’accordent à dire que les pleurs ne sont pas un langage. Le langage étant volontaire et les pleurs ne l’étant pas. Rousseau a eu sur ce point une mauvaise intuition d’après Éric Binet.

1789 avec la révolution française, pleurer est devenu idéologique. Les personnes qui pleuraient le roi après sa mort étaient arrêtées.  C’est le début de l’aire de la maîtrise de soi. Renforcée par la chrétienté ensuite où les pleurs renvoient au sacrifice. Il convient de se montrer sensible mais sans démonstration d’où l’expression : « garder l’œil sec ».

1821 dans le « Dictionnaire des gens du monde » les pleurs sont définis comme une « eau trop souvent mal employée » ou encore comme une « ressource pour les femmes pour cacher leur infidélité ». La distribution des rôles masculin et féminin se renforce. Il est très mal vu pour un homme de pleurer.

Le point de vue médical de l’époque avec Charcot n’arrange rien. Il dit des pleurs : « cure de sanglot (…) 4ème période de la grande attaque hystérique ».

1872 Darwin distingue les civilisés des barbares en ce sens que les civilisés eux ne pleurent pas.

Il y a 100 000 générations vivaient nos plus proches parents. A cette époque, il y avait des prédateurs, pas de murs, l’espérance de vie était courte. Le bébé humain naissant totalement dépendant, sans pouvoir se mouvoir pour rejoindre ses parents en cas  de danger. Les pleurs sont certainement arrivés à ce moment-là. Les pleurs mettaient le groupe en danger (les prédateurs pouvant alors facilement le repérer). Le bébé était de fait toujours porté, pour assurer sa sécurité et celle du groupe. Les études montrent que ceux qui ont survécus sont ceux qui ont pleuré. Les pleurs avaient donc une fonction vitale.

Inconsciemment aujourd’hui, nous gardons encore des traces de ces peurs ancestrales vis-à-vis des pleurs du tout petit, synonymes de danger. D’où cette tendance des adultes  à vouloir stopper les pleurs.

Pourquoi les bébés pleurent ?

Les pleurs ne sont pas volontaires. Ils proviennent de la partie du cerveau qu’on ne maîtrise pas. Des bébés naissent sans néocortex et pleurent. Anatomiquement les pleurs ne peuvent pas être des caprices. Personne n’est en capacité de pleurer volontairement en moins de 10s.

1) Pour faciliter l'attachement

Les pleurs sont l’élixir de l’attachement. S’il y a une réponse aux pleurs du bébé, il nourrit :

  • plus de confiance en lui et dans le monde qui l’entoure

  • le sentiment d’être important

  • le sentiment d’être aimé

  • le sentiment d’être accepté de façon inconditionnelle

Les pleurs amènent un contact physique qui permet la libération d’ocytocine qui permet un attachement sécure.

 « Les pleurs sont l’acte de triomphe du tout petit pour intégrer dans sa psyché et dans son corps des situations stressantes. C’est l’expression de son système d’attachement » P. Janet                                                           

2) Pour gérer le stress

Chez l’être humain, il existe un cycle stress/détente. Les stimulations activent le cerveau et le stress s’y accumule entrainant la libération de cortisol. A trop haute dose, le cortisol intoxique le cerveau et détruit ses capacités.

Pour gérer le stress, les adultes, ont recours à :

  • activités physiques

  • pleurs / rire

  • langage

  • jeux symboliques.

Entre 0 et 1 an, de quoi dispose le bébé pour gérer le stress ? Uniquement des pleurs ! Les pleurs sont une soupape de sécurité pour gérer le trop plein de stress.

Un neurobiologiste a étudié la composition des larmes. Celle-ci varie en fonction de la situation à l’origine des larmes. Dans les larmes, on retrouve :

  • de l’eau

  • des hormones

  • des molécules responsables du stress

  • des protéines.

Pleurer comme uriner, c’est le moyen que le corps a trouvé pour se libérer des toxines.

Les pleurs du soir sont liés à une immaturité cérébrale. Si on n’a pas de filtre qui empêche d’être attentif à tous les stimuli auxquels on est soumis, on devient fou. Il faut du temps au nouveau-né pour créer ce filtre. Le bébé, tant que son filtre n’est pas opérationnel, aura besoin de pleurer le soir pour décharger tout le stress accumulé pendant la journée. Dans certaines peuplades, le bébé reste tout le temps avec sa mère (il est porté) les trois 1ers mois, le temps que cette enveloppe soit constituée.

Le fœtus pleure in utero dès la 28ème semaine ce qui indique l’importance de cette fonction.

Facteurs à l’origine du stress ?

  • la période prénatale

Les problèmes médicaux, familiaux, professionnels, les deuils, les transports fatigants, la recherche de maternité, la surmédicalisation… Le bébé in utéro reçoit déjà une petite dose du stress vécu par sa maman. Il faut parfois plusieurs mois après la naissance pour que le bébé évacue tout ce stress. Aletha Solter en parle dans son livre « Pleurs et colères ».

  • période néonatale

Un travail long, une césarienne, la péridurale (les bébés sous péridurale pleurent pus que les autres), les forceps, la ventouse…

  • facteurs environnementaux

La précarité, la crise actuelle, la pression de la réussite, la pollution, les épidémies, les guerres…

  • l’entrée dans un mode d’accueil

L’espace de ce lieu, ses bruits, le collectif, les séparation/retrouvailles … tout cela modifie les repères du tout petit.

  • La vie de famille

La culpabilité de la reprise du travail, les douleurs de croissance, le sevrage, la diversification, la séparation des parents, la maladie, l’acquisition de la propreté, les déménagements, la violence, la fratrie, le Père Noël…

  • La frustration

L’intention de maitriser quelque chose de nouveau précède toujours la capacité à le faire ? Ce décalage est une source continue de frustrations et de tensions.

Dans le livre « Pourquoi pleurent-ils ? » chez Albin Michel, l’auteur observe des périodes critiques à 5 /8 /12 /15 /23 / 34 et 42 semaines.

 

Quand un tout petit pleure, même si on ne voit pas pourquoi,

il a en fait 1000 raisons de pleurer !

Nos réactions face aux pleurs

Nous n’avons globalement aucun souvenir de nous, enfant, en train de pleurer. 70% des personnes ont une amnésie vis-à-vis des pleurs et sont donc dans l’ignorance de ce que ce cela a produit chez elles. En règle générale, nous mettons de côté ce qui a été difficile.

Lorsque nous sommes confrontés aux pleurs d’un tout petit, que se passe-t-il pour nous?

  • Sensations corporelles (crispation, tensions, maux de tête, rougeurs …)

  • Envies (fumer, sortir…)

  • Emotions (peur, tristesse, colère)

  • Sentiments (impuissance, culpabilité, anxiété, incompétence, indifférence…)

  • Idées / jugements (capricieux, comédien, pas assez de lait…)

  • Empathie (moins souvent)

La réaction la plus courante étant : « il essaie de me tester » « si je cède, je vais le regretter ».

Or, pour manipuler, il faut avoir la faculté de réfléchir consciemment. Pour réfléchir, le cerveau doit sécréter du glutamate, ce qui est impossible chez un enfant avant un à deux ans.

Comme réponse aux pleurs, nous mettons en place des mécanismes de répression des pleurs que sont :

Les douces violences

  • Tétine (besoin de succion à la base et non de consolation)
  • Doudou
  • Transat
  • Médicament homéopathique
  • « chut chut chut »
  • Détournement de l’attention
  • Raisonner l’enfant « tu es grand ! »
  • Bercements…

Toutes ces techniques plus ou moins « douces » visent à empêcher les pleurs.

Les violences physiques, psychologiques et les négligences

  • Secouer
  • Tirer les bras
  • Pousser
  • Fesser
  • Mettre dans l’obscurité
  • Alcool dans le biberon
  • Humilier
  • Dévaloriser
  • Retrait d’affection
  • Refuser de parler à l’enfant…

Quand le petit pleure, si le parent ne vient pas, il apprend lui-même à s’isoler, se réfugier dans le sommeil, à chercher seul son doudou et sa tétine pour compenser le manque de présence humaine. A l’âge adulte, il adoptera probablement les mêmes mécanismes lorsqu’il sera en détresse : cigarette, drogue, alcool, télévision, jeux, achats compulsifs…

Si on est dans un accompagnement des pleurs plutôt que dans la répression des pleurs, cela permet :

  • Une personnification positive « ça m’arrive à moi » « je le ressens »

  • Une prise de conscience que ce n’est pas catastrophique

  • Une connaissance rassurante du monde (on me vient en aide quand j’en ai besoin)

  • Une facilitation d’intégration d’expériences similaires futures

Pleurer, c’est le moyen de tourner la page!

Nous n’avons donc pas à empêcher le tout petit de faire ce travail de dépassement. Le bébé a besoin d’aller au bout de son besoin de pleurer et de son besoin d’exprimer son instinct de refuge.

On peut lui permettre cela part :

  • Un contact physique via les bras, les mains (sécrétion d’ocytocine et d’opioïdes)
  • Un contact visuel
  • Un contact verbal (langage de tendresse)

Consoler n’est pas stopper ! C’est donner de l’attention, soulager.

Cela ne signifie pas qu’il ne faut pas prendre le bébé dans ses bras  et/ou le laisser pleurer seul!  Seulement qu’il est possible de le prendre dans les bras tout en accueillant ses pleurs, ses émotions sans lui demander d’arrêter de pleurer par quelque technique que ce soit. Etre en contact avec lui sincèrement, lui dire combien l’on comprend et attendre avec lui que sa décharge émotionnelle passe.

Un tout petit qui pleure à satiété (sans que ses pleurs ne soient réprimés) et qui est accompagné de cette façon (accueil des émotions) va pleurer moins au final et mieux dormir. Parce qu’il a mieux évacué son stress. Ce bébé-là ne se mettra pas à pleurer au contact d’un autre bébé qui pleure. Au contraire, celui dont on réprime les pleurs, n’aura besoin que d’une étincelle (entendre un autre bébé pleurer) pour libérer son stress.

Bien pleurer est un processus qui permet de se libérer de la souffrance. C’est l’unique moyen du tout petit de triompher des tensions et des douleurs passées ou présentes.

En conclusion, on peut dire que les pleurs ont deux fonctions : gérer le stress et créer un lien d’attachement. En ce sens, il est important ne pas apprendre aux enfants à les réprimer mais au contraire à les exprimer. A nous adultes, de les accueillir avec bienveillance. Malheureusement, aujourd’hui, les pleurs sont la cause principale de décès chez les bébés. La mortalité par homicide est 3 fois plus importante avant 1 an qu’à tous les autres âges de la vie.

Publié dans Toutes en une

Partager cet article

Repost 0

Capaulie photographie (octobre 2015) 2

Publié le par Toutes en une

Capaulie photographie (octobre 2015) 2

Partager cet article

Repost 0

Capaulie photographie (octobre 2015)

Publié le par Toutes en une

Capaulie photographie (octobre 2015)

Publié dans Capaulie Photographie

Partager cet article

Repost 0

Le cerveau de votre enfant

Publié le par Toutes en une

Le cerveau de votre enfant
Le cerveau de votre enfant
Le cerveau de votre enfant

Après m'être délectée à la lecture de cet ouvrage, je tenais à partager mon enthousiasme avec vous! Voici un petit "résumé" (oups c'est un peu plus long que ça mais je ne sais pas faire court!) de ce que j'en ai compri, retenu et aimé. En espérant que vous reviendrez ensuite par ici pour nous dire, si vous aussi, vous vous êtes délecté ou pas et pourquoi.

 

Pour commencer, les auteurs nous explique que :

- Le cerveau est constitué de différentes parties qui ont chacune un rôle particulier.

- Pour ressentir du bien-être, il est nécessaire de faire fonctionner correctement ces différentes parties ensemble. Les auteurs disent « de les intégrer ».

- Le rôle de l’intégration est donc de les coordonner et de les équilibrer.

- Le cerveau est plastique et peut se modifier tout au long de notre existence par le biais des expériences que nous vivons.

« Le cerveau supérieur est comme un muscle : à force d’entraînement, il se développe (…) en revanche, quand on l’ignore, il ne se développe pas de manière optimale »

 

Pour le muscler, les auteurs nous conseillent :

- Encourager les enfants à faire leur propre choix, dès que cela est possible. Par exemple, le matin, leur demander : « tu préfères porter une jupe ou un short aujourd’hui ? »

- Leur donner des outils qui leur permettent de s’apaiser lorsqu’ils sont bouleversés pour ensuite pouvoir faire le bon choix. Par exemple : respirer calmement, compter jusqu’à 10, faire un câlin … avant de prendre une décision.

- Les questionner pour les inciter à aller plus en profondeur à l’intérieur d’eux même et ainsi apprendre à mieux se connaître. Par exemple : « pourquoi fais-tu ce choix ? » ou encore « Que ressens-tu maintenant ? »

- Les aider à développer leur capacité d’empathie. Par exemple en leur posant des questions pour les amener à prendre en considération les émotions des autres. Plus l’enfant est amener à penser aux autres plus il est capable de compassion.

- Soulever des questionnements éthiques. Par exemple échanger avec eux autour des notions de bien et de mal, de bien individuel et de bien commun et surtout donner l’exemple.

« Plus les enfants réfléchissent à leur intériorité, plus ils sont capables de comprendre et de s’adapter au monde qui les entoure »

Les auteurs précisent également que les mouvements corporels agissent directement sur la chimie du cerveau. Bouger est nécessaire au bon développement du cerveau.

« Bouger son corps pour ne pas perdre l’esprit »

Les auteurs donnent, dans le livre, une place importante à la mémoire.

Ils expliquent que celle-ci fonctionne par association, c’est-à-dire que les neurones qui s’activent en même temps dans le cerveau, se connectent entre eux. Du fait de ces associations cérébrales, notre passé influe sur notre présent et notre avenir. A l’instant T, face à une nouvelle situation, les associations créées dans le passé viennent modeler nos perceptions dans le présent pour nous permettre d’anticiper. Ils expliquent également que la mémoire n’est pas l’exacte réplique des évènements passés. A chaque fois que nous faisons appel à elle, nous altérons un peu plus le souvenir.

« L’extraction mémorielle active un groupe de neurones similaires, mais non identiques, à celui créé au moment de l’encodage de l’épisode vécu. Ainsi vos souvenirs sont déformés ».

Il existe deux formes de mémoire. La mémoire implicite, qui nous permet d’agir sans réfléchir. Elle emmagasine nos perceptions, émotions, sensations corporelles et nos apprentissages tels que la marche, faire du vélo… La mémoire explicite qui nous permet, elle, de nous remémorer un souvenir.

« Certains souvenirs nous affectent sans que nous en ayons conscience »

Les souvenirs peuvent être à l’origine de peurs, anxiété, tristesse… Ce qui explique (en partie) pourquoi les enfants (mais aussi les adultes) semblent parfois avoir des réactions disproportionnées vis-à-vis d’une situation.

Pour aider les enfants à intégrer leurs souvenirs implicites et explicitent, les auteurs proposent différents outils :

- La télécommande de l’esprit

L’une des meilleures façons de favoriser l’intégration est de raconter l’histoire vécue en question. Parfois l’enfant n’est pas prêt à se la remémorer dans tous les détails. La télécommande va donc lui permettre de mettre le récit sur pause au moment le plus douloureux.

« En présentant à votre enfant la télécommande mentale qui contrôle son lecteur de DVD interne, vous rendez le processus de narration moins effrayant, car vous lui redonnez le contrôle de son douloureux vécu (…) il peut alors revisiter son expérience traumatisante (…) et la surmonter à son rythme ».

- La chasse aux souvenirs au quotidien

Plus on fait appel à la mémoire plus celle-ci est efficace. Il est donc intéressant d’inviter régulièrement les enfants à raconter leurs expériences. A la place du traditionnel : « Comment ça s’est passé aujourd’hui ? », préférez une forme plus ludique du type : « Quel a été le meilleur moment de la journée ? ». Raconter son histoire permet non seulement aux enfants d’intégrer leurs souvenirs mais cela leur permettrait également d’améliorer leur santé physique.

Lorsque les enfants ont du mal à raconter… il est possible de leur proposer :

*le jeu des devinettes « Dis-moi 2 choses qui sont réellement arrivées aujourd’hui et une qui ne s’est pas produite. Ensuite, je devrais deviner celle qui est fausse. »

*le jeu du bon et du mauvais « Donne-moi un bon et un mauvais moment de ta journée et un acte de gentillesse que tu as eu envers quelqu’un ? »

« Les activités et les questions comme celle-ci non seulement stimulent la mémoire, mais incitent les enfants à réfléchir à leurs émotions, leurs actions, leurs comportements envers autrui et à partager leur vécu ».

*utiliser les photos et vidéos sur lesquels ils apparaissent

*illustrer avec eux un livre de souvenirs avec tous les supports qui peuvent alimenter l’histoire vécue (photos, tickets d’entrée, lettres, petits objets…)

Les auteurs présentent ensuite un des éléments phare du livre : le mind-sight (claire-conscience) à travers deux outils pratiques : la roue de la conscience et le SISP.

La roue de la conscience

« Notre esprit peut être représenté sous la forme d’une roue de bicyclette, avec en son centre un moyeu et des rayons qui partent vers le pneu. Le pneu représente tous les éléments qui retiennent notre attention : nos pensées, nos émotions, nos rêves, nos désirs, nos perceptions du monde extérieur, nos sensations corporelles. Le moyeu est l’espace intérieur de l’esprit, grâce auquel nous avons conscience de tout ce qui se passe en nous et autour de nous ».

Les différents points sur le pneu déterminent l’état d’esprit à un instant T. Du moyeu, on a une vision plus globale de la personne. Les points du pneu font partie de la personne mais ne représentent pas l’intégralité de la personne. Se focaliser sur un point de la roue, c’est exclure les autres points et biaiser notre perception des choses. Il peut alors y avoir confusion entre « ressentir » et « être ».

« Le danger est de percevoir ce sentiment temporaire comme un état permanent de soi ».

Les émotions sont « des affections temporaires et mouvantes », « des états, non des traits de caractère ». Une émotion ne dure que 90secondes en moyenne.

Le but de la roue de la conscience est donc de permettre aux enfants d’intégrer les différentes parties d’eux même afin qu’ils ne restent pas focaliser sur un point négatif. Ils peuvent se rendre compte qu’ils bloquent sur un point du pneu, déplacer leur attention en se plaçant au centre de la roue et avoir ainsi une vision plus globale du problème et d’eux même.

En changeant de point de vue :

- ils peuvent changer d’état d’esprit

- agir pour surmonter le problème

- créer de nouvelles connexions dans le cerveau et ainsi le remodeler.

Ce type d’outil permet alors de développer le cerveau et de rendre l’enfant moins vulnérable.

Le SISP

Un des moyens d’accompagner son enfant vers les différents points du pneu (les repérer, les analyser…) est de lui apprendre à reconnaître les Sensations Images Sentiments et Pensées (SISP) qui le traversent.

Sensations : Aider l’enfant à identifier ses sensations corporelles comme la faim, la fatigue, l’excitation…

Images : aider l’enfant à identifier les images qui occupent son esprit

Sentiments : inciter les enfants à percevoir les sentiments qu’ils éprouvent

Pensées : aider les enfants à faire le tri dans leurs pensées et à laisser de côté celles qui ne sont pas aidantes, malsaines, injustes…

« Le SISP nous aide à apprendre cette leçon importante : nos sensations corporelles forment nos émotions et nos émotions forment notre pensée, ainsi que les images de notre esprit ».

En allant chercher à l’intérieur de soi ce qu’il se passe, nous cheminons vers une vision plus juste de qui l’on est et nous développons notre cerveau. Nos réactions s’en trouvent plus claires et plus compréhensibles.

Pour jouer au SISP, posez une série de questions aux enfants : par ex :

- « sais-tu ce que me dit mon corps ? » « j’ai faim » « Et toi que dit ton corps ? »

- « qu’est-ce que tu vois dans ta tête ? »

- « Je suis vraiment contente de … » « Et toi ? »

- « Je me disais que …  Et toi ? »

« Le 1er aspect de la claire conscience : la capacité de voir et de comprendre son propre esprit. Nous avons parlé d’aider les enfants à prendre conscience des différents aspects d’eux-mêmes et à les intégrer via la roue de la conscience. Le concept clé de cet aspect de la claire conscience ou mind-sight est l’introspection ou insight ».

« Le second aspect du mind-sight, développe la capacité à voir l’esprit d’autrui et à se connecter à lui. Cette connexion dépend de l’empathie, soit l’aptitude à appréhender les émotions, les désirs et les perspectives des gens qui nous entourent. »

Le cerveau est un organe social fait pour capter les signaux environnementaux et les utiliser pour modifier la personnalité de chacun.

« Le « moi » découvre le sens de l’existence et le bonheur en se fondant dans un « nous » ».

Comment ?

Via les neurones miroirs

L’existence des neurones miroirs explique que lorsqu’une personne baille devant soi, nous avons envie de bailler également. D’après les auteurs, ces neurones sont certainement à l’origine de l’empathie car ils nous permettent non seulement d’imiter le comportement d’autrui mais aussi de mieux le comprendre. Les neurones miroirs sont des neurones « éponges » dans le sens que « nous absorbons les comportements, intensions et émotions observés comme des éponges. Nous ne nous contentons pas de mimer les autres, nous assimilons leurs états internes ». D’où l’expression de contagion émotionnelle.

« Nous sommes biologiquement équipés pour bâtir des relations humaines, pour comprendre d’où viennent les autres et pour nous influencer les uns les autres. »

Comment ça se passe pour les enfants ?

Leur capacité à créer un « nous », à créer des relations humaines dépend de la qualité des soins qui leurs sont dispensés par les personnes qui veillent sur eux. Plus les enfants passent du temps avec les personnes les plus importantes pour eux, plus ils développent des qualités relationnelles (savoir communiquer, se soucier du bien-être d’autrui…).

« Très tôt dans l’existence, nous apprenons à utiliser nos liens avec des personnes fiables pour calmer nos tourments intérieurs. C’est la base même d’un attachement solide ».

De même, lorsque l’enfant est principalement en lien avec des personnes froides, agressives, critiques… cela influe sur ses futures relations.

« Il n’est pas exagéré de dire que le modèle de relations que vous développez avec vos enfants affectera les générations à venir. Nous pouvons influencer l’avenir du monde en prenant soin de nos enfants et en entretenant avec eux les relations que nous jugeons saines et épanouissantes ».

 

Il est important de déterminer l’état émotionnel des enfants pour les accompagner au mieux.

Lorsque l’enfant est dans la réactivité, c’est le cerveau du bas qui est à l’œuvre. L’adulte doit alors accompagner l’enfant dans la traversée de l’émotion. Une fois celle-ci passée, l’enfant peut alors être réceptif, c’est-à-dire utiliser son cerveau du haut. L’adulte peut maintenant expliquer à l’enfant ce qu’il attend de lui, échanger sur ce qui vient de se passer… et ainsi nouer des relations saines et sereines.

Pour favoriser la réceptivité :

- Passer beaucoup de temps ensemble (enfant/parent) car chaque moment agréable passé en famille construit la vision des rapports familiaux de l’enfant comme étant des relations saines et aimantes. Dès que l’on fait une expérience agréable, le cerveau reçoit une dose de dopamine, qui nous pousse à reproduire l’expérience. Plus on passe de bons moments en famille, plus l’enfant se sentira bien et aimera passer des moments en famille.

« L’amour n’est pas une récompense, c’est du carburant ! »

- L’improvisation sous forme de jeu aujourd’hui permettra à l’enfant de faire face aux situations imprévues de la vie demain. Par ex : commencer une histoire et au bout d’une phrase, la personne suivante prend le relais et ainsi de suite…

Pour gérer au mieux les conflits (qui sont inévitables) :

- Voir à travers le regard d’autrui « Réfléchir à ce qui se passe dans la tête d’une autre personne fait appel à notre hémisphère droit et à notre cerveau d’en haut, qui font tous deux partis du circuit social grâce auquel nous entretenons des relations épanouies avec nos congénères ».

- Ecouter ce qui ne se dit pas (communication non verbale)

- Réparer : apprendre à nos enfants à faire ce qui est juste après un conflit. Des excuses, oui, mais aussi une réparation si nécessaire et une action pour restaurer la relation.

« Pour réparer l’enfant doit comprendre ce que ressent la personne et pourquoi elle est bouleversée. Le parent pose alors inévitablement la question : « si ton jouet préféré était cassé, qu’est ce qui t’aiderait à te sentir mieux ? » Chaque fois que l’enfant se met à la place d’une autre personne, des connexions se créent dans les circuits relationnels de son cerveau ».

Et pour finir, cette citation (et oui encore une!) qui me parle +++:

« Trop souvent nous oublions que « l’éducation » est avant tout synonyme « d’enseignement » et non de «punition » ».

Alors? Délecté? Régalé? Enseigné? ou bien ...

 

Publié dans Toutes en une

Partager cet article

Repost 0