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Les pleurs du tout petit : sortir du silence.

Publié le par Toutes en une

 Les pleurs du tout petit : sortir du silence.

J'ai eu la chance de participer au colloque Zo & Ki sur les émotions il y a quelques jours. Pour une première avec cet organisme de formation, je suis ravie. L'intervention d'Eric Binet sur les pleurs a retenue toute mon attention et j'avais très envie d'en partager mon ressenti et ma compréhension, avec vous, par ici.

Bonne lecture et au plaisir d'échnager avec vous sur le sujet.

Colloque Zo & Ki

« Les pleurs du tout petit : sortir du silence »

Éric Binet

L’objectif de cette conférence est de donner des pistes de réflexion et non de culpabiliser les familles et les professionnels.

Éric Binet fait le constat que ce qui domine dans notre compréhension des pleurs sont les connaissances subjectives liées à notre éducation, expérience… En effet, il y a très peu de formation sur les pleurs (pas de cours spécifique sur les pleurs dans la formation d’EJE ni dans la formation de PSY…). Il y a peu, il était encore le seul psychologue, au niveau national, à proposer une formation spécifique sur les pleurs du tout petit.

Il pose la question suivante : Comment intervenir de manière à ce que le petit, les parents et les professionnels soient heureux ?

Pour lui, au-delà des besoins fondamentaux (manger, boire, dormir, être en relation), il est nécessaire pour le tout petit de :

  • Se sentir aimer (s’aimer soi-même et aimer les autres)

  • Développer son authenticité (goûts, qualités, besoins… ce qui le rend heureux)

  • Développer son sentiment de responsabilité (par rapport à soi-même et par rapport aux autres).

Notre réaction aux pleurs du tout petit envoie des signaux sur ces 3 domaines. Il se limite donc dans cette conférence à parler des pleurs « inexpliqués » et non de ceux qui sont à l’origine des besoins fondamentaux comme la faim, le sommeil…. Il pose également d’entrée la différence entre les protestations (pas de larmes et pas d’augmentation du rythme cardiaque, pas de stress…), les pleurs et la colère (émotion).

Petit tour dans l’histoire 

On y trouve beaucoup de représentations négatives des pleurs mais pas que…

1941 dans le « Manuel de puériculture » : « cris (…) l’expression d’un caprice »

Anne Vincent-Buffault dans « Histoire des larmes » explique que jusqu’au 17ème siècle les larmes étaient valorisées. Elle constate qu’au 18ème il existe encore un attachement aux larmes et que c’est avec Rousseau, dans « Julie ou la nouvelle Héloïse » en 1761 et « Emile ou de l’éducation » en 1762 que la perception des pleurs change. Il dit des larmes : « langue naturelle à l’origine du langage ». Aujourd’hui, les linguistes s’accordent à dire que les pleurs ne sont pas un langage. Le langage étant volontaire et les pleurs ne l’étant pas. Rousseau a eu sur ce point une mauvaise intuition d’après Éric Binet.

1789 avec la révolution française, pleurer est devenu idéologique. Les personnes qui pleuraient le roi après sa mort étaient arrêtées.  C’est le début de l’aire de la maîtrise de soi. Renforcée par la chrétienté ensuite où les pleurs renvoient au sacrifice. Il convient de se montrer sensible mais sans démonstration d’où l’expression : « garder l’œil sec ».

1821 dans le « Dictionnaire des gens du monde » les pleurs sont définis comme une « eau trop souvent mal employée » ou encore comme une « ressource pour les femmes pour cacher leur infidélité ». La distribution des rôles masculin et féminin se renforce. Il est très mal vu pour un homme de pleurer.

Le point de vue médical de l’époque avec Charcot n’arrange rien. Il dit des pleurs : « cure de sanglot (…) 4ème période de la grande attaque hystérique ».

1872 Darwin distingue les civilisés des barbares en ce sens que les civilisés eux ne pleurent pas.

Il y a 100 000 générations vivaient nos plus proches parents. A cette époque, il y avait des prédateurs, pas de murs, l’espérance de vie était courte. Le bébé humain naissant totalement dépendant, sans pouvoir se mouvoir pour rejoindre ses parents en cas  de danger. Les pleurs sont certainement arrivés à ce moment-là. Les pleurs mettaient le groupe en danger (les prédateurs pouvant alors facilement le repérer). Le bébé était de fait toujours porté, pour assurer sa sécurité et celle du groupe. Les études montrent que ceux qui ont survécus sont ceux qui ont pleuré. Les pleurs avaient donc une fonction vitale.

Inconsciemment aujourd’hui, nous gardons encore des traces de ces peurs ancestrales vis-à-vis des pleurs du tout petit, synonymes de danger. D’où cette tendance des adultes  à vouloir stopper les pleurs.

Pourquoi les bébés pleurent ?

Les pleurs ne sont pas volontaires. Ils proviennent de la partie du cerveau qu’on ne maîtrise pas. Des bébés naissent sans néocortex et pleurent. Anatomiquement les pleurs ne peuvent pas être des caprices. Personne n’est en capacité de pleurer volontairement en moins de 10s.

1) Pour faciliter l'attachement

Les pleurs sont l’élixir de l’attachement. S’il y a une réponse aux pleurs du bébé, il nourrit :

  • plus de confiance en lui et dans le monde qui l’entoure

  • le sentiment d’être important

  • le sentiment d’être aimé

  • le sentiment d’être accepté de façon inconditionnelle

Les pleurs amènent un contact physique qui permet la libération d’ocytocine qui permet un attachement sécure.

 « Les pleurs sont l’acte de triomphe du tout petit pour intégrer dans sa psyché et dans son corps des situations stressantes. C’est l’expression de son système d’attachement » P. Janet                                                           

2) Pour gérer le stress

Chez l’être humain, il existe un cycle stress/détente. Les stimulations activent le cerveau et le stress s’y accumule entrainant la libération de cortisol. A trop haute dose, le cortisol intoxique le cerveau et détruit ses capacités.

Pour gérer le stress, les adultes, ont recours à :

  • activités physiques

  • pleurs / rire

  • langage

  • jeux symboliques.

Entre 0 et 1 an, de quoi dispose le bébé pour gérer le stress ? Uniquement des pleurs ! Les pleurs sont une soupape de sécurité pour gérer le trop plein de stress.

Un neurobiologiste a étudié la composition des larmes. Celle-ci varie en fonction de la situation à l’origine des larmes. Dans les larmes, on retrouve :

  • de l’eau

  • des hormones

  • des molécules responsables du stress

  • des protéines.

Pleurer comme uriner, c’est le moyen que le corps a trouvé pour se libérer des toxines.

Les pleurs du soir sont liés à une immaturité cérébrale. Si on n’a pas de filtre qui empêche d’être attentif à tous les stimuli auxquels on est soumis, on devient fou. Il faut du temps au nouveau-né pour créer ce filtre. Le bébé, tant que son filtre n’est pas opérationnel, aura besoin de pleurer le soir pour décharger tout le stress accumulé pendant la journée. Dans certaines peuplades, le bébé reste tout le temps avec sa mère (il est porté) les trois 1ers mois, le temps que cette enveloppe soit constituée.

Le fœtus pleure in utero dès la 28ème semaine ce qui indique l’importance de cette fonction.

Facteurs à l’origine du stress ?

  • la période prénatale

Les problèmes médicaux, familiaux, professionnels, les deuils, les transports fatigants, la recherche de maternité, la surmédicalisation… Le bébé in utéro reçoit déjà une petite dose du stress vécu par sa maman. Il faut parfois plusieurs mois après la naissance pour que le bébé évacue tout ce stress. Aletha Solter en parle dans son livre « Pleurs et colères ».

  • période néonatale

Un travail long, une césarienne, la péridurale (les bébés sous péridurale pleurent pus que les autres), les forceps, la ventouse…

  • facteurs environnementaux

La précarité, la crise actuelle, la pression de la réussite, la pollution, les épidémies, les guerres…

  • l’entrée dans un mode d’accueil

L’espace de ce lieu, ses bruits, le collectif, les séparation/retrouvailles … tout cela modifie les repères du tout petit.

  • La vie de famille

La culpabilité de la reprise du travail, les douleurs de croissance, le sevrage, la diversification, la séparation des parents, la maladie, l’acquisition de la propreté, les déménagements, la violence, la fratrie, le Père Noël…

  • La frustration

L’intention de maitriser quelque chose de nouveau précède toujours la capacité à le faire ? Ce décalage est une source continue de frustrations et de tensions.

Dans le livre « Pourquoi pleurent-ils ? » chez Albin Michel, l’auteur observe des périodes critiques à 5 /8 /12 /15 /23 / 34 et 42 semaines.

 

Quand un tout petit pleure, même si on ne voit pas pourquoi,

il a en fait 1000 raisons de pleurer !

Nos réactions face aux pleurs

Nous n’avons globalement aucun souvenir de nous, enfant, en train de pleurer. 70% des personnes ont une amnésie vis-à-vis des pleurs et sont donc dans l’ignorance de ce que ce cela a produit chez elles. En règle générale, nous mettons de côté ce qui a été difficile.

Lorsque nous sommes confrontés aux pleurs d’un tout petit, que se passe-t-il pour nous?

  • Sensations corporelles (crispation, tensions, maux de tête, rougeurs …)

  • Envies (fumer, sortir…)

  • Emotions (peur, tristesse, colère)

  • Sentiments (impuissance, culpabilité, anxiété, incompétence, indifférence…)

  • Idées / jugements (capricieux, comédien, pas assez de lait…)

  • Empathie (moins souvent)

La réaction la plus courante étant : « il essaie de me tester » « si je cède, je vais le regretter ».

Or, pour manipuler, il faut avoir la faculté de réfléchir consciemment. Pour réfléchir, le cerveau doit sécréter du glutamate, ce qui est impossible chez un enfant avant un à deux ans.

Comme réponse aux pleurs, nous mettons en place des mécanismes de répression des pleurs que sont :

Les douces violences

  • Tétine (besoin de succion à la base et non de consolation)
  • Doudou
  • Transat
  • Médicament homéopathique
  • « chut chut chut »
  • Détournement de l’attention
  • Raisonner l’enfant « tu es grand ! »
  • Bercements…

Toutes ces techniques plus ou moins « douces » visent à empêcher les pleurs.

Les violences physiques, psychologiques et les négligences

  • Secouer
  • Tirer les bras
  • Pousser
  • Fesser
  • Mettre dans l’obscurité
  • Alcool dans le biberon
  • Humilier
  • Dévaloriser
  • Retrait d’affection
  • Refuser de parler à l’enfant…

Quand le petit pleure, si le parent ne vient pas, il apprend lui-même à s’isoler, se réfugier dans le sommeil, à chercher seul son doudou et sa tétine pour compenser le manque de présence humaine. A l’âge adulte, il adoptera probablement les mêmes mécanismes lorsqu’il sera en détresse : cigarette, drogue, alcool, télévision, jeux, achats compulsifs…

Si on est dans un accompagnement des pleurs plutôt que dans la répression des pleurs, cela permet :

  • Une personnification positive « ça m’arrive à moi » « je le ressens »

  • Une prise de conscience que ce n’est pas catastrophique

  • Une connaissance rassurante du monde (on me vient en aide quand j’en ai besoin)

  • Une facilitation d’intégration d’expériences similaires futures

Pleurer, c’est le moyen de tourner la page!

Nous n’avons donc pas à empêcher le tout petit de faire ce travail de dépassement. Le bébé a besoin d’aller au bout de son besoin de pleurer et de son besoin d’exprimer son instinct de refuge.

On peut lui permettre cela part :

  • Un contact physique via les bras, les mains (sécrétion d’ocytocine et d’opioïdes)
  • Un contact visuel
  • Un contact verbal (langage de tendresse)

Consoler n’est pas stopper ! C’est donner de l’attention, soulager.

Cela ne signifie pas qu’il ne faut pas prendre le bébé dans ses bras  et/ou le laisser pleurer seul!  Seulement qu’il est possible de le prendre dans les bras tout en accueillant ses pleurs, ses émotions sans lui demander d’arrêter de pleurer par quelque technique que ce soit. Etre en contact avec lui sincèrement, lui dire combien l’on comprend et attendre avec lui que sa décharge émotionnelle passe.

Un tout petit qui pleure à satiété (sans que ses pleurs ne soient réprimés) et qui est accompagné de cette façon (accueil des émotions) va pleurer moins au final et mieux dormir. Parce qu’il a mieux évacué son stress. Ce bébé-là ne se mettra pas à pleurer au contact d’un autre bébé qui pleure. Au contraire, celui dont on réprime les pleurs, n’aura besoin que d’une étincelle (entendre un autre bébé pleurer) pour libérer son stress.

Bien pleurer est un processus qui permet de se libérer de la souffrance. C’est l’unique moyen du tout petit de triompher des tensions et des douleurs passées ou présentes.

En conclusion, on peut dire que les pleurs ont deux fonctions : gérer le stress et créer un lien d’attachement. En ce sens, il est important ne pas apprendre aux enfants à les réprimer mais au contraire à les exprimer. A nous adultes, de les accueillir avec bienveillance. Malheureusement, aujourd’hui, les pleurs sont la cause principale de décès chez les bébés. La mortalité par homicide est 3 fois plus importante avant 1 an qu’à tous les autres âges de la vie.

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Le cerveau de votre enfant

Publié le par Toutes en une

Le cerveau de votre enfant
Le cerveau de votre enfant
Le cerveau de votre enfant

Après m'être délectée à la lecture de cet ouvrage, je tenais à partager mon enthousiasme avec vous! Voici un petit "résumé" (oups c'est un peu plus long que ça mais je ne sais pas faire court!) de ce que j'en ai compri, retenu et aimé. En espérant que vous reviendrez ensuite par ici pour nous dire, si vous aussi, vous vous êtes délecté ou pas et pourquoi.

 

Pour commencer, les auteurs nous explique que :

- Le cerveau est constitué de différentes parties qui ont chacune un rôle particulier.

- Pour ressentir du bien-être, il est nécessaire de faire fonctionner correctement ces différentes parties ensemble. Les auteurs disent « de les intégrer ».

- Le rôle de l’intégration est donc de les coordonner et de les équilibrer.

- Le cerveau est plastique et peut se modifier tout au long de notre existence par le biais des expériences que nous vivons.

« Le cerveau supérieur est comme un muscle : à force d’entraînement, il se développe (…) en revanche, quand on l’ignore, il ne se développe pas de manière optimale »

 

Pour le muscler, les auteurs nous conseillent :

- Encourager les enfants à faire leur propre choix, dès que cela est possible. Par exemple, le matin, leur demander : « tu préfères porter une jupe ou un short aujourd’hui ? »

- Leur donner des outils qui leur permettent de s’apaiser lorsqu’ils sont bouleversés pour ensuite pouvoir faire le bon choix. Par exemple : respirer calmement, compter jusqu’à 10, faire un câlin … avant de prendre une décision.

- Les questionner pour les inciter à aller plus en profondeur à l’intérieur d’eux même et ainsi apprendre à mieux se connaître. Par exemple : « pourquoi fais-tu ce choix ? » ou encore « Que ressens-tu maintenant ? »

- Les aider à développer leur capacité d’empathie. Par exemple en leur posant des questions pour les amener à prendre en considération les émotions des autres. Plus l’enfant est amener à penser aux autres plus il est capable de compassion.

- Soulever des questionnements éthiques. Par exemple échanger avec eux autour des notions de bien et de mal, de bien individuel et de bien commun et surtout donner l’exemple.

« Plus les enfants réfléchissent à leur intériorité, plus ils sont capables de comprendre et de s’adapter au monde qui les entoure »

Les auteurs précisent également que les mouvements corporels agissent directement sur la chimie du cerveau. Bouger est nécessaire au bon développement du cerveau.

« Bouger son corps pour ne pas perdre l’esprit »

Les auteurs donnent, dans le livre, une place importante à la mémoire.

Ils expliquent que celle-ci fonctionne par association, c’est-à-dire que les neurones qui s’activent en même temps dans le cerveau, se connectent entre eux. Du fait de ces associations cérébrales, notre passé influe sur notre présent et notre avenir. A l’instant T, face à une nouvelle situation, les associations créées dans le passé viennent modeler nos perceptions dans le présent pour nous permettre d’anticiper. Ils expliquent également que la mémoire n’est pas l’exacte réplique des évènements passés. A chaque fois que nous faisons appel à elle, nous altérons un peu plus le souvenir.

« L’extraction mémorielle active un groupe de neurones similaires, mais non identiques, à celui créé au moment de l’encodage de l’épisode vécu. Ainsi vos souvenirs sont déformés ».

Il existe deux formes de mémoire. La mémoire implicite, qui nous permet d’agir sans réfléchir. Elle emmagasine nos perceptions, émotions, sensations corporelles et nos apprentissages tels que la marche, faire du vélo… La mémoire explicite qui nous permet, elle, de nous remémorer un souvenir.

« Certains souvenirs nous affectent sans que nous en ayons conscience »

Les souvenirs peuvent être à l’origine de peurs, anxiété, tristesse… Ce qui explique (en partie) pourquoi les enfants (mais aussi les adultes) semblent parfois avoir des réactions disproportionnées vis-à-vis d’une situation.

Pour aider les enfants à intégrer leurs souvenirs implicites et explicitent, les auteurs proposent différents outils :

- La télécommande de l’esprit

L’une des meilleures façons de favoriser l’intégration est de raconter l’histoire vécue en question. Parfois l’enfant n’est pas prêt à se la remémorer dans tous les détails. La télécommande va donc lui permettre de mettre le récit sur pause au moment le plus douloureux.

« En présentant à votre enfant la télécommande mentale qui contrôle son lecteur de DVD interne, vous rendez le processus de narration moins effrayant, car vous lui redonnez le contrôle de son douloureux vécu (…) il peut alors revisiter son expérience traumatisante (…) et la surmonter à son rythme ».

- La chasse aux souvenirs au quotidien

Plus on fait appel à la mémoire plus celle-ci est efficace. Il est donc intéressant d’inviter régulièrement les enfants à raconter leurs expériences. A la place du traditionnel : « Comment ça s’est passé aujourd’hui ? », préférez une forme plus ludique du type : « Quel a été le meilleur moment de la journée ? ». Raconter son histoire permet non seulement aux enfants d’intégrer leurs souvenirs mais cela leur permettrait également d’améliorer leur santé physique.

Lorsque les enfants ont du mal à raconter… il est possible de leur proposer :

*le jeu des devinettes « Dis-moi 2 choses qui sont réellement arrivées aujourd’hui et une qui ne s’est pas produite. Ensuite, je devrais deviner celle qui est fausse. »

*le jeu du bon et du mauvais « Donne-moi un bon et un mauvais moment de ta journée et un acte de gentillesse que tu as eu envers quelqu’un ? »

« Les activités et les questions comme celle-ci non seulement stimulent la mémoire, mais incitent les enfants à réfléchir à leurs émotions, leurs actions, leurs comportements envers autrui et à partager leur vécu ».

*utiliser les photos et vidéos sur lesquels ils apparaissent

*illustrer avec eux un livre de souvenirs avec tous les supports qui peuvent alimenter l’histoire vécue (photos, tickets d’entrée, lettres, petits objets…)

Les auteurs présentent ensuite un des éléments phare du livre : le mind-sight (claire-conscience) à travers deux outils pratiques : la roue de la conscience et le SISP.

La roue de la conscience

« Notre esprit peut être représenté sous la forme d’une roue de bicyclette, avec en son centre un moyeu et des rayons qui partent vers le pneu. Le pneu représente tous les éléments qui retiennent notre attention : nos pensées, nos émotions, nos rêves, nos désirs, nos perceptions du monde extérieur, nos sensations corporelles. Le moyeu est l’espace intérieur de l’esprit, grâce auquel nous avons conscience de tout ce qui se passe en nous et autour de nous ».

Les différents points sur le pneu déterminent l’état d’esprit à un instant T. Du moyeu, on a une vision plus globale de la personne. Les points du pneu font partie de la personne mais ne représentent pas l’intégralité de la personne. Se focaliser sur un point de la roue, c’est exclure les autres points et biaiser notre perception des choses. Il peut alors y avoir confusion entre « ressentir » et « être ».

« Le danger est de percevoir ce sentiment temporaire comme un état permanent de soi ».

Les émotions sont « des affections temporaires et mouvantes », « des états, non des traits de caractère ». Une émotion ne dure que 90secondes en moyenne.

Le but de la roue de la conscience est donc de permettre aux enfants d’intégrer les différentes parties d’eux même afin qu’ils ne restent pas focaliser sur un point négatif. Ils peuvent se rendre compte qu’ils bloquent sur un point du pneu, déplacer leur attention en se plaçant au centre de la roue et avoir ainsi une vision plus globale du problème et d’eux même.

En changeant de point de vue :

- ils peuvent changer d’état d’esprit

- agir pour surmonter le problème

- créer de nouvelles connexions dans le cerveau et ainsi le remodeler.

Ce type d’outil permet alors de développer le cerveau et de rendre l’enfant moins vulnérable.

Le SISP

Un des moyens d’accompagner son enfant vers les différents points du pneu (les repérer, les analyser…) est de lui apprendre à reconnaître les Sensations Images Sentiments et Pensées (SISP) qui le traversent.

Sensations : Aider l’enfant à identifier ses sensations corporelles comme la faim, la fatigue, l’excitation…

Images : aider l’enfant à identifier les images qui occupent son esprit

Sentiments : inciter les enfants à percevoir les sentiments qu’ils éprouvent

Pensées : aider les enfants à faire le tri dans leurs pensées et à laisser de côté celles qui ne sont pas aidantes, malsaines, injustes…

« Le SISP nous aide à apprendre cette leçon importante : nos sensations corporelles forment nos émotions et nos émotions forment notre pensée, ainsi que les images de notre esprit ».

En allant chercher à l’intérieur de soi ce qu’il se passe, nous cheminons vers une vision plus juste de qui l’on est et nous développons notre cerveau. Nos réactions s’en trouvent plus claires et plus compréhensibles.

Pour jouer au SISP, posez une série de questions aux enfants : par ex :

- « sais-tu ce que me dit mon corps ? » « j’ai faim » « Et toi que dit ton corps ? »

- « qu’est-ce que tu vois dans ta tête ? »

- « Je suis vraiment contente de … » « Et toi ? »

- « Je me disais que …  Et toi ? »

« Le 1er aspect de la claire conscience : la capacité de voir et de comprendre son propre esprit. Nous avons parlé d’aider les enfants à prendre conscience des différents aspects d’eux-mêmes et à les intégrer via la roue de la conscience. Le concept clé de cet aspect de la claire conscience ou mind-sight est l’introspection ou insight ».

« Le second aspect du mind-sight, développe la capacité à voir l’esprit d’autrui et à se connecter à lui. Cette connexion dépend de l’empathie, soit l’aptitude à appréhender les émotions, les désirs et les perspectives des gens qui nous entourent. »

Le cerveau est un organe social fait pour capter les signaux environnementaux et les utiliser pour modifier la personnalité de chacun.

« Le « moi » découvre le sens de l’existence et le bonheur en se fondant dans un « nous » ».

Comment ?

Via les neurones miroirs

L’existence des neurones miroirs explique que lorsqu’une personne baille devant soi, nous avons envie de bailler également. D’après les auteurs, ces neurones sont certainement à l’origine de l’empathie car ils nous permettent non seulement d’imiter le comportement d’autrui mais aussi de mieux le comprendre. Les neurones miroirs sont des neurones « éponges » dans le sens que « nous absorbons les comportements, intensions et émotions observés comme des éponges. Nous ne nous contentons pas de mimer les autres, nous assimilons leurs états internes ». D’où l’expression de contagion émotionnelle.

« Nous sommes biologiquement équipés pour bâtir des relations humaines, pour comprendre d’où viennent les autres et pour nous influencer les uns les autres. »

Comment ça se passe pour les enfants ?

Leur capacité à créer un « nous », à créer des relations humaines dépend de la qualité des soins qui leurs sont dispensés par les personnes qui veillent sur eux. Plus les enfants passent du temps avec les personnes les plus importantes pour eux, plus ils développent des qualités relationnelles (savoir communiquer, se soucier du bien-être d’autrui…).

« Très tôt dans l’existence, nous apprenons à utiliser nos liens avec des personnes fiables pour calmer nos tourments intérieurs. C’est la base même d’un attachement solide ».

De même, lorsque l’enfant est principalement en lien avec des personnes froides, agressives, critiques… cela influe sur ses futures relations.

« Il n’est pas exagéré de dire que le modèle de relations que vous développez avec vos enfants affectera les générations à venir. Nous pouvons influencer l’avenir du monde en prenant soin de nos enfants et en entretenant avec eux les relations que nous jugeons saines et épanouissantes ».

 

Il est important de déterminer l’état émotionnel des enfants pour les accompagner au mieux.

Lorsque l’enfant est dans la réactivité, c’est le cerveau du bas qui est à l’œuvre. L’adulte doit alors accompagner l’enfant dans la traversée de l’émotion. Une fois celle-ci passée, l’enfant peut alors être réceptif, c’est-à-dire utiliser son cerveau du haut. L’adulte peut maintenant expliquer à l’enfant ce qu’il attend de lui, échanger sur ce qui vient de se passer… et ainsi nouer des relations saines et sereines.

Pour favoriser la réceptivité :

- Passer beaucoup de temps ensemble (enfant/parent) car chaque moment agréable passé en famille construit la vision des rapports familiaux de l’enfant comme étant des relations saines et aimantes. Dès que l’on fait une expérience agréable, le cerveau reçoit une dose de dopamine, qui nous pousse à reproduire l’expérience. Plus on passe de bons moments en famille, plus l’enfant se sentira bien et aimera passer des moments en famille.

« L’amour n’est pas une récompense, c’est du carburant ! »

- L’improvisation sous forme de jeu aujourd’hui permettra à l’enfant de faire face aux situations imprévues de la vie demain. Par ex : commencer une histoire et au bout d’une phrase, la personne suivante prend le relais et ainsi de suite…

Pour gérer au mieux les conflits (qui sont inévitables) :

- Voir à travers le regard d’autrui « Réfléchir à ce qui se passe dans la tête d’une autre personne fait appel à notre hémisphère droit et à notre cerveau d’en haut, qui font tous deux partis du circuit social grâce auquel nous entretenons des relations épanouies avec nos congénères ».

- Ecouter ce qui ne se dit pas (communication non verbale)

- Réparer : apprendre à nos enfants à faire ce qui est juste après un conflit. Des excuses, oui, mais aussi une réparation si nécessaire et une action pour restaurer la relation.

« Pour réparer l’enfant doit comprendre ce que ressent la personne et pourquoi elle est bouleversée. Le parent pose alors inévitablement la question : « si ton jouet préféré était cassé, qu’est ce qui t’aiderait à te sentir mieux ? » Chaque fois que l’enfant se met à la place d’une autre personne, des connexions se créent dans les circuits relationnels de son cerveau ».

Et pour finir, cette citation (et oui encore une!) qui me parle +++:

« Trop souvent nous oublions que « l’éducation » est avant tout synonyme « d’enseignement » et non de «punition » ».

Alors? Délecté? Régalé? Enseigné? ou bien ...

 

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« J’ai tout essayé ! » Isabelle Filliozat

Publié le par Toutes en une

 

 

Isabelle Filliozat, dans ce livre pratique, illustré et plein d’humour, écrit pour aider les parents à traverser sans dommages la période de 1 à 5 ans commence en disant : « Un enfant, c’est (nettement) plus complexe qu’une plante verte, mais pas plus compliqué. »

Lorsque les feuilles de votre ficus préféré jaunissent et tombent, vous ne vous dites pas qu’il le fait exprès pour vous embêter mais qu’il a certainement besoin de quelque chose… d’eau, de lumière, d’engrais…

Il en va de même avec les enfants. Au lieu de nous énerver, demandons-nous :

 

« Qu’est ce qui se passe ? »

 

Un caprice ?

La plupart du temps, non ! Pour le vérifier, Isabelle Filliozat donne une petite astuce ! Utilisez une boîte à forme (souvent un cube avec des ouvertures en forme de triangle, carré, rond où doivent entrer les formes pleines correspondantes). Tant que votre enfant doit tester les différentes formes avant de trouver la bonne c’est qu’il est incapable de faire un caprice. A deux ans, il y arrivera dans 85% des cas seulement. A 4 ans, la majorité des enfants y arrive systématiquement. Cette étape est un indice car signifie que l’enfant est capable de conserver en tête trois items en même temps.

 

Son réservoir d’amour est-il plein ?

Peut-être pas ! A nous de l’aider à le remplir. Comment ?

  • Par des mots d’amour tels que « je t’aime », « j’aime vivre avec toi », « je suis heureuse de t’avoir comme enfant »…

  • Par le contact physique : des bisous, des câlins, des caresses…

  • En passant du temps ensemble, à jouer, discuter, observer la nature…

« Quand les besoins de contact de l’enfant ne sont pas suffisamment remplis, ses circuits cérébraux sont en manque. Crises de rage, de pleurs, pour un rien, comportements excessifs sont autant de manifestation de détresse du système nerveux. Echanger des « je t’aime », faire un câlin ou jouer ensemble, charge l’organisme en ocytocine, l’hormone du bonheur. »

Consacrer ne serait-ce que 10 min par jour à son enfant peut donc recharger son réservoir d’amour et éviter bien des crises.

 

En crise malgré tout ?

Normal ! La crise (cris, pleurs, rage…) est sa manière de se calmer, de gérer la tempête qui est soulevée en lui. Il a besoin d’extérioriser ce qui le brasse. Que faire ? Eviter d’être sur le même mode de communication que lui en lui criant dessus : « Arrête de hurler ! ». Il est plus efficace de le contenir avec tendresse… Lui faire un câlin permettra à son cerveau de libérer de l’ocytocine et ainsi de retrouver le calme.

 

Trop de sollicitations inadaptées ?

  • Vous faites vos courses avec votre enfant ? Au lieu d’attendre que l’ennui et les multiples sollicitations ne déclenchent une crise, donnez-lui une tâche à sa mesure, par ex : mettre les pommes dans le sac, pousser un petit caddie… Cela va l’aider à focaliser son attention. Son cerveau va alors secréter de la dopamine, l’hormone de la motivation. Elle diminue le stress et inhibe la peur et la colère.

  • Vous êtes bloqué dans une longue file d’attente, dans les embouteillages, au restaurant… Votre enfant n’a pas besoin de se calmer mais de bouger ! Occupez-le ! Rester tranquille dans ces conditions est au-dessus des capacités neuronales d’un enfant entre 2 et 6 ans !

 

C’est de son âge !

Dans le cerveau de votre enfant, il se créé environ un million de synapses par seconde ! Il a un comportement que vous jugez inadapté ? Normal ! Il est en développement!

« Faire ce que maman vient d’interdire en la regardant dans les yeux à 15 mois, avoir peur du noir à 3 ans et mentir à 4  ans sont des comportements pas faciles à vivre, certes, mais NATURELS et NORMAUX ! »

 

Une fois les raisons de la crise identifiées, demandons-nous :

« Que faire ? »

 

Dire STOP plutôt que « non »

STOP est un mot plus efficace et plus clair ! Un « non » dit à l’enfant n’est pas toujours un « non » ressenti. Quand vous dites STOP, le message est clair, l’enfant doit s’arrêter.

« Quand vous dites NON, c’est souvent sur un ton de reproche et en fronçant les sourcils, tandis qu’en disant STOP vous ouvrez les yeux et votre ton est impératif sans être blâmant, vous interrompez un mouvement. »

 

Intervenir physiquement

Petit, l’enfant :

  • comprend les mots mais ne peut les garder en tête très longtemps

  • ne peut gérer plusieurs infos en même temps

  • comprend ce qu’on lui dit mais ne fait pas encore le lien avec ses propres actes

  • ne sait pas encore s’arrêter de lui-même (dans son cerveau les zones de l’impulsion, aller vers… et de l’inhibition, s’arrêter de… ne sont pas encore bien connectées)

  • son cerveau ne traite pas bien la négation (si vous dites : « ne mange pas de bonbon », l’enfant entend « mange » et « bonbon » et va vite en manger un pour faire ce qu’il vient d’entendre !) Isabelle Filliozat propose avec humour aux parents lecteurs de faire le test suivant : « ne pensez pas à une girafe ! » Que se passe-t-il ? Vous pensez à une girafe ! Malgré l’interdiction ! Conclusion : mieux vaut dire à l’enfant ce qu’il peut faire que le contraire.

Il est plus utile de donner à l’enfant une seule consigne à la fois et d’accompagner son corps pour qu’elle s’y inscrive.

« Avant l’âge de deux ans, l’intelligence de l’enfant est sensori-motrice, c’est-à-dire qu’elle passe par ses sensations physiques et ses mouvements. Faire le geste interdit, c’est utiliser son intelligence sensori-motrice pour assimiler la consigne verbale, comme pour se la redire avec son corps ! »

 

 

Donner des consignes plutôt qu’interdire

« Pour poser des limites, les permissions et les informations sont plus efficaces que les interdits. »

Le cerveau ne gérant pas bien la négation, une demande formulée de façon positive va aider l’enfant à focaliser son attention sur la demande plutôt que sur le comportement inapproprié. L’information permet de comprendre le sens des demandes, pourquoi je suis autorisé à faire ceci et pas cela. L’information est capitale pour que l’enfant comprenne la nécessité d’être prudent lorsqu’il s’approche d’un poêle par exemple. Une interdiction simple du type « il est interdit de toucher le poêle » ne renseigne pas sur sa dangerosité et au contraire incitera l’enfant à aller vérifier ce qui se passe si… L’information mobilise le cerveau frontal de l’enfant et incite à la prudence. L’interdiction appelle tôt ou tard la transgression.

 

Un seul mot suffit

Une fois la consigne posée, un seul mot suffira pour la rappeler à l’enfant, par ex : « le poêle ». L’enfant se souvient immédiatement que le poêle est chaud et qu’il doit être prudent.

 

Le pouvoir de la description

« Le jugement, même positif met l’enfant en tension. Et si les compliments sont excessifs ou insuffisamment précis, l’enfant peut douter. Comment les féliciter sans juger ? Une clé : décrire ! »

Pour éviter de tomber dans le jugement de valeur (qu’il soit positif « ton dessin est magnifique ! » ou négatif « c’est quoi ces crabouillages ? »), Isabelle Filliozat propose d’utiliser le compliment descriptif. Il suffit (mais ça nécessite de prendre vraiment le temps avec son enfant, en toute présence et authenticité) de décrire ce que nous voyons de qu’il a produit. Décrire les formes, les couleurs, les expressions de son visage qui évoque le plaisir… L’enfant y gagne sur au moins deux points. Il ne sera pas en attente constante d’un jugement extérieur sur son propre travail mais aura appris à se forger son avis à lui et sera renseigné sur ses capacités réelle à faire.

 

Punition

« Si les punitions éduquaient, il y a belle lurette que l’espèce humaine ne commettrait plus de crimes. L’illusion provient aussi du fait que les punitions ont une efficacité sur le court terme, non pas en terme d’éducation, mais de soulagement du punisseur, qui a le sentiment de reprendre le contrôle de la situation. »

La punition a plusieurs inconvénients :

  • Elle s’arrête au problème et non à la cause du problème. Par ex, un enfant renverse régulièrement son verre. Il est puni, au coin.La punition ne lui enseignant pas comment faire pour éviter de casser un verre, la fois prochaine, il casse à nouveau un verre et se fait à nouveau punir.

  • Elle empêche l’enfant de réparer son erreur et de vivre les conséquences naturelles de ses actes.

  • Elle peut faire émerger un sentiment d’injustice. Par exemple, lorsque la punition n’est pas en lien avec le comportement direct de l’enfant. « tu as encore cassé ton verre, tu seras puni de télé »

  • Elle peut nourrir des sentiments de vengeance. « puisque que tu m’as puni pour ça, tu vas voir ce que je vais faire après… »

  • Elle peut provoquer un sentiment de honte chez le jeune enfant, de malaise, de repli sur soi et entacher la construction de l’estime de soi.

  • En entrainant du stress chez l’enfant, elle ne lui permet pas de prendre le recul nécessaire face à la situation et d’en tirer des conséquences. Au contraire, seul le stress et le mal être que ça provoque chez l’enfant sera retenu. L’enfant obéira alors par peur du parent et non parce qu’il a compris les raisons du mécontentement de l’adulte.

  • La peur et le stress inhibent les fonctions cérébrales supérieures, ce qui impacte ensuite les capacités intellectuelles et émotionnelles de l’enfant, peut provoquer des troubles anxieux…

  • Comme la punition ne fonctionne pas, elle devient parfois de plus en plus sévère.

« Les punitions n’enseignent que la peur du gendarme et non pas responsabilité et autodiscipline. » « Punir n’est pas manifester son autorité. Nous punissons par manque d’autorité ».

 

L’effet Pygmalion

Lorsque  des étiquettes sont collées aux enfants, c’est-à-dire que nous réduisons la personnalité de l’enfant a  un trait de son caractère, comme par ex : « tu es maladroit », « mais que tu es timide ! » « rho tu es un vrai pot de colle », se met en place l’effet pygmalion, ou la réalisation automatique des prédictions.

L’enfant, puisqu’il est perçu comme tel par l’adulte qui n’en démord pas, se conforme alors à l’image que l’adulte a de lui. Il devient le timide en toutes circonstances, le maladroit…

 

Coups, gifles et fessées

« Frapper, cogner, gifler, donner des fessées, tirer les oreilles, donner des petites tapes…. Fait du bien au parent qui s’est ainsi libéré de ses tensions et a l’impression d’avoir fait quelque chose, donc de ne plus être impuissant. »

Pour autant, tout comme les punitions, c’est inutile. De plus c’est néfaste pour le développement de l’enfant.

  • L’enfant apprenant en grande partie par l’imitation, apprend qu’il peut résoudre ses problèmes par les coups. Frapper est donc une solution possible à un problème.

  • Les coups sont peut être efficace sur le moment car ils stoppent le comportement que l’adulte souhaite voir disparaître mais ils n’enseignent rien à l’enfant sur les raisons de ce mécontentement, en quoi sont comportement est inapproprié, comment faire autrement…

  • Il y a toujours le risque d’une escalade dans la violence, une petite tape, puis une fessée sur la couche, puis une fessée sans la couche, puis une claque….

  • L’enfant risque de se protéger en se disant « même pas mal » et de se forger une carapace qui le mettra en difficulté plus tard dans ses relations aux autres.

  • L’enfant se sent humilié, diminué, mal aimé, honteux… sentiments qui entravent le développement de l’estime de soi et de confiance en soi. L’enfant peut ne pas se sentir aimable (personne qu’il est bon d’aimer).

  • La violence ressentie risque d’être exprimé à un moment ou à un autre (envers des copains, envers l’enfant lui-même…)

« Dans la tête de l’enfant, amour et humiliation s’associent, ce qui ne présage rien de bon pour ses futures relations amoureuses. »

 

A l’inverse, Isabelle Filliozat précise que tout pardonner n’éduque pas !

Elle dit que s’il est normal de tout faire pour un nourrisson, dès que l’enfant gagne en autonomie il est indispensable de le laisser faire seul ce dont il est capable : reconnaître les conséquences naturelles de ses actes, les réparer, être attentif aux autres… L’enfant se responsabilise et développe ainsi  l’auto discipline. Si le comportement de l’enfant n’entraine pas de conséquences naturelles (par ex si l’enfant renverse de l’eau, il peut prendre la serpillère pour absorber l’eau tombée) alors s’applique une conséquence logique (par ex, si l’enfant a jeté un jouet, la conséquence logique est de lui retirer. Pas plus de 5 min à 2 ans et pas plus d’1h à 4 ans).

« Pour aider nos enfants à grandir, mieux vaut se concentrer sur les solutions que sur les problèmes. »

 

Isabelle Filliozat donne également tout au long du livre des pistes de compréhension de ce qui se vit chez l’enfant de cette tranche d’âge à la lumière de ce qui se passe pour lui, entre autre, dans son corps, son cerveau.

 

Il veut manger tout de suite

La baisse de la glycémie dans le sang peut provoquer agressivité et pleurs incontrôlés. Elle conseille donc, lorsque l’enfant manifeste sa faim et que le repas n’est pas prêt, d’entendre la demande de l’enfant et lui proposer un petit morceau de pomme, de concombre, quelques amandes… pour patienter, limiter la baisse de glycémie et éviter une situation inconfortable pour tous.

 

Elle me regarde avant de pleurer

L’enfant cherche dans le regard de son parent des informations quant à ce qu’il vient de vivre. Votre regard est inquiet ? Elle pleure. Il est souriant ? Elle passe à autre chose.

« Votre enfant est un mammifère. Certes, il n’y a plus de prédateur, mais elle ne le sait pas encore et le programme est inscrit dans ses circuits cérébraux. Tout mammifère attend sa maman avant d’exprimer sa détresse à grand bruit. »

Il en va de même lorsque vous récupérez votre enfant à la crèche. Il a passé une bonne journée mais dès votre arrivée, il craque, pleure, crie, tape des pieds… Ce n’est pas que vous êtes une mauvaise mère !

« Pleurs et colères sont parfois (souvent) de simples décharges de tension confiées à la source d’amour inconditionnel : maman. »

 

 

Elle hurle quand je m’éloigne

Quand elle ne vous voit plus (maman = sécurité), des hormones de stress l’envahissent. L’anxiété n’est pas que psychologique, elle est aussi physiologique. L’enfant, seul, est soumis au stress. Pleurer est sa solution pour tenter de mettre fin  à ce stress. Il a alors besoin d’ocytocine pour se calmer. Donc de vous, de vos paroles chaleureuse, de votre toucher affectueux…

 

Il hurle à la moindre frustration

Ce qui nous parait minime à nous adulte (tu n’auras pas cette glace), se joue parfois à un niveau que nous ne percevons pas. En imaginant cette glace qu’il pensait avoir, le cerveau de l’enfant a fabriqué de la dopamine, molécule du plaisir. Suite à votre refus, le taux de dopamine chute brutalement et provoque une réaction d’agression envers la personne présente. Acceptez la douleur qu’il ressent, le fait qu’il pleure et aider le à traverser ce moment difficile.

Face à l’écran de télévision, l’enfant est comme hypnotisé. La télévision de par son balayage lumineux, le son, le rythme des images… met le cerveau en ondes alpha. L’enfant se sent bien, sans rien faire et n’a pas envie que ça change. Il fabrique des opioïdes. Lorsque vous éteignez la télévision, le taux d’opioïdes chute brutalement et provoque de la douleur… d’où la crise ! Pour limiter son effet hypnotique, il est utile d’entraîner les enfants à cligner des yeux pendant qu’ils regardent la télé et à dévier leur regard de temps à autre pour regarder plus loin.

 

Aux alentours de 18 mois, l’enfant dit NON, vers 2 ans il veut faire et dit TOUT SEUL, vers 3 ans il dit JE, aux alentours de 3.5/4 ans il développe son imaginaire, c’est la période des cauchemars.

 

Les gros mots

L’enfant qui dit des gros mots commence à faire des liens entre ce qu’il entend et la situation dans laquelle ces mots ont été prononcés. Il commence ainsi à intérioriser et reproduire les comportements des autres et pas que les bons ! Il est alors utile de lui apprendre ce qu’est un gros mot. Quand et pourquoi, parfois, on le prononce.

« C’est un mot qu’on appelle gros parce qu’il est chargé de colère »

Certains gros mots comme « merde » nécessitent juste une reformulation « zut », d’autres par contre sont inacceptables car ce sont des mots qui font mal.

Votre enfant insulte ? « STOP ! Ici on dit ses sentiments, pas les mots cailloux ! »

 

Les « je veux »

Quand votre enfant dit « je veux » ça ne veut pas forcément dire qu’il exige. Il ne maitrise pas encore la conjugaison ! Il peut vouloir dire simplement : je vois, je reconnais, j’aime… Ce dont il a besoin, c’est que ce qu’il dit et parfois ce qu’il désire soit entendu et reconnu par vous.

 

Isabelle Filliozat termine son livre ainsi :

« Prenons le temps de profiter de chaque instant de chaque étape de la vie de notre enfant. Ça passe toujours trop vite. Il n’y a jamais qu’une seule vraie urgence : AIMER ! Le reste, après tout, est-ce vraiment si grave ? »

 

 

 « J’ai tout essayé ! » Isabelle Filliozat
 « J’ai tout essayé ! » Isabelle Filliozat

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Une nouvelle autorité sans punition ni fessée

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« Une nouvelle autorité sans punition ni fessée » de Catherine Dumonteil-Kremer.

 

Le réservoir affectif

L’image que comme une voiture possède un réservoir d’essence dont elle a besoin pour rouler correctement, l’être humain possède un réservoir affectif dont il a besoin pour aller bien et donc avancer sereinement sur son chemin de vie m’a tout de suite conquise.

Ce réservoir peut se vider lorsque l’être humain est confronté au deuil, au stress, à la faim, à une mauvaise journée à l’école ou travail (selon que l’on est un enfant ou un adulte), une séparation, une dispute avec une personne aimée…  Lorsqu’un enfant semble toujours insatisfait, a un comportement inadapté, c’est peut-être simplement que son réservoir est fissuré ou vidé ? « Derrière chaque comportement « inapproprié » de l’être humain, il y a une blessure et bien souvent un besoin non satisfait »

« Le niveau de maturité du cerveau de l’enfant ne lui permet pas, lorsque son réservoir affectif est vide, de différer la décharge de l’émotion qu’il éprouve et de demander calmement de l’aide à ses parents. Il risque de se mettre immédiatement en mode « crise de chagrin ou de rage », ce qui nous plonge dans une grande perplexité, voir dans un état émotionnel pas très éloigné de celui que nous observons chez lui ».

Reste alors à le remplir plutôt que de le blâmer, le punir ou le fesser.

La pose de limites comme un processus de recherche des besoins de l’enfant.

La base de ce processus (la base de tout je dirais, la base de mon métier de parent et d’éducatrice de jeunes enfants) c’est l’OBSERVATION ! Observer l’enfant et se demander quel est le message derrière ce comportement, de quoi mon enfant a-t-il besoin là maintenant ?  

Le besoin de présence, d’attention, d’être et faire ensemble

Le bébé recherche la proximité avec sa figure d’attachement principale (souvent sa mère) car sa présence lui procure la sécurité nécessaire pour explorer le monde. Non, il ne fait pas un caprice lorsqu’il demande les bras, c’est un besoin vital pour lui ! Il recherche, de toutes ses forces et avec le peu de moyen qu’il a (tendre les bras et pleurer), à se sécuriser.

Pour satisfaire ce besoin de présence et d’attention de l’enfant, que pouvons-nous faire ?

  • L’observer

  • Etre à l’écoute de ce qu’il nous dit et nous montre

« Ecouter donne une existence à l’autre, à ses ressentis, à ses émotions agréables ou plus difficiles. » « N’hésitez pas à dire NON de façon claire et honnête, avec délicatesse, sans gêner votre enfant ou l’embarrasser publiquement. Après ce NON, une déception plus ou moins grande se manifestera. Votre enfant sera triste ou en colère, il aura besoin d’être écouté à ce moment-là. C’est de lui refuser cette coute qui le blessera, bien plus que le NON en lui-même. »

 

  • S’intéresser à ce qu’il fait (même lorsque cela nous paraît, à nous adulte, dérisoire comme le énième caillou, semblable à tous les autres, qu’il vient de ramasser et qu’il vous présente comme une pierre précieuse !)

  • Etre en contact physique avec lui (câlins, bisous, caresses, douceur dans les gestes du quotidien…)

  • Partager avec eux nos (faire la cuisine, faire les courses, repeindre les murs de la maison…) et leurs (faire un jeu de société, jouer à la dinette, regarder leur émission de télé préféré…) activités. Ils aiment nous montrer ce qu’ils savent faire. En partageant ces moments avec eux, nous renforçons notre lien à eux et la confiance qu’ils ont en nous. Nous répondons aussi à leur besoin d’attention.

     

Tout cela va nourrir l’estime de soi et la confiance en soi de l’enfant. « Des bras aimant seront son refuge »

Le besoin de se nourrir

Lorsqu’il y a nourrissage à la demande du bébé, le sentiment de sécurité est assuré. Lorsqu’il y a, au contraire, du forcing, c’est le sentiment de crainte qui s’installe.  « La contrainte (…) renforce le rejet de l’aliment avec lequel on essaie de familiariser l’enfant »

Lorsque les besoins alimentaires de l’enfant sont respectés, la sensation de satiété est reconnaissable par celui-ci. Inversement, un enfant que l’on force à terminer son assiette alors qu’il n’a plus faim ou un autre que l’on empêche de manger lorsqu’il a faim (parce que ce n’est pas encore l’heure) sera en grande difficulté, plus tard, pour reconnaître ses besoins physiologiques : la sensation de faim et la sensation de satiété. Notre rôle est de faire confiance aux capacités de l’enfant à savoir ce dont il a besoin et de lui procurer des aliments sains.

Les dernières études sur l’alimentation ont montré que les enfants qui ont mangé avec leurs doigts se nourrissent mieux une fois adulte et que cela favorise un poids d’équilibre !

Le besoin de dormir

Pour que le bébé puisse s’endormir sereinement, il doit se sentir en sécurité ET avoir sommeil. Certains y arrivent seuls (ce n’est pas la majorité), d’autres pas  et c’est normal ! « Répondre au besoin de proximité qu’ils expriment est alors la seule chose à faire. Un bébé ne peut pas s’apaiser seul ; le laisser pleurer finit par le plonger dans le désespoir, puis le découragement. Il abandonnera certes l’idée de solliciter ses parents mais, d’après Margot Sunderland, du centre de psychiatrie infantile de Londres, il ne faut pas confondre un bébé calme et comblé avec un bébé refoulant ses besoins. Le rythme cardiaque de ce dernier est parfois très irrégulier, son taux de cortisol (l’hormone qui aide à gérer le stress) est trop élevé. »

Il est important de ne pas avoir trop d’attente face au sommeil de l’enfant et de répondre à ses besoins au jour le jour. En moyenne, aux alentours de 4 ans, les enfants arrivent à dormir toute une nuit. Pour autant, ils sont tous différents et certains auront besoin de soutien plus longtemps.

« Chez les adolescents, l’hormone de l’endormissement se déclenche très tard dans la soirée, ce qui explique leur coucher tardif. »

Le besoin de bouger

« Le bébé bouge déjà in utéro, il continue à se mouvoir après la naissance »

Il est nécessaire de prendre en compte ce besoin et d’aménager l’espace/temps en fonction, au risque de voir l’enfant se déconnecter de son corps et de voir également des tensions s’installer (du type la scoliose de l’ado qui a passé bien trop de temps assis, sans bouger, sur les bancs de l’école, entre autre).

Le besoin d’explorer

Les enfants apprennent sans cesse. Tout est à découvrir, tout est intéressant et les règles sociétales ne sont pas innées. Elles s’acquièrent elles aussi. Nous disons que l’enfant joue, avec un soupçon de c’est moins important que ce que je fais-moi, adulte, je travaille, quoi ! Alors que le jeu de l’enfant est un système très complexe fait d’observations, de répétitions, d’essais, de constats, de calculs… L’enfant est biologiquement programmé pour jouer, c’est-à-dire explorer, découvrir, comprendre, apprendre et grandir, c’est pourquoi : « même avec les meilleures intentions du monde, les petites tapes sur la main données à froid ou bien les « Non ! » retentissants effraient les petits et les plongent dans une grande perplexité à propos d’eux même. Le trouble de leur pensée pourrait se résumer ainsi : « voilà que la personne en qui j’ai le plus confiance me frappe pour une action que tout mon être me dicte de faire ! » »

« En organisant un environnement excessivement sécurisé, nous empêchons nos enfants de faire les expériences qu’ils ont besoin de vivre pour devenir compétents dans notre monde et y ajouter leur propre contribution. »

Nous avons tous été des enfants

C’est évident, nous avons tous été des enfants. Certains de nos besoins ont été comblés, d’autres non. Ces derniers continuent de s’exprimer à l’âge adulte. Ils se manifestent de façon rigide sans que jamais nous ne puissions réellement les combler. L’auteure parle alors de « besoins gelés » qui se retrouvent en compétitions avec les besoins de nos enfants et explique le caractère disproportionné de certaines de nos réactions face à un comportement de celui-ci.

« Quand un enfant ne mange pas, c’est qu’il n’a pas faim. Il n’y a aucune raison d’y ajouter de la colère, sauf si l’on a soi-même déjà vécu cette situation petit. »

« Colère, abattement, gêne, tristesse ou peur irrationnelle, nos émotions refont surface comme autant de signes indiquant de vieilles blessures. »

Il semble alors important de se questionner pour éclaircir la situation. Quels sont les besoins de mon enfant ? Quels sont mes besoins gelés ? Pour cela, elle propose de faire un bilan, pour son enfant, et pour soi-même. (Voir page 78/79 du livre)

L’idée de ce travail est que les réparations remplissent le réservoir affectif.

Chercher, comprendre, réparer.

Traumatismes et réponses hormonales

« Les neurosciences assimilent aujourd’hui à des traumatismes toutes les situations que nous avons vécus enfant et qui mettaient en jeu notre survie physique ou psychique »

Par ex, le bébé qui pleure parce qu’il a faim et que personne ne vient chercher, que personne ne vient alimenter, sans que des paroles ne lui soient adresser, vit une situation traumatisante. Le cerveau sécrète alors adrénaline et cortisol. Si la situation perdure trop longtemps, les quantités de ces deux hormones dans le cerveau atteignent des quantités trop importantes. Le cerveau disjoncte.

« Dans ce cerveau littéralement « en panne », seule l’amygdale (siège de la mémoire émotionnelle dite implicite, c’est-à-dire non consciente) est activée. Le traumatisme y est stocké. Certains appellent « refoulement » ce processus qui nous aide à survivre. Sans lui, la réalité aurait été invivable, puisque personne ne venait à notre secours. Le problème de l’amygdale, qui au bout du compte a stocké toutes les situations difficiles non intégrées de notre enfance, c’est qu’elle se réactive à chaque fois qu’elle rencontre un élément qui lui rappelle la situation traumatisante passée. »

C’est pourquoi les besoins de nos enfants peuvent parfois faire remonter une forme de violence en nous. L’amygdale se souvient !

Notre inconscient décide pour nous

« L’inconscient accomplit, à notre insu, 90% de nos démarches mentales : il gouverne notre vie »

« Notre mémoire est la faculté la plus importante : 99% de ce que nous pensons voir se trouve déjà en elle, 1% seulement vient s’y ajouter par l’intermédiaire des organes des sens »

« Notre cerveau réagit en fonction d’une sorte de programme, dont la majorité des éléments a été engrangée pendant les premières années de notre vie »

« « La conscience est une sorte de clap de fin qui se manifeste lorsque tout est déjà joué, un tour de passe-passe diplomatique de notre cerveau pour nous faire croire que nous avons encore notre mot à dire » affirme Allan Snyder, le directeur du Center for the Mind de l’université de Sydney »

Heureusement notre cerveau est plastique ! C’est-à-dire modulable, la motivation peut nous faire changer de voie. Il suffit de le décider et de s’entraîner !

Pour ne plus être prisonnier de nos réactions, il nous faut nous observer, écouter nos émotions, les comprendre et les accepter pour pouvoir s’en libérer et faire autrement. Un outil que propose l’auteure : le journal émotionnel.

« Ecrire à propos d’une situation difficile améliore l’état de la personne qui l’a vécue »

Prendre un cahier et noter la situation difficile, la date, l’heure, le lieu, ce qui a déclenché notre réaction. Plus tard, lorsque l’on est disponible, reprendre cette situation et la détailler (son origine, les sons, les odeurs, les paroles qui l’entourent). Comment se déroulait ce type de situation avec mes parents lorsque j’étais enfant ? Notre réaction est souvent une résurgence du passé, l’expression d’un besoin gelé et n’a rien à voir avec notre enfant. S’interroger par contre sur ce qu’a pu produire notre réaction sur lui.

Une fois le travail écrit terminé, s’asseoir, fermer les yeux, repenser à cette situation et se concentrer sur notre ressenti. Que se passe-t-il en nous ? Accueillir et accepter cette sensation.

« En vous autorisant à « être avec » ce ressenti corporel, vous serez surpris de constater tout ce que votre écoute amicale fait évoluer. »

« Si des émotions surgissent (…) laissez-vous traverser, couler librement si ce sont des larmes, car elles sont comme une vague qui passe et emporte avec elle votre tristesse. Laissez-vous trembler, c’est la peur qui vous quitte. »

« Peu à peu, vous vous sentirez plus conscient de ce qui se passe en vous, vous pourrez agir pour éviter de blesser votre enfant, et prendre soin de vous. »

 

Les conditions optimales de l’apprentissage

L’enfant apprend mieux lorsqu’il évolue dans un bain positif et soutenant.

Au contraire, de nombreuses recherches ont montré que « la punition le blesse [et] la récompense anéantit sa motivation intrinsèque (…) sa créativité et son désir de bien faire ».

La contrainte a également un effet négatif sur les apprentissages. D’où parfois les difficultés à faire faire ses devoirs à un enfant par ailleurs très avide de connaissances. Ce n’est pas l’apprentissage la source du problème mais la contrainte, la rigueur, le manque d’écoute et de souplesse, l’obligation d’engranger puis de restituer …  Des études révèlent que nombre d’élèves ont peur de donner une mauvaise réponse en classe, d’avoir fait des erreurs dans les devoirs… La peur paralyse et bloque les apprentissages.

Les neuroscience ont mis à jour que tout le monde a de la manière grise en quantité équivalente et que ce sont les conditions  d’apprentissages qui vont ensuite faire la différence entre les individus. Le cerveau étant plastique, la motivation intrinsèque (celle qui vient de soi) va jouer un rôle important dans l’acquisition des connaissances. A contrario, la motivation extrinsèque (celle qui vient de l’extérieur comme les notes, les punitions, récompenses…) a un impact de très courte durée. « C’est ce qui explique, par exemple, que 85% des connaissances engrangées pour le baccalauréat sont oubliées une fois les épreuves passées. Nous reprochons souvent à nos jeunes écoliers ou lycéens de ne pas être motivés, alors que ce sont les conditions scolaires qui sont démotivantes ».

De plus, les conditions d’apprentissages (passer des journées entières assis à écouter alors même que bouger est un besoin, le stress, la peur, une méthode unique pour tous…) a des conséquences sur l’épanouissement personnel de l’enfant ET sur le temps passé en famille. Nombre de parents sont témoin de cette décharge de tensions accumulée pendant la journée de classe, le soir à la maison, qui vient parfois abimer la relation enfant/parent. « Faire évoluer l’école, c’est un peu la responsabilité de chacun. Nous pouvons devenir partenaires des enseignants de nos enfants, tenter de les soutenir en leur faisant part de nos découvertes… »

« Le rapport de cause à effet est essentiel pour aider l’enfant à se familiariser avec certaines conséquences de leurs actes (…) Que se passe-t-il lorsqu’un enfant ne veut pas mettre de chaussures par exemple ? Marcher pieds nus est la conséquence directe. Qu’il marche donc pieds nus et qu’il observe si cela lui convient ! »

« Une des façon les plus efficaces d’apprendre c’est d’agir. Plus votre enfant fait et constate les conséquences de ses actions, plus il devient compétent. »

 

Le carnet de route

C’est un cahier, un petit carnet, un classeur… peu importe, l’important est qu’il soit beau à vos yeux, qu’il vous plaise et vous donne envie de venir y noter les évènements qui marquent la vie familiale.

Sur la 1ère page, noter son projet de parent (quel parent j’aimerais être ? Quel est l’essentiel d’une relation solide avec mon enfant aujourd’hui et quand il sera grand ? Quel adulte je souhaite qu’il devienne ?). Dans les moments difficiles, relire ce projet nous rappelle nos inspirations profondes et aide à les retrouver.

Sur la 2ème page, coller une photo de chaque enfant bébé. Dans les moments difficiles, elles permettent de retrouver l’attendrissement et les sentiments que l’on a éprouvé pour eux.

Remplir les autres pages, au fil du temps, des envies et des évènements.

Le carnet de route est une ressource formidable dans les moments de découragement, de doute et de fatigue.

Le vision board

C’est un collage, cette fois, d’images, de photos, de mots, de petits objets qui matérialisent le projet éducatif que l’on a pour nos enfants. C’est un aide-mémoire qui encourage et remet sur les rails dans les moments noirs, tout comme le carnet de route, mais plus rapide. En un coup d’œil, on se remémore d’où l’on vient et où l’on veut aller avec eux.

Règles et valeurs

Noter sur une feuille :

- les comportements que l’on souhaite voir adopter par notre enfant (dire « bonjour » « merci », se laver les dents, participer aux tâches ménagères, être respectueux d’autrui et du matériel…)

- les situations dont on souhaite le protéger (se mettre en danger, blesser quelqu’un, casser…)

Tout ceci aboutit à 2 types de règles :

  • Les non négociables qui, de fait, ne se discutent pas. Il y en a peu : se faire du mal ou faire du mal à autrui et dégrader les biens des autres.

  • Les négociables, quasi toutes les autres, qui par essence, peuvent se discuter en fonction de l’âge, de l’environnement, des circonstances et des capacités de l’enfant à trouver une autre solution.

« Le contrôle met l’enfant sous pression, si bien qu’il commence à agir de façon désordonnée. Il est alors puni pour son « mauvais » comportement et un cercle vicieux se met rapidement en place. Dans un premier temps, l’enfant résiste très fort au contrôle, puis il finit la plupart du temps par s’y soumettre pour obtenir l’amour de ses parents et avoir la paix. A l’adolescence, ses capacités de résistance refont surface. Il a désormais les moyens de simuler ses actes de manière à éviter la désapprobation parentale. Nous devenons alors les parents d’une personne que nous ne connaissons pas vraiment, qui n’a aucune confiance en nous et vit le désespoir de n’avoir pas été accepté telle qu’elle était depuis le début de sa vie. »

 

Changer de regard

Notre regard, les mots que l’on pose, nos attentes conscientes ou pas ont un impact important sur notre enfant voir conditionnent son comportement.

« Ainsi les nombreuses mises en garde formulées avec les meilleures intentions deviennent elles des prédictions auto-réalisatrices. Les « tu vas tomber ! », assez souvent suivis de « j’en étais sûre, je te l’avais bien dit, la prochaine fois tu m’écouteras », sont des grands classiques de l’éducation traditionnelle. Et, d’une certaine manière, quand il a dit cela, le parent obtient le résultat qu’il attend. »

Pourquoi ne pas tenter de remplacer ces attentes négatives par des attentes positives en faisant CONFIANCE à l’enfant ?

 

Cultiver la joie de vivre

La fatigue est le pire ennemi des parents, elle nous déconnecte de nos enfants et peu faire surgir de la violence.

Il faut savoir que notre humeur (bonne ou mauvaise) est contagieuse et que les émotions positives augmentent nos compétences intellectuelles, physiques  et relationnelles.

« Avec la joie, nous faisons d’une pierre plusieurs coups ! Nous améliorons la relation à nos enfants et nous renforçons notre capacité à trouver des solutions élégantes rapidement »

« Quand nous sommes heureux, nos amis se sentent plus heureux, de même que les amis de nos amis et cela affecte même les amis des amis de nos amis. »

Comment ?

  • La musique

  • La danse

  • Les films et/ou sketches comiques

  • Les petits mots doux à dire, à écrire, glisser sous l’oreiller, dans le sac d’école, sur le miroir de la salle de bain ou de l’entrée, sur une carte faite maison…

  • Dire « Merci » « Remercier est l’une des actions les plus efficaces pour élever notre niveau de bien être quotidien ainsi que celui de nos enfants » « Quand mon enfant a débarrassé  le lave-vaisselle en mon absence, je ne lui dis pas « c’est bien, tu grandis ! » avec ma condescendance d’adulte, mais plutôt « Merci ! Si tu savais comme ça me fait du bien, j’étais fatiguée ce soir ». Je remercie mon enfant et il ressent ainsi que son travail et ses actes ont une importance et un impact positif dans la communauté familiale ».

  • Les instants de bonheur : dire chaque jour les bons moments qu’on a eu dans notre journée et les savourer

  • Voir la vie en rose juste avant de s’endormir! Imaginer votre journée du lendemain et les activités agréables que vous allez pouvoir y vivre (câliner votre enfant, aller à la piscine, ressentir la chaleur su soleil sur la peau…).

  • Voir la vie en rose en vous levant le matin ! Avant de se lever, choisir une intention claire et positive du type « je vais passer une belle journée avec mes enfants ».

 « Rien ne fonctionne en permanence, notre cerveau s’adapte. Alors changez de temps à autre votre façon de faire. Abandonnez une astuce pour la reprendre un peu plus tard. Offrez-vous de la variété ! »

 

L’écoute

L’écoute « active », mise en place par Carl Rogers, est un outil formidable pour nouer des relations sereines avec autrui mais difficile à acquérir car nous sommes habitués à donner tout le temps notre avis (« moi à ta place… », « Ah bah pour moi c’est différent… »…)

Ecouter, c’est se taire et laisser à l’autre la place de se dire. L’objectif de l’écoute active est d’être connecté à l’autre. L’écoute permet à l’autre de se sentir entendu et compris et de conforter l’estime de soi.

Après avoir écouté, on peut reformuler ce qui a été dit pour le faire valider par l’autre et s’assurer que l’on a bien compris.

« L’écoute est un moyen très efficace de resserrer les liens, d’approfondir les relations de manière rapide. C’est une marque d’intérêt très profonde, un signe d’ouverture. Elle fait grandir l’estime de soi des enfants, qui se sentent exister grâce à cet accueil sans condition de leurs sentiments. Plus nous sommes à l’écoute plus les enfants partagent, plus nous devenons dignes de leur confiance. »

Leur apprendre à faire des choix

Plusieurs méthodes possibles :

  • Etablir une liste avec les pour et les contre pour éclaircir la situation et pouvoir plus facilement faire un choix

  • Choisir avec son ressenti : lui demander de s’asseoir, de fermer les yeux et de vous écouter lui parler de la première option, par ex, « tu pourrais aller à la piscine, elle est ouverte aujourd’hui, l’eau y est chaude, tu pourras aussi glisser sur les toboggans, sauter dans les vagues et même t’allonger au soleil sur ta serviette… Comment c’est pour toi ? Chaud ? Froid ? Plaisant ? »  On fait la même chose avec la deuxième option et on en discute avec l’enfant.

  • Choisir au hasard : on écrit les différentes options sur des petits papiers et on procède à un tirage au sort.

  • Se poser la question avant de s’endormir. Au réveil, il se peut que la réponse soit là !

La boîte à petits mots / le conseil de famille

L’un et l’autre sont des outils pour faire circuler la communication en famille, pour que les émotions et les vécus se parlent. La boîte à petit mot reçoit tout au long de la semaine les doléances des différents membres de la famille. Arrivé au samedi, la boîte est ouverte, les petits mots lus et l’ensemble de la famille en discute. Le conseil de famille peut prendre autant de forme qu’il y a de famille. Le rituel : allumer une bougie et la placer au centre de la table au début du conseil puis la souffler à la fin. La liste des tâches à partager y est discutée et établit. Chacun peut prendre la parole à son tour pour dire ce qu’il a ressenti/pensé de la semaine ou par l’intermédiaire d’un bâton de parole…

 

En vrac…

« Depuis le début de sa vie, un enfant ressent l’intention et la « vibration émotionnelle » de ses parents. »

« Puisque vous êtes pour lui une source d’inspiration toujours renouvelée, prenez soin de vous ! Et travaillez à faire évoluer chez vous ce que vous aimeriez améliorer chez lui. »

« Si vous voulez que votre message soit entendu, évitez de le clamer entre deux portes. Rapprochez-vous de votre enfant, établissez un contact visuel et tactile pour lui dire ce que vous avez à lui dire. »

« Votre enfant a de bonnes raisons pour agir comme il le fait. Il ne fait rien contre vous, il grandit et tente de vivre toutes les expériences exaltantes que cela entraîne. »

« Les émotions sont des processus physiologiques de guérison. »

« Parler de soi sans impliquer l’autre- fait partie de l’arsenal des techniques de communication. On prend alors la responsabilité de ses sentiments. »

« Traitez le [votre enfant] comme vous le feriez avec un invité de marque(…) si un de mes invités casse un verre, je ne vais pas le reprendre pour sa maladresse ; au contraire je dirai plutôt : « ça n’est pas grave, ne t’inquiète pas.»

« Les larmes sont les bienvenus en tant que processus de guérison. Elles sont le signe que votre enfant se sent suffisamment en sécurité pour évacuer la tristesse. »

« Quand j’essaie de faire en sorte que la relation entre nous soit excellente, les problèmes disparaissent comme par enchantement. »

 

« Gandhi a dit :

« Nous devons devenir le changement que nous souhaitons voir dans le monde ».

A sa suite, l’auteur américain Joseph Chilton Pearce, spécialiste du développement de l’enfant, énonce cette idée qui me paraît essentielle en matière d’accompagnement :

« nous devons devenir les personnes que nous voulons que nos enfants soient. » »

Une nouvelle autorité sans punition ni fessée

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En images...

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Parce que, parfois, une illustration vaut tous les mots...

 

Parce qu'en la découvrant (Bougri), j'ai craqué sur ses illustrations, simples, jolies et efficaces...

Parce qu'elles résument en quelques coups de crayon, les centaines de mots que je sème à l'oral comme à l'écrit...

Parce que c'est une autre façon de communiquer, d'échanger, de faire cheminer...

Parce que du coup, je les ai imprimé et accroché dans la structure où je travaille comme un rappel visuel de nos réunions pédagogiques...

 

Ces illustrations sympathiques sont de Bougrie, vous pouvez la retrouver par ici :   http://bougribouillons.illustrateur.org/2013/05/16/la-confiance-en-soi/#comments

 

J'espère vous avoir donné envie de déambuler sur son site, une mine d'illustrations émouvantes, drôles, parlantes... Elle a l'art de transformer les mots en images, j'admiiiiiiiiiiire!

 

Et vous?

 

 

 

 

 

 

 

 

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Des nouvelles de Toutes en Une

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Capaulie Photographie (316)

 

 

 

 

 

Des nouvelles, des nouvelles, en voici en voilà, deci delà, allez hop, on y va!!!

 

 

 

 

 

Avancer / Evoluer / S'améliorer

A la quête de soi

Vivre / Vibrer / S'accorder

A la recherche de la sérénité

 

Voici les mots qui me viennent à l'esprit, aujourd'hui, lorsque je pense à mon cheminement actuel.

 

J'ai l'impression d'avoir été un barrage qui contenait, jusqu'ici, un mouvement vital, celui de l'eau, de la rivière en route vers.......... la mer.

 

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J'ai l'impression, sous la pression, d'avoir voulu et pu ouvrir les vannes.

 

Cet élan vital, ce besoin d' y aller, d'avancer, là, maintenant, en est presque submergeant car lorsque j'ai ouvert les vannes, toutes en même temps, je me suis laissée déborder, envahir, engloutir. 

Par moment, c'est presque trop d'élan. J'en vacille tellement les choses viennent, arrivent, passent et m'entrainent. 

Aujourd'hui, malgré tout, je me sens plutôt traversée par cet élan, emmenée par le courant, consciemment et volontairement. 

 

Ces vannes, toutes ouvertes, ne sont en fait que trois : la pédagogie Montessori link, qui m'interpelle et m' habite de plus en plus clairement ; Féminessence link, qui m'amène tranquillement mais sereinnement vers ma femme intérieur et la Fneje link, auprès de laquelle je nourris ce besoin d'engagement politique de ma profession. 

 

Trois vannes ouvertes en même temps, c'est trop (j'ai l'impression de devoir/vouloir être partout et le temps réel que je dois/veux consacrer à mes enfants, mon homme, ma famille, mes amis... n'est pas extensible) et à la fois, c'est MOI : Toutes en Une.

 

La pédagogie Montessori, c'est mon côté Lili Pissenlit. La mère qui protège, nourrit et lance son petit.

Féminessence, c'est mon côté Capaulie. La femme qui apprend à connaître et à vivre en harmonie avec son corps, sur Terre. 

La Fneje, c'est mon côté Hélix. La professionnelle, éducatrice de jeunes enfants, qui est actrice de sa profession.

 

"Sois le changement que tu veux voir dans le monde" Gandhi

 

Cette phrase résonne en moi depuis longtemps. Ma vie a pris un autre tournant, le jour où j'ai décidé de l'afficher, dans mon foyer, et de m'y confronter. 

 

Alors OUI toutes ces rivières jusque là contenues, qui d'un coup d'un seul, coulent de concert, vers la mer, source de vie, c'est beaucoup mais sa ma voie vers MOI, vers ma mer.

 

 



 

Bonheur / Liberté / Soi / Accomplissement / Joie / Accordage / Humanité

 

Trouver ses racines puis ouvrir ses ailes.

 

"Etre libre, comme un oiseau s'envoler, battre des ailes jusqu'à aller au sommet et vivre notre vie comme il nous plaît, chaque jour continuer d'avancer...." Colocks

 

Capaulie-Photographie--308-.JPG 

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Au Tour des Parents

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"Au Tour des Parents" 

 

 

 

 

Présentation de la mobilisation



Depuis le 17 novembre 2012, Dominique Bertonotti, ministre déléguée à la famille, a lancé une concertation sur les missions de service public en matière de Petite Enfance et de Parentalité : "Au tour des parents".

 

Cette concertation a pour but :


- de "corriger les inégalités qui commencent dès la naissance et se cristallisent avant les 3 ans de l'enfant"

- de "s'engager pour l'égalité des territoires"

- d' "aider les parents à être parents".

 

Pour cela, une nouvelle méthode est utilisée. Elle combine à la fois le recueil des avis et idées des parents, des acteurs politiques et des acteurs professionnels de la Petite Enfance et de la Parentalité.

 

Toutes les informations reçues et étudiées serviront de base pour:


- élaborer la nouvelle convention d'objectifs et de gestion avec la CNAF

- relancer la préscolarisation à deux ans

- améliorer la coordination des acteurs politiques intervenants dans le domaine de la petite enfance.

 

Concrètement, la consultation citoyenne en région ça donne ça :

 

- 4 régions choisies pour la diversité des territoires français qu'elles représentent (milieux urbains, périurbains, ruraux...) : Midi-Pyrénées, Bourgogne, Nord-Pas-de-Calais, Pays de la Loire.

- des ateliers qui se déroulent sur 2 jours et demi dans les préfectures de ces régions soit : Toulouse (24 nov 2012 + 14 et 15 déc 2012), Dijon (1er déc 2012+ 14 et 15 déc 2012), Lille (17 nov 2012 + 7 et 8 déc 2012) et Nantes (17 nov 2012 + 14 et 15 déc 2012).

- 400 parents participants soit 100 par régions.

- pour ceux qui ne sont pas sélectionnés pour ces ateliers mais qui souhaitent quand même participer, un site internet contributif existe: http://au-tour-des-parents.fr/je-participe-a-la-consultation/

 

En parallèle, une consultation nationale des acteurs de la petite enfance et de la parentalité (élus, institutions, Maire, association familiales, professionnelles...) est lancée.

 

La  restitution nationale des résultats s'effectuera à Paris, la seconde quinzaine de janvier.

 

Au final, le but affiché est d'abroger le décret Morano et de prendre en compte les parents, les politiques et les professionnels de terrain conernant les futures mesures à prendre.

 


Au Tour des Parents : ce que j'aime!

 


"Il s'agit donc de miser sur l'intelligence des territoires, sur l'expertise des parents et l'expérience des acteurs locaux. Mettons la proximité au service de l'ambition nationale".

J'aime l'idée de demander au peuple, aux personnes concernées ce qu'ils pensent et ce qu'ils souhaitent.

Dans les faits... à vérifier!  

 

"Pour que ce rôle soit efficace, il ne peut se résumer à une politique du chiffre"

Là encore, on est d'accord! Sur le terrain on parle qualité de l'accueil, jusque là au gouvernement, on parlait quantité des modes de garde!

Dans les mots on y est! Dans les faits... à vérifier!

 

"Au temps de la "garde" de l'enfant vient le temps de l' "accueil" de l'enfant d'où le nécessaire renforcement de la professionnalisation de ces métiers"

Enfin, on parle d' "accueil", Tabarot parlait de "garde"!!! On avance!!! Vers une reconnaissance des métiers de la petite enfance? J'ose y croire, allez soyons fou! L'espoir fait vivre, c'est ma devise! Sans idéaux et sans espoirs, il ne se passe rien! La formation est donc au centre du débat et c'est une très bonne chose pour moi! Le collectif "pas de bébés à la consigne" se démène aussi pour ça depuis 2009.

 

 

Au Tour des Parents : ce que je n'aime pas! 


 

Pourquoi 4 régions seulement? Question de budget sûrement! Oui mais... même si ces 4 régions sont représentatives des autres niveau manque de place, le sont elle au niveau culturel? Culture de l'enfant, culture du travail, cultures sociales....

 

Pourquoi 400 parents, tirés au sort? Et si le sort jouait en la défaveur de l'Enfant? Est ce que 400 parents c'est représentatif de tous les parents français, de toutes les situations, de toutes les idées? Je ne crois pas! Quel manque alors d'idées, de créativité, de réalité dans cette "enquête de proximité"!

 

En lisant le dossier de presse http://au-tour-des-parents.fr/le-dossier-de-presse/, je me rends compte qu'il y a un grand absent : l'Enfant! Et oui, le gouvernement, depuis le début de la campagne d'ailleurs, est préoccupé par la jeunesse. Même si cette concertation nationale montre qu'il a entendu les parents et les professionnels de la petite enfance, notamment grâce aux actions portées par le  collectif "pas de bébés à la consigne", link il n'est question que de "politique familiale", "jeunesse", "développement de services d'acceuil", "soutien aux parents", "permettre à tous les parents de concilier carrière et vie de famille". Mais l'Enfant, lui même, en tant que petit d'Homme, être respectable avec ses besoins propres n'est jamais cité!

 

Encore une fois, des modes d'accueil OUI mais pas n'importe quel prix!

 

La question centrale pour le collectif "pas de bébés à la consigne" et bien d'autres parents, professionnels, institutions et pour moi... est :

 

Comment accueille t on, aujourd'hui, en France, les jeunes enfants? Comment? Comment? Comment?


J'aimerais que cette consultation/ concertation débouche sur l'idée que le petit d'Homme depuis sa conception, en passant par la grossesse, l'accouchement et l'accueil est respectable et qu'il est nécessaire de miser sur cette période là pour ne pas avoir à payer le prix d'une société déviante et violente par la suite!

 

Que se passe t il dans une crèche lorsqu'il y a 20 enfants pour 2 accueillantes?

Que se passe t il au domicile d'une assistante maternelle lorsqu'elle accueille 4 enfants en même temps? Que se passe t il lorsque les personnes qui acceuillent les enfants ne sont formées ni au développement psycho-moteur, ni à la pédagogie, ni à la communication?

Que vivent les enfants pendant que leurs parents travaillent?

Quels effets sur les enfants lorsqu'ils ne dorment pas chez eux, avec leurs parents?

Quels effets pour les enfants quand au lieu de s'adapter à leurs besoins on tente de les adapter, eux, aux besoins du capital? 

Et j'en passe...

 

J'espère de tout coeur que ces questions viendront ponctuer le débat et j'ai participé via le site internet en ce sens mais... 

 

Je terminerais par cette phrase de F. Mitterand qui est cité à la fin du dossier de presse:

 

"De la qualité du lien qui unit les parents et les jeunes enfants dépend la solidité de la famille, la préparation du jeune à la vie sociale. La responsabilité des parents est entière, mais ils ne peuvent l'assumer que si aide suffisante, nécessaire et juste leur est donnée par la collectivité nationale".

 

Tout y est! L'importance du lien enfant/parent, la qualité et le soutien de la société!!! 

 

Alors je participe et j'y crois! Je diffuse, j'explique, j'incite les autres à participer! Prenons la parole, osons montrer nos idées car c'est ensemble, les coudes sérrés que nous pourrons accueillir et éduquer autrement nos enfants.

 

Au Tour des parents!

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Noël et la demoiselle

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Capaulie Photographie (155)L’automne est arrivé.

 

La luminosité s’affaiblit. Les feuilles se décrochent de l’arbre, petit à petit, et dansent au gré du vent jusqu’à recouvrement du sol d’un épais manteau chatoyant. Rouges, oranges et marrons, elles crissent sous nos pas. Les bogues de châtaigne, piquantes mais intrigantes, attirent les petits doigts. L’automne est là et permet de ressentir et vivre la saison à travers de nombreuses manipulations et sensations.

 

 

Et pourtant, tapie au creux de moi, une question se réveille déjà, sautant ainsi le pas de l’automne pour se poser directement sur l’immaculé manteau blanc de l’hiver.

 

Je suis là, auprès du poêle, avec mes enfants, confortablement installée sur le canapé.

Je suis là, bien empêtrée, avec cette question qui raisonne dans la maison : le Père Noël existe-t-il ?

Je suis admirative de celles et ceux qui ont déjà trouvé leur réponse à eux. Celle qui est en accord avec leur raison, leurs émotion, leur être profond et qui, de fait, peuvent la transmettre sereinement à leurs enfants.

 

Que répondre ? Je ne sais pas.

 

Je suis perdue dans cette histoire de Noël comme dans l’immensité immaculée des champs d’hiver où l’on ne voit rien d’autre que du blanc. Du blanc derrière, du blanc devant, du blanc de tout côté, sans que rien ne permette d’indiquer… une ébauche, un semblant … de direction.

 

Capaulie Photographie (177)

 

Que répondre alors ?

 

Qu’il existe une merveilleuse histoire qui raconte que la nuit de Noël, un vieux père, distribue aux enfants (sages) les cadeaux tant convoités durant l’année, en passant par les cheminées… puis refermer le livre et vivre avec eux la réalité d’un mois de fête, de décorations, de lumière, de partage et d’offrande.

 

Qu’il existe une merveilleuse histoire qui raconte que… puis laisser le livre ouvert et vivre avec eux dans la croyance que…

 

Entre les deux, je balance, inconfortable et indécise. Cette errance, du sens à donner à cette histoire de père qui à Noël …a commencé comme ça :

Il était une fois, une demoiselle qui voulait accueillir des enfants pendant que leurs parents allaient travailler. Pour cela, elle commença par aller à l’école, un centre de formation d’éducateur de jeunes enfants, ça s’appelle comme ça  cette école là ! Là bas, on lui dit ( entre autres choses ) que raconter aux petits enfants que le Père Noël distribue des cadeaux, alors qu’en fait ce sont les parents, ça s’appelle du mensonge. Et qu’un jour, les enfants découvrent qu’ils sont trompés ! Ils s’aperçoivent alors que leurs parents, en qui ils avaient toute confiance, leurs ont menti. Quelle déception alors ils peuvent éprouver en réalisant que les adultes mentent et qu’on ne peut pas forcément leur faire confiance ! Pour la demoiselle, c’était clair, il ne fallait pas mentir, non ! Le Père Noël ne passerait pas par elle !

 

Puis le temps a passé…

 

La demoiselle était formée et travaillait auprès des jeunes enfants jusqu’au jour où elle eu, elle-même un enfant, un garçon, le petit/grand de son prénom. Elle l’adorait, le choyait, le gâtait…

 

Puis un jour, arriva le premier Noël de son petit/grand et elle ne sait plus trop bien ni quand, ni pourquoi, ni comment mais il se trouve que son petit/grand se mit à croire au Père Noël ! Il était bien passé par elle ! Elle n’en était pas vraiment contrariée car elle avait comme qui dirait oublié cette question du mensonge. Ce qu’elle pensait vraiment s’était caché si profond en elle, qu’elle n’y pensait même plus. Et ils passèrent comme ça de nombreux joyeux Noël.

 

Enfin presque… Parce qu’il y avait toujours quand même, sans savoir ni quoi, ni pourquoi, ni comment, un quelque chose qui n’allait pas, à Noël.

 

Les Noël, c’était toujours compliqué. Jamais comme elle voulait. Elle voulait recevoir chez elle, elle était reçu ailleurs. Elle voulait que son petit/grand ouvre ses cadeaux le matin, en se réveillant. Il les ouvrait le soir en se couchant. Elle parlait du Père Noël mais il y avait toujours quelqu’un pour dire « je ». Cette fête magique, chaleureuse et féerique était toujours un petit peu entachée par cette opposition fiction/réalité. Elle était, à chaque fois, émotionnée que la magie ne soit pas totale. Noël, pour elle, c’était finalement la galère, ça lui laissait un goût amer.

 

Une petite/petite est arrivée. Loin des siens, la famille (le père, la mère et les enfants) a déménagée. Le 1er Noël de la petite/petite, sans le reste de la famille, s’est déroulé dans la tristesse et la monotonie. Il n’y avait personne cette fois pour contrarier la demoiselle mais ceux qu’elle aime n’étaient pas là. Noël comme ça, non, non, non, ça n’allait pas.

 

Le Noël suivant, ce fut le summum de l’agacement, pour elle, la demoiselle. La grand maman et la tata des enfants ne s’étaient pas accordées et avaient acheté le même jouet pour la petite/petite. Ca lui est montée au cerveau comme la moutarde monte au nez !

 

Atchoummmmmm

 

Elle était contrariée, la demoiselle, que cette fête tourne toujours au vinaigre ! Comment le Père Noël pouvait il offrir deux fois le même jouet au même enfant se dit elle ? Et comment l’expliquer au petit/grand ? Elle était fatiguée de gérer sans cesse les ratés de Noël ! Si seulement ils connaissaient la vérité, se dit elle, ce serait tellement plus simple ! A ce moment là, une once de sa propre pensée originelle sur la fête de Noël commençait à remonter du plus profond d’elle-même vers la surface. Tout doucement, tout doucement, à petits pas, à petits pas…

 

Capaulie Photographie (172)

 

Au même moment, une amie lui dit que chez elle, on ne parlait pas du Père Noël. Enfin, si mais comme d’une belle histoire, tel celle de Cendrillon ou de La Petite Sirène. Comme un conte fait pour entrer dans le rêve, ensemble, et traverser le dur et froid hiver qui accompagne Noël.

 

Et là, sa pensée originelle (ne pas mentir aux enfants à propos du Père Noël) sorti d’un coup, violement, comme une claque donnée pour réveiller l’enfant et faire naître la maman, responsable d’accorder discours et pensée. Ouf… qu’elle choc se fut pour la demoiselle, très peu sûre d’elle et déconcertée par cette vérité qui éclatait après tant d’année de refoulement.

 

Depuis ce Noël là, ça bouillonne en elle. Elle ne sait toujours pas si elle doit ou pas, dire ou pas la vérité à l’aîné, mentir à nouveau ou pas à sa cadette. Elle se dit d’ailleurs qu’elle est bien bête de ne pas savoir ça ! Elle culpabilise. Elle s’enlise dans cette histoire de choix. Le problème c’est qu’elle n’est pas seule à choisir pour ses enfants. Il y a aussi M. Papa. Lui il ne bouillonne pas. Il ne s’enlise pas. Il y croit et souhaite voir ses enfants y croire à cette histoire là.

 

Même si aujourd’hui, elle sait ce qu’elle souhaite (ce qu’elle a toujours souhaité pour ses enfants mais qu’elle avait occulté dès le premier Noël blanc de son petit/grand), elle doit en discuter avec M. Papa, avancer ses arguments, écouter les siens, négocier et se décider.

Vite car bientôt un autre Noël va arriver !

Vite car elle va devoir se préparer à la réaction de son petit/grand ! « Vous m’avez menti alors que c’est interdit ».

Vite car il va falloir savoir que dire à la petite/petite avant de se faire dépasser par la folie de Noël qui va bientôt déferler dans les rues, les magasins, les écoles et les copains…

 

Alors, elle se prépare la demoiselle, à parler à cœur ouvert avec M. Papa, à lui faire comprendre que pour elle ce Noël là sera nécessairement un Noël autrement. Qu’il sera beau et merveilleux, rempli d’amour et lumière, de partage et de cadeaux mais de personne à personne, dans la vérité, dans la réalité et aussi dans l’émerveillement.

 

Elle se prépare à accueillir les émotions de son petit/grand et même si elle essaie de ne pas le montrer, elle a peur. Peur de ne pas y arriver. Peur de ne pas être à la hauteur. Peur même de laisser faire, de tout lâcher et de laisser repartir se cacher, au plus profond d’elle, sa pensée originelle.

 

A suivre…

 

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Hélix reprend du service!

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Capaulie-Photographie--16-.JPGJe l'ai attendu et je l'ai eu! Quoi? Un travail, du travail, mon travail... 

 

Non pas que je sois malheureuse en congé parental, bien que je le fus un peu, c'est vrai, au début mais mon métier d'éducatrice de jeunes enfants, c'est aussi ma passion! J'ai le privilège de pouvoir exercer un métier que j'aime, qui ma plaît, qui me fait vibrer alors OUI je suis contente de le retrouver, après 2 années à m'en être éloignée, un peu!

 

J'ai profité de mon bébé, chaque journée de ces bientôt deux belles années et ce fut là aussi un immense privilège que d'être là, à chaque nouveauté, chaque nouveau pas. Ce fut une immense joie de la voir grandir et s'épanouir, pleurer et rire, s'éloigner et se coller/serrer, jouer et s'endormir, manger et respirer... Ce fut mon bonheur à moi, d'être là au quotidien pour créer ce lien si fort entre elle au moi , entre maternage et halte garderie, entre portage et autonomie, un lien pour la vie! Je le redis, elle est moi et je suis elle, elle est elle et je suis moi, elle et moi c'est tellement plus que ça, que tous les mots que je peux écrire là! 

 

Je suis prête et elle aussi à ouvrir les bras , moi au travail (ma passion), elle a une autre femme qui saura prendre soin d'elle et l'accompagner autrement, un peu mais pas tout à fait comme maman, sur le chemin de la vie! 

 

C'est joyeuses mais le coeur serré quand même que nous allons nous séparer, un peu, le temps d'une journée, d'une semaine, pour vivre d'autres expériences!

 

Re faire vivre la femme et la professionnelle en moi, aux côtés de la maman qui sera toujours là mais ne prendra plus TOUTE la place! Un nouveau rythme à trouver certes (ça va courir le matin!) mais un nouvel équilibre psychique à savourer aussi ! Hélix, Capaulie et Lili Pissenlit, main dans la main, sur le même chemin! 

 

Une richesse aussi pour ma petite/petite qui après avoir fait le plein de maman, de contact, de baisers et de gros calins va découvrir le monde d'un autre point de vue, avec un autre regard : le sien! 

 

S'attacher pour mieux se détacher! 

 

 

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Aux couleurs du printemps!

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Il était temps de donner une petite touche ensoleillée au blog, non seulement parce que c'est le printemps, qu'il fait beau, chaud et que chantent les petits oiseaux, mais aussi parce que ma vie "Au soleil" ou "Sous le soleil"... de province, après quelques aléas que j'ai d'ailleurs raconté là, va d'un bon pas, sur la route du bonheur, il fait chaud dans nos coeurs!

 

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