Je donne la parole à Ana : Une Doula pour toi et moi 2

Publié le par Toutes en une

St-George-de-Didonne--29-.JPG

 

 

De quoi parle t-on pendant les entretiens avec une doula ?

 

De ce que l’on veut, une doula s’adapte à notre demande, nous aide à surmonter nos angoisses, nos émotions, répond à nos questions et nous informe et nous conduit à faire notre choix et à l’assumer (que l’on souhaite accoucher en structure, ou à domicile, avec péridurale ou sans, que l’on souhaite allaiter ou non…) Elle n’est pas là pour nous juger mais plutôt pour nous accompagner.

Pour ma part, je passe 3 heures par mois avec elle  et ces 3 heures filent à une de ces vitesses….

J’ai vraiment l’impression de faire un bout de chemin avec elle et surtout que mon projet de naissance avance bien.

 

Voici quelques exemples de thèmes abordés:

 

La péridurale et le post partum :

La péridurale ralentit le travail de la femme enceinte, cela implique donc que l’on vous perfuse avec une hormone de synthèse, de l’ocytocine pour relancer les contractions. Je ne sais pas vous mais moi je n’ai aucun souvenir d’avoir su ça pour mon premier accouchement…(on a sûrement du me dire « je vous mets un peu de produit ! » comme on peut l’entendre souvent !) En conséquence, la péridurale enlève la douleur mais ralentit le déroulement physiologique de l’accouchement.
La position allongée forcée qui en découle n’est pas favorable à la descente du bébé, cela ralentit d’autant plus le travail.  Il faut aussi savoir que cette position n’est pas celle que nous aurions adoptée des heures durant sous la douleur des contractions. Notre corps subit les contractions (qui sont aussi plus fortes car perfusion d’ocytocine, je le rappelle) et nous le rend une fois l’anesthésie passée. Pour ma part les contractions que j’avais en arrivant à la maternité se diffusaient dans le dos, en ajoutant à cela la péridurale et la position allongée sur le dos pendant plusieurs heures, je comprends mieux pourquoi j’ai eu cette impression d’avoir été complètement battue une fois que l’anesthésie ne faisait plus effet. Quand on gère sa douleur, on bouge, change régulièrement de positions pour trouver celle qui nous est la plus confortable, on accueille les contractions avec notre corps, et celui-ci s’en remet d’autant plus vite après l’accouchement.

 

Le périnée :

Accoucher en position physiologique diminue le risque de déchirure et d'épisotomie. Car une fois encore, à l’instant T nous adoptons une position adaptée. D’intuition, nous sentons notre bébé et adoptons la position d’expulsion qui présente le meilleur angle de sortie du bébé. On pousse quand on en ressent l’envie, et donc au moment où le bébé est bas, près à sortir et non au moment où la sage-femme nous dit de nous installer (moment qui peut être faussé si elle a beaucoup d’accouchements à gérer en même temps…). La nature est bien faite, notre corps est fait pour accoucher, faisons-nous confiance. Il faut aussi avoir en tête l’idée d’ouverture et d’accueil du bébé au moment de l’expulsion, travail à faire dans son esprit sur l’accueil du bébé, accepter l’idée qu’il sorte du notre corps, que l’on se détache de lui. Relâcher tout son corps entre chaque contraction aide à l’ouverture de la vulve et du périnée. Se détendre la mâchoire aussi entre chaque contraction est très important car cela communique avec la détente des muscles du périnée.

Pour avoir une idée plus claire de ce que cela représente, voici le link d’une petite vidéo d’accouchement où l’on voit la maman faire de grands exercices d’ouverture de la machoîre.

 

 

St-George-de-Didonne--46-.JPG

 

 

L’accompagnement dans la douleur :

Une doula peut être présente lors de votre accouchement. Personnellement, je ne le souhaite pas. Je souhaite vivre ce moment avec mon compagnon exclusivement. Mais il faut donc que le papa se prépare à l’idée d’accompagner sa femme dans un accouchement sans péridurale. Rencontrer la doula (pas forcément à toutes les séances !) est donc nécessaire.

Il est difficile de savoir comment se comporter avec une personne qui souffre, on est impuissant et ce doit être encore plus difficile à supporter pour un homme, je pense. Il faut savoir qu’il y a une phase dans le travail que l’on doit connaitre pour bien réagir à ce moment. C’est la phase de désespérance. A un moment donné, la femme traduit un manque de confiance en elle, un ras le bol, une impression qu’elle va mourir et n’arrivera jamais à donner naissance à son enfant… Si le papa à ce moment là panique, lui lance le même regard « oui ça a l’air trop dur », la tentation de demander la péridurale peut prendre le dessus (enfin s’il est encore temps de la poser…). Il s’agit pourtant pour le papa de reconnaitre ce moment, de continuer les encouragements et d’aider la maman à se reconcentrer par des phrases du genre « c’est bien ce que tu fais, continue… » « tout va bien, tu vas y arriver »…

 

L’allaitement:

Encore une fois la nature est bien faite. Le colostrum suffit au bébé, arrêtons de nous faire croire qu’un petit ou gros bébé a besoin d’un complément de lait. Si notre corps produit le colostrum pendant quelques jours c’est qu’il est suffisant à l’enfant et surtout adapté. Mais plutôt que les mots, un schéma très explicite ci-joint.

 

394660_480359311991884_1750889571_n.jpg

 

Le projet de naissance:

Je suis allée rencontrer une sage-femme de l’hôpital pour l’entretien du 4ème mois, histoire de « tâter le terrain » sur les idées que je souhaite mettre dans mon projet de naissance. J’ai eu affaire à quelqu’un de mal aimable, non branchée physiologie de l’accouchement, pas réceptive à mes demandes…

Voici quelques exemples de notre dialogue de sourd !:

 

SF « Mais Madame ne stressez pas, vous avez déjà accouché, pourquoi toutes ces questions, tout ira bien »

Moi « Je ne stresse pas, je me renseigne sur les pratiques de l’hôpital et voudrais faire entendre certaines idées pour mon deuxième accouchement. J’ai l’impression d’avoir raté des moments à la naissance de mon premier enfant simplement parce que je n’ai pas su demander les choses »

Moi « est-ce que l’on me laissera adopter la position que je trouverai la plus confortable pour l’expulsion du bébé ? »

SF « oui biensûr, allongée ou sur le côté (waouh le choix est large !) mais il faut surtout penser à votre périnée (sous entendu les autres positions ne sont pas bonnes pour le périnée…)

Moi «  va-t-on attendre que je sente moi-même le meilleur moment pour la poussée du bébé ? »

SF «  mais Madame, il y aura une sage femme qui vous dira quand poussez ? ! Elle sera là, vous auscultera et saura ! »

Moi « puis je mettre un projet de naissance dans mon dossier médical ? »

SF « oui bien entendu »  en me tendant une feuille… Elle attendait que je note là en 5 minutes mes souhaits!

Moi « mais Madame, je ne peux pas faire un projet de naissance là tout de suite, j’ai besoin d’y réfléchir avec le papa et  le donner en fin de grossesse »

Concernant mes attentes sur le bébé (souhait d’allaitement exclusif, pas de bain à la naissance, peau à peau favorisé…) elle s’est radoucie et a mieux compris mes attentes (ouf !)

 

Pour conclure, j’ai bien compris aussi que beaucoup de choses vont dépendre de la personne qui m’accouchera le jour J, et cela m’a bien conforté dans l’idée d’écrire mes attentes dans un projet de naissance.

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article