Ma famille chilienne

Publié le par Toutes en une

Le 29 juin

La matinée se déroule simplement. J'admire les livres de C, ses créations photographiques, quel artiste! G s'installe auprès de moi et je sens sa douceur et sa bonté m'entourer. Je craque. Ses bras et sa douce voix me réchauffe le coeur. Elle est là pour moi, elle que je ne connais pas. A ce moment là, ma famille me manque terriblement et G le comprend. Me comprend. Elle admire mon courage d'être parti aussi loin, sans les miens. Elle, ne pourrait le faire, dit elle. Aujourd'hui est un grand jour dans mon avenutre chilienne, elle le prescend et fait au mieux pour m'accompagner à vivre ce moment, attendu et redouté en même temps. Aujourd'hui, je quitte la maison de C et G, pour une autre maison, une autre famille. Quitter la "maison du coeur" est quelque peu angoissant. Je m'interroge sur l'autre famille. Aussi douce? Aussi gentille? G trouve les mots. Les mots qu'il faut. Elle est incroyable, cette femme! L'anxiété s'est envolée. Je me sens légère et pour la première fois légitime et heureuse d'être là. Comment cette femme, que je ne connaissais pas, a pu et su lire en moi, m'accompagner et me guider, m'aimer comme ça et me permettre ainsi d'être moi, libérée? Je ne sais pas. C'est comme si, là bas, ils avaient ce truc là! Car ce que je ne savais encore à ce moment là, mais que je peux dire et écire de suite aujourd'hui, c'est que ma famille du Chili l'a aussi ce truc là! Un amour inconditionnel pour l'Autre, pour l'être humain, la personne, une confiance en l'Homme. 

Al est dans le jardin commun. Il parle avec C. J'avance, confiante mais encore émue et les yeux rougis. Il me sert dans ses bras, d'une force paternelle, d'un amour que je sens déjà posé sur moi. Il me souhaite la bienvenue, me dit combien il  était impatient de me voir et comme il s'excuse de n'avoir pu m'accueillir dès mon arrivée. Il me dit qu'il m'aime déjà et qu'il est content d'avoir un autre enfant à la maison. A lui, il en a déjà 4! Je suis portée par ses paroles. Touchée en plein coeur. Je sais maintenant que je suis bien, ici, au Chili. Je ne suis plus seule. 

Au moment du repas, je fais connaissance avec le reste de la famille. Ale, Mart, Mag et Dan, les 4 enfants. Cé la maman. Eli, qui confectionne de bons repas et s'occupe tendrement de la maison et des enfants. C'est le moment pour moi de leur offrir quelques présents. Du 100% terroir: fleurs de sel de Guérande, confiture de vin rouge de Bourgogne, herbes de Provence... pour eux qui aiment tant la France! S'ensuit un échange fort intéressant sur nos vies, nos familles, nos goûts et nos envies...

L'après midi, M et moi, somme invités chez la tia Hil. Elle travaille auprès de personnes handicapées. C'est une collègue de M. Pour y aller, de nouveau la micro! Nous traversons une autre partie de Santiago, une autre poblacion. Il fait presque nuit, je ne suis pas rassurée. Hil nous accueille, elle aussi, de façon incroyable! Sa famille est là, au complet, pour nous rencontrer, parler, discuter... Quand je pense que mes neveux ne descendent même pas d'eux même, pour venir embrasser leur tata, et qu'il faut les appeler voir les "menacer" pour voir apparaître le bout de leur nez, décolé du pc! Sa maison est petite mais charmante. Nous prenons la once (le goûter français sauf pour les plus démunis pour qui c'est aussi le diner n'ayant rien d'autre à proposer vers 21h, heure du dernier repas). Je suis un peu plus à l'aise avec l'espagnol. Ma conversation devient plus fluide et l'échange plus riche. Il est tard, la nuit est totalement tombée sur Santiago.

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