Arriver

Publié le par Toutes en une

Le 27 juin

Il est 8h00 du matin. Santiago du Chili.

L'aéroport est derrière moi. Devant, mon amie, M et deux de ses amis du Chili.

Tous m'embrassent, me serrent, me sourient, me saisissent par la main et m'entrainnent au loin. J'ai envie de reculer, de les stopper, de leur dire "mais qui êtes vous? On seconnaît? ". Une telle étreinte d'amitié, je n'avais jamais expérimenté! Ici, en France, on se sert la main, on se salut... de loin, au mieux quelques bises.  Je restais là, inerte, à subir ces embrassades chaleureuses et envahissantes sans pouvoir en dire, à ce moment là, quoi que ce soit. Un tel corps à corps avec des inconnus, là comme ça das la rue, sans même avoir encore prononcé un mot me laissait... je ne trouve toujours pas les mots.

M utilisait tantôt l'espagnol, tantôt le français. Ses amis, l'espagnol. Je ne comprenais rien. J'étais comme ailleurs, encore en vol, encore au dessus de la Terre, au dessus de mon corps, dans les airs.

La voiture démarre et fonce à travers la ville, passe devant le rio Mapocho, traverse mille et une rues, stoppe net devant les grands monuments, les grandes places. La ville est sombre. Polluée. Me semble t il alors. Tout va vite. Tout file, jusqu'à la montagne. Là, la route se resserre, sinueuse, elle grimpe. L'air se purifie. On reprend de l'altitude. De tout en haut: Santiago, immense et majestueuse. Merveilleusement belle! Drôle d'impression que ma petitesse face à la capitale chilienne.

A ce moment là (seulement), un frisson me transperce. J'ai froid. Je viens de France, de l'été mais ici je suis au Chili. C'est l'hiver et il ne fait que quelques degrés.

La voiture redémarre. Rencontre avec C et G, la famille d'accueil de M au Chili. Ils ont trois filles, C, M et P. Que je suis mal! Leur maison est belle. Leurs filles sont belles. Ils sont beaux. Et de nouveau, ils me collent, m'enlacent, m'embrassent et m'accueillent comme une fille. Leur fille. Je ne suis qu'une étrangère mais je peux sentir en eux l'amour qu'ils me portent déjà, juste parce qu'ils ont foi en l'Homme, en l'Humanité. Juste parce qu'ils font confiance en premier, là où nous français, nous aurions douté, observé, analysé, testé... Je suis boulversée.

Malgré cela ma famille me manque. Je pense à eux, à les appeler. Je me suis coupée du reste du monde, je suis dans mes pensées. M m'annonce qu'elle doit partir pour la matinée, que ma famille d'accueil est en congé pour trois jours et que je vais rester, ici, avec elle, chez C et G, ces trois jours là.

Je suis partie de France depuis plus de 24h, je suis sale et fatiguée. Je vais me doucher puis me reposer.

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