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Je donne la parole à Ana : une doula pour toi et moi 4

Publié le par Toutes en une

Je donne la parole à Ana : une doula pour toi et moi 4

Quelques jours avant la naissance...

Dernière consultation avec le gynécologue: on m’enlève le cerclage, je présente mon projet de naissance et demande à le mettre dans mon dossier.
Mon gynécologue le lit devant moi et voici ses remarques :

« Je vous encourage Madame à accoucher sans péridurale, je pense que les sages femmes sauront vous accompagner. Vous avez un bassin idéal et la position de bébé est idéale, vous allez accoucher comme une reine. C’est une bonne chose que d’accoucher sans péridurale, de nos jours on fait trop de péridurales… ».

Je ressors du rdv gonflée à bloc, confiante, et enthousiaste ! J’ai hâte d’accoucher!

Je donne la parole à Ana : une doula pour toi et moi 4

Jour J, 37 SA et quelques jours

Je sens que c’est aujourd’hui, les contractions sont les bonnes bien qu’espacées. Nous allons à la maternité : 4 cm de dilatation. Je présente mon projet de naissance, la sage femme m’envoie marcher dans la maternité, le temps de prendre connaissance de mon dossier et de mon projet de naissance. Il ne faut pas oublier que ce n’est pas la sage femme que vous voyez au premier accueil qui va vous accoucher, elle va échanger avec ses collègues sur votre dossier et il y a de fortes chances que ce soit celle qui se sent la plus à même de vous accompagner dans votre projet de naissance qui vienne vous accoucher.

Je marche pendant une heure, les contractions ne sont pas régulières et sont « spéciales » je les ressens "en barre  juste au dessus du pubis". La symphyse pubienne qui se dilate ? Je ne sais pas.

Je retourne en salle d’accueil, une autre sage femme se présente pour me dire qu’elle va m’accoucher et se sent prête à m’accompagner pour cette naissance. Je suis à 5 cm.

On m’accompagne en salle d’accouchement directement. Les contractions ne sont pas régulières et sont tout à fait gérables. La sage-femme est embêtée car les contractions ne sont pas assez régulières. De plus, les positions que je prends pour me soulager lors des contractions ne lui permettent pas d'avoir un enregistrement en continu avec le monitoring. (A ce moment-là, j’ai uniquement un cathéter sans perfusion pour garder ma mobilité et je suis assise sur un ballon. Je me penche vers l’avant au maximum , position qui soulage ma douleur au niveau de la symphyse. )… Quelques minutes passent et la sage femme a tout de même essayé de me faire changer d’avis sur la péridurale : « Vous savez l’anesthésiste est juste à côté…  Vous êtes sûre de vouloir essayer sans ? Vous allez avoir mal… On a très rarement des mamans qui accouchent sans péridurale volontairement ».

Elle me propose d’accélerer le travail avec un choix : elle perce la poche des eaux manuellement ou bien me fait une perfusion d’oxytocine.

Je ne comprends pas trop cette proposition, cela fait peu de temps que je suis arrivée… Peut être y a-t-il plusieurs femmes sur le point d’accoucher ? Peut être va-t-elle finir son service prochainement ? Peut être doute t-elle de ma capacité à aller jusqu’au bout de mes choix ? Peut être doute t-elle de sa capacité à m’accompagner jusqu’au bout de mes choix  en laissant faire le temps ?

Je choisis alors de faire percer la poche des eaux, c’est de toute façon une étape naturelle de l’accouchement. Me proposer une perfusion d’oxytocine, c’est idiot, je suis ainsi certaine de ne pas pouvoir gérer les contractions jusqu’au bout car elles seront plus fortes (tout d’un coup,  sans progression dans la gestion de la douleur).
Elle perce donc la poche, et les contractions s’accentuent en fréquence et intensité. Pour gérer je me mets dans ma bulle, détend et ouvre grand ma mâchoire entre deux contractions, visualise mon bébé qui descend, visualise des images d’ouverture (un tunnel qui s’élargit), pense à l’accueil de mon bébé, et fait des vocalises et sons graves pendant mes contractions… C’est tout de même très intense et difficile…

On m’ausculte sous l’effet d’une contraction je suis à 8 cm avec bébé qui pousse , la sage femme me dit que ça ne devrait pas être très long, elle sort de la salle. Je suis en état second, c’est trop, c’est intense, sans répit, je ne gère plus j’hurle sous l’effet de la douleur (la fameuse phase de désespérance ? ) … J’hurle pour appeler le personnel et prévenir qu’il faut qu’on s’occupe de moi, bébé arrive. J’hurle tellement fort qu’au moins 5 ou 6 personnes arrivent en même temps: plusieurs sage femmes, interne, auxiliaire de puériculture, anesthésiste ( !?)...

La sage femme me demande comment je veux accoucher, à ce moment là je suis sur le dos et ne veut pas accoucher ainsi. C’est la position la plus douloureuse pour moi, celle qui appuie sur ma symphyse. Je ne sais pas... je suis en état second... je demande sur le côté, le gauche. L’anesthésiste est derrière moi, et me dit « votre dos est nickel, je peux faire une piqure vite fait, je suis là je peux vous aider ».

J’ai mal mais j’ai tellement envie de rire ! Le bébé est là, ça ne sert plus à rien et je sais que d’ici peu sa descente va comprimer un nerf naturellement et que je n’aurais plus mal !

Je rassure tout le monde et commence à pousser. Effectivement, je sens la contraction arriver et je n’ai plus mal juste une envie de pousser.

Au passage des épaules du bébé, une sage femme vient me mettre un produit en perfusion c’est de l’oxytocine pour la délivrance… Je savais qu’elles allaient le faire et j’ai accepté que ça se passe ainsi. En France, on donne une dose d’oxytocine pour continuer les contractions de l’utérus jusqu’à la délivrance. La physiologie de l’accouchement, le fait aussi que nos médecins (frilleux en France) pensent qu’il faut procéder de la sorte pour qu’il n’y ait pas d’hémorragie . Dans le fond, je ne suis pas d’accord avec cette idée mais je ne me sens pas capable de négocier sur ce point, à ce stade j’ai déjà eu plus que ce que j’imaginais.

Quelques minutes plus tard, mon petit garçon né, il a une petite tête toute ronde, il est si beau ! Je l’attrape et le met sur mon torse. Il est si doux, si chaud, si calme… On attend que le cordon ait cessé de battre pour le couper. On attend un long moment avant de l’habiller pour me le redonner ensuite : pas de colyre , pas d’aspiration de mucus, juste la vitamine K après sa première tétée.

Entre temps , mon placenta sort sans problème , quelques dernières poussées et voilà, c’est fini. Je me sens vidée mais tellement calme, en état de plénitude. Je n’ai aucune douleur, mon périnée est intacte, je me sens bien ! Une forme olympique pour une jeune maman qui vient d’accoucher ! Le papa est impressionné, heureux, ému.

Quelle belle naissance pour notre petit bonhomme !

Deux heures passent et je retourne en chambre. Je n’ai pas mal au dos, je ressens des courbatures dues aux éfforts de poussées mais c’est tout . Je peux m’asseoir normalement, me lever sans aide.

Je suis si fière de moi !

Et de tout le séjour, qui a duré 48h environ, je n’ai eu que de bons discours sur les soins du bébé et l’allaitement. Je m’étais tout de même préparé à l’idée de recevoir « des fées et des sorcières », métaphore utilisée par Chantal Birman dans ses dvd de préparation à la naissance. Les fées sont celles qui vous sont de bons conseils, vont vous encourager dans vos choix, avec lesquelles vous ressentez un bon feeling, et les sorcières sont celles qui vont essayer de vous faire douter, changer d’avis… Finalement, j’ai souvenir de n’avoir rencontré qu’une sorcière pendant mon séjour et de l’avoir gentillement fait sortir de la chambre !

Mon dos ne me fait pas souffrir, mon allaitement se passe assez bien. Nous avons fait coupé le frein de langue de mon bébé quelques jours après la sortie et l’allaitement est devenu bien plus facile ! Je suis sortie moins de 48 h après la naissance.

Je me sens tellement heureuse d’avoir vécue cette expérience et d’avoir su instaurer le dialogue avec la maternité.

Maternité qui était soit dit en passant une maternité traditionnelle de niveau 2, sans label particulier. Cela passe par des compromis, forcément, mais tout se joue à mon avis dans la formulation des choses, dès lors qu’on exprime son ressenti et que l’on envisage toutes les possibilités, je pense que le personnel est réceptif et souhaite nous accompagner du mieux qu’il peut. C’est aussi une belle expérience à vivre pour eux, un accouchement qui se déroule tout seul sans intervention.

Nous avons les ressources en nous pour accoucher, c’est inné!

Tout cela n’aurait pas été possible si je n’avais pas été accompagnée par ma doula.

Pouvoir écouter ses expériences d’accouchement, ses savoirs sur la physiologie de l’accouchement, sur les pratiques médicales suivants les cultures, être écoutée dans mes angoisses, pouvoir parler librement et sans retenue dans un cadre en tout intimité…

Merci, Merci, Merci à ma Doula !

J’ai pu vivre Mon accouchement idéal. Pour certaines, il s’agit d’avoir un accouchement par voie basse après deux césariennes, pour d’autres c’est d’accoucher sans péridurale, peu importe, la doula est là pour vous éclairer et vous aider à vivre ce que vous voulez vivre. Cette transmission de savoir, ce lien simple, vrai, sororal… je souhaite à toutes les femmes de pouvoir le vivre pendant leur grossesse, on en ressort grandie, expérimentée, forte et prête à pouvoir partager nous aussi notre savoir et notre expérience sur cette merveilleuse étape de la vie d’une femme qu’est la naissance d’un enfant (et d’une mère !).

Parce que j’avais déjà été fragile en période post partum pour mon premier enfant, j’ai voulu continuer à voir ma doula sur les premiers mois de vie de mon bébé… et même au-delà. Aujourd’hui mon fils a 18 mois et récemment je suis allée chez elle pour participer à une tente rouge. Cela a été une si belle rencontre pour moi que je souhaite qu’elle soit à mes côtés encore pour de longues années.

Si mon ventre vient à accueillir un 3ème enfant, je sais d’ores et déjà que je serai encore plus forte pour vivre d’autres expériences (une naissance à domicile et cette fois ci aux côtés de ma doula ?).

A suivre…
 

 

Je donne la parole à Ana : une doula pour toi et moi 4

Un grand Merci à Joy qui me permet d'illustrer magnifiquement ce délicieux témoignage d'Ana : Une doula pour toi et moi!

Pour retrouver Joy, son expérience de l'accompagnement à la naissance par une doula, ses illustrations et autres talents, c'est juste là!

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Je donne la parole à Ana : une doula pour toi et moi 3

Publié le par Toutes en une

Je donne la parole à Ana : une doula pour toi et moi 3

Mon projet de naissance

 

Pour la naissance de mon 2ème enfant, je rédige ce document en vue d’établir un dialogue avec l’équipe de la maternité des Hôpitaux de XXX. Si les conditions médicales sont favorables, j’aimerais que le personnel médical m’accompagne autant que possible vers un accouchement physiologique sans péridurale.

Travail

Je pense que le travail sera rapide (1er accouchement en 5h , cerclage pour béance de col) et je voudrais de fait me passer de péridurale. J’aimerais être accompagnée par le personnel médical dans la gestion de la douleur et voudrais disposer ainsi d’une liberté de mouvement et de position, et ainsi ne pas avoir de monitoring en continu.

Si les circonstances m’amènent à demander la péridurale, j’aimerais qu’elle soit faiblement dosée pour avoir le plus de ressenti possible sur l’avancement du travail et être informée des éventuels produits que l’on injecterait.

Accouchement

Dans la mesure du possible pour le personnel médical, et sans péridurale, je voudrais pouvoir accoucher dans la position qui me sera la plus confortable pour la gestion de la douleur et la descente du bébé. Si possible, j’aimerais que la position gynécologique sur le dos ne me soit pas imposée, sauf si c’est celle que je trouve la plus confortable.

A dilatation complète et sans péridurale, j’aimerais être soutenue par le personnel médical pour pouvoir ressentir moi-même le meilleur moment pour pousser.

Naissance

Si bébé va bien, et dans la mesure du possible, j’aimerais favoriser le peau à peau lors des premières minutes de vie du bébé et qu’il soit ainsi sur moi le plus longtemps possible. Autrement dit que les soins non indispensables ne soient pas pratiqués dans l’immédiat, voire même attendre de voir si le bébé gère seul son mucus.

J’aimerais que l’on laisse battre le cordon le plus longtemps possible et qu’il soit coupé par le papa ensuite.

Je souhaite que mon bébé soit uniquement séché et qu’il n’ait pas de bain.

Si le bébé est en bonne santé et qu’il a besoin d’être réchauffé, j’aimerais qu’il soit mis en peau à peau avec l’un de ses parents plutôt qu’en couveuse.

Le papa souhaite assister aux soins du bébé et disposer d’un peau à peau (surtout en cas de césarienne, j’aimerais que le papa reste auprès du bébé en attendant ma sortie de salle de réveil.)

Concernant l’alimentation, je souhaite allaiter exclusivement mon bébé et qu’aucun biberon de lait maternisé ne lui soit donné sans mon accord. J’aimerais ainsi que la mise au sein se fasse le plus tôt possible après la naissance.

Séjour

Je souhaite donner moi-même le premier bain à mon bébé, quand je le jugerai nécessaire.

J’aimerais que le personnel médical me soutienne pendant le séjour dans mon souhait d’allaitement exclusif.

Si les conditions médicales le permettent pour le bébé et moi-même, je souhaite bénéficier d’une hospitalisation courte.

Nous avons déjà une petite fille de 3 ans dont j’aimerais avoir la visite le plus tôt possible après la naissance de son petit frère.

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